‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 197 sur 286 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sans avoir fait la demande nécessaire pour, etc.] Le texte dit, pranidhânam aparigrihya, selon la version tibétaine, smon-lam yongs-su mi adzin-te, « n'ayant pas embrassé complé- « tement la sollicitation, (la prière pour obtenir, etc.) » Le pranidkâna ou encore pranidhi est aussi familier aux Buddhistes du Sud qu'a ceux du Nord. Ainsi on le voit cité au commencement du M'ahâvaihsa dans la phrase bôdkâya panidhim akâ, qui signifie littéralement, « il adressa une prière pour devenir Buddha^. »

Je n'éprouve aucune intention, aucun désir de le posséder.] 11 paraît que le traducteur tibétain a eu sous les yeux un texte où manquaient ces mots, car après avoir dit, «je suis <■ retranché du véhicule des Buddhas , » il ajoute , « qui parle ainsi : c'est là le complet af- « franchissement de mon corps, » dans le texte, ngahi lus Mi tham mya-ngan-las Mah-oaho. Ces mots représenteiit l'expression spéciale du texte : me samutchtchhrajasya paçtchimakam parinirvânam , «me voici arrivé au Nii'vâna complet, dernier terme de mon existence. >> J'ai traduit par existence le mot samutchichhraya , qui semble signifier élévation, ou peutêtre accumulation; le-tibétain y voit simplement l'idée de corps. Il est à peu près certain que ce terme qui paraît propre au sanscrit buddhiquè^, n'a pas d'autre signification chez les Buddhistes du Nord, car je trouve au chap. vm, f. m & de notre Lotus, les mots suvarnavarnâih samutchichhrayâih , « avec des corps de la couleur de l'or, » suivis dans les deux manuscrits de M. Hodgson du mot kâyâih, qui est une véritable glose du terme précédent, car ce mot n'existe pas dans le manuscrit de la Société asiatique. C'est encore un de ces termes qui se retrouvent chez les Buddhistes du Sud où le pâli samussaya a , selon YAhhidkâna, le double sens de multitude et de corps^.

St. -89. S'écria.] Ajoutez « avec joie, » pour rendre madâ que j'avais omis. Il semble que la version tibétaine représente un texte où manquait la négation que donnent nos manuscrits du Saddharma pundarîlm. Voici la traduction du texte tibétain , si toutefois j'entends bien les quatre lignes dont il se compose : « Comme ils avaient fait les bonnes œuvres suiïi- « santés pour entendre cette loi, le Chef du monde, après avoir reconnu l'absence d'imper- « fection de l'eissemblée , s'écria. »

St. ^4. Des Adbhutas.] C'est-à-dire, des récits merveilleux, des histoires miraculeuses. Ce sont les Adbhata dharma de la liste des écritures buddhiques données par M. Hodgson \ J'aurais probablement aussi bien fait de traduire ce terme, qui n'est pas, à proprement parler, un titre de livre ; mais puisque je le conservais , il fallait en faire autant pour celui de Géya que j'ai traduit par « des vers faits pour être chantés^. >

St. 4.8. Cette loi formée de neuf parties.] Les neuf parties dont il est ici question, sont,

' Mahâwanso, t. I, p. 1, 1. 5. ■* Hodgson, Notices of the langaages. Ut. nnd rel'uj.

^ Voy. ci-dessous, ch. m, f. 4o a, st. 28; cli. iv, 0/ (he Bauddkas, dans Asiat. Res. t. XVI, p. 426;

f. 66fc.st. 45. introd.àl'hist.daBuddh.t.l,i). 62. ' Abhidn. ppadip. i. III, c. iii, st. 022. ^ Introd. à l'kist. du Baddk. t. I, p, 62.

d'après les Buddhistes de Geylan , les neuf divisions dont se compose l'ensemble des écri- ■tures sacfées attribuées à Çâkya : voici l'énumération qu'en donne Cloiigh, dans son Dictionnaire singhalâis : Sâtra, Gêya, Vêyyâkarana, Gâthâ, Udâna, Itivattaka, Djâtaka, Abbhutadhamma, Védalla (Vâipuîya). Je me suis amplement expliqué sur la valeur et l'application de ces divers termes dans un passage spécial de mon Introdaction^.

f. 29 b. St. 58. Paré des [trenie-deaùc] signes.] 3'ai rejeté à l'Appendice une note sur les trente-

deux jsignes de la beauté corporelle d'un Buddha, qui eût occupé ici une place trop considérable. Voyez ^pp^/irfice, n° VIII.

St. 63. Dans les six routes.] Voyez ci-dessus chapitre i, f. i. h, p. Sog. Le manuscrit de la Société asiatique ne fournissait pas un sens clair pour la fin de cette stance qui y est lue ainsi : gatintcha vidhyênti panah punas târh, ce qui semblait signifier : « ils reviennent « à plusieurs reprises dans cette voie. » Je me suis aidé de la version tibétaine, qm traduit ainsi: dur-khrod de-dag Jyi fyir hphel-bar hyed, ce qui signifie, si je ne me trompe, «ils augmentent sans cesse les cimetières.» Depuis, le manuscrit de la Société asiatique de Londres et les deux manuscrits de M. Hodgson sont venus confirmer la version tibétaine en lisant, katârhsi vardhanti-pnnah: punas tâm, texte qui est certainement encore fautif, mais d'où ressort le sens de «ils augmentent sans cesse les cimetières, » soit qu'on voie dans katâfhsile pluriel d'un neutre Itatas, que je ne trouve cependant pas en sanscrit, soit que les manuscrits aient lu à tort si pour pi et katâiîi pour katân.

St. 64. Soixante-deux [fausses] doctrines.] Il nous faudrait un commentaire pour déterminer ce que sont ces soixante-deux fausses doctrines ; mais ce qu'on doit dès à présent remarquer, c'est que ce nombre de soixante-deux est également admis par les Buddhistes du Sud : je trouve en effet les soixante-deux hérésies citées sous le titre de dvâchachtidrîchti dans le Dharma pradîpikâ singhalâis 2. Il y a tout lieu de croire que ces soixantedeux fausses doctrines appartenaient pour la plus grande partie aux croyances brahmaniques; mais, dans les commencements du Buddhisme, quelques-unes de ces hérésies pouvaient bien être partagées par plusieurs disciples de Çâkya. Quant à ces derniers , on sait que des schismes se sont développés de bonne heure parmi eux, et il est naturel que le nombre en ait augmenté avec le temps. Suivant les Buddhistes du Sud, le second concile aurait eu pour objet de rappeler à sa pureté première la discipline que divers Religieux avaient considérablement altérée^. En efiet, pendant le premier siècle qui suivit la mort de Çâkyamuni, il ne s'était produit, suivant l'auteur du Mahâvamsa, qu'une seule hérésie. C'est postérieurement à cette époque que prirent naissance divers schismes dont le nombre, suivant le même auteur qui vivait au milieu du v' siècle de notre ère, s'éleva successivement à dix-huit, seulement dans le Djambudvîpa, c'est-à-dire dans l'Inde*. Ce nombre de dix-huit schismes est également celui que reconnaissent les Tibétains, dont le

' Introd. à Ihist. da Buddh. 1. 1, p. 5i et suiv. ^ Màhâwanso, 1. 1, p. 1 5 et suiv.

- Dharma pradîpikâ, f. 11 6,imt. * Ibid. p. 20 et 21.

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