‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 196 sur 286 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

« étangs consacrés ; il faut les regarder comme celui qui ne dit pas de mensonges , comme « celui qui dit la vérité; il faut les regarder comme un monceau de pierres précieuses, « comme le joyau qui donne tout ce qu'on désire, comme le roi de la loi, comme ce qui « fait traverser le mondée »

Quant à la figure elle-même qui sert dé terme de comparaison pour exprimer la rareté d'un Buddha, « de même que la fleur du figuier Udumbara, » c'est une des plus fréquemment employées dans les livres buddhiques de toutes les écoles, et on la rencontre à chaque page de notre Lofas de lahonne loi. EDe est très-naturelle, car on sait qu'il faut l'œil exercé d'un botaniste pour reconnaître la fleur de la plupart des figuiers : le vulgaire ne voit de ces arbres que les fruits. Aussi Clougb donne-t-il l'Udumbara comme un exemple des grands arbres rois des. forêts, qui produisent des fruits sans donner de fleurs 2, Ce figuier est, selon Wilson, le ficus giomerata. Le lecteur aura sans doute remarque que parmi les choses rares énumérées dans les vers pâlis cités au commencement de cette note, on place la condition humaine. Cela vient de ce que cette condition , dans l'ordre des six existences dont il est si fréquenmient question chez les Buddhistes , a sur toutes les autres l'avantage d'être celle qu'embrasse un Buddha- avant d'entrer dans le Nirvana. Cette croyance est une des plus anciennes du Buddhisme, et toutes les écoles s'accordent unanimement pour célébrer l'importance et le précieux caràctèi^ de la vie humaine. Le grand mongoliste L J. Schmidt a exposé ce point de \ue dans de& remarques très-justes et fort bien exprimées ; rarement ce savant homtne a rencontré une plus heureuse inspiration 3.

Elle n'est- pas du domaine du raisonnement] L'expression du texte que je traduis ainsi est atarkâvatchara, que la version tibétaine rend de la manière suivante, avec beaucoup de netteté : rtog-gehi spyod-yul mayin-pa, « elle n'est pas un champ pour l'exercice du raison- « nement. » Nous voyons dans ce composé 'un mot que je n'ai pas encore rencontré seul , mais qui fait partie du nom de quelques classes, de Dêvas, Kâmâvaichara, Rûpâvatchara, Dhyânâvatchara; cemot esi avatchara., qui. selon qu'on en fera un substantif ou un adjectif, signifiera soit « lieu où l'on va, champ, province, district, » soit « qui va vers, se dirige « vers , prend la direction de. » Les interprètes tibétains le prennent pour un adjectif signifiant B qui agit, » [spyod-pa] , connue on peut le voir par la traduction qu'ils donnienf des titres divins de Kâmâvatchara et Rûpâvatchara, «qui agit dans le désir, qui agit dans la « forme*. » Ce sens certainement figuré, ne doit pas exclure le sens primitif de qui va vers; en d'autres mots, avatchâra doit pouvoir reproduire les trois grandes significations principales de la racine tchar, « marcher, vivre , agir, » dont il dérive. Il semble qu'il se présente avec son sens physique dans le passage suivant du Lalita vistara, où il est dit qlie le Bôdhisattva étant descendu dans le sein de la femme qui devait être sa mère , se dirigea vers le côté droit et jamais vers le côté gauche: avakrântaJi san dakchinâvatckarô 'bhûn na djâta vâmâvatcharah^. Cependant l'emploi de ce terme en tant que substantif ne serait pas

' Kârmda vyâka, f. 5o a et 6. * Rsy^ tch'er roî pa, t. II , table alpbab. aux irtoU

* Abhidkân. ppadip. \, III, cb. m, st. 126. Kâmâvatchara et Rûpâvatchara, p. XLViii et lviii.

* Mém. del'Acad, de Saint- Pétershourg, t. II, p. 36. ' Lalita vistara, cb. vi , f. 34 a du man. A..

même ici injustifiable, puisqu'il est permis de voir clans dàkchinâvatchara un composé possessif signifiant « celui qui a sa place à droite. » Mais le sens physique et la valeur d'adjectif se montrent clairement dans le conxposé anlankchâvatcharâh , « ceux qui traversent le " ciel, n composé que notre Lotus emploie plus bas pour désigner des divinités ^ Et il est bon de remarquer que le manuscrit de la Société asiatique donne seulement antarîkchatcharâh , pendant que ceux de M. Hodgson ont la leçon que je viens de citer. Ce mot est également employé chez les Buddhistes du Sud, et je le remarque dans une des épithètes atti'iljuées à Çâkyamuni par le Djina alamJcarâ; cette épithète est yôgâvatcharakulaputta, « fils d'une famille dont le domaine est le Yoga, ou, qui marche dans le Yoga-. >■ I! paraît qu'il est passé de même dans le dialecte vulgaire des Singhalais, car Clough j'e rapporte dans son Dictionnaire, où il en sépare ainsi les éléments, Yôga-âvatchara, et le traduit : « celui qui abandonne les biens du corps pour livrer son esprit à une niédita- " tion religieuse et abstraite ■^■. •

f. 24 A. Des Tathâgaias.] Lisez, « du Tathâgata. »

.f. 2 a. Qui ont des inclinations variées.] Si l'on préfère pour le terme d'adkïmukti le sens d'i'n-

ieUigence que j'ai essayé de justifier plus haut*, il faudra traduire ici, « qui ont des facul- • tés diverses. •

r. J.6 a. Se trouvent, vivent, existent.] L'expression dont se sert le texte pour ren?di'e cette idée

paraît appartenir en partie au sanscrit des Buddhistes; elle se compose des trois verbes tichthanti, àhriyantê, yâpayanti. C'est uniquement par analogie que je traduis le dernier verbe par existent; car je ne vois que l'expression latine dacere vitam qui explique comment ydpayanti , «ils font aller, « peut signifier ils existent, ils durent.

f. 27 «. A l'époque où dégénère un Kalpa.] Le texte se sert des expressions kalpakachdye , satlva-

kachâye, etc. où le mot kachâya, « décoction servant à la teinture, » exprime, dans la langue dés Buddhistes, l'atteinte et l'influence des causes de corruption qui font dégénérer un Kalpa ou un âge du monde. Ces expressions font allusion à la manière dont les Buddhistes se représentent les périodes de création, de conservation et de rénovation de l'univers, dont j'ai parlé plus haut^. C'est la période de dégénérescence quç le texte du Lotus désigne par le terme de kalpakachdya. Cette expression reparaîtra plus bas, ch. m, 1". 39 a.

r. 27 h. Qui prendrait la j^ésolution.] Les mots du texte sont arhativaihpratidjânîyât, littéralement,

<■• promettrait [à soi-même] l'état d'Arhat. » C'est le sens que donne la version tibétaine khas-hichhe-jing, « s'engageant à, faisant vœu de. »■

' Ci-dessous, cil. XIII, f. i55 c. mot signifie «riiomine qui marche dans ie Yoga. »

- Djina alanildra, f. 1 s b, init. •i Ci-dessus, ch. i, f. i6 l), st. 80.

■" Sirujhnl. ïïicùon. t. Il, p. r)77 ; littéralement ce ' Ihià. ch. i, f. 10 6, p. 32^ et suiv.

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