‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 215 sur 286 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

que nous venons d'en voir une preuve, de fya, j'allais jusqu'à supposer que lya pouvait être le substitut de rya. Le commencement du mot ud me paraissait la transformation populaire de ad, de façon que je ramenais udilla à ndirya et udîrya, qui pourrait avoir une signification analogue à celle de utsarga, « déjection. » Tout cela était sans doute fort hypothétique, mais je n'avais rien de mieux à proposer. Depuis j'ai pu consulter les deux manuscrits de M. Hodgson qui lisent également ^ai^iiHtrtj^-c^f^chiiji^lQnrfj^ , ce qui ajoute à la précision de l'idée qu'on a voulu exprimer par ce composé , car syandanikâ peut répondre au sanscrit syandini et signifier « salive. » Quant au dernier mot udigalla, il ne m'est pas plus connu que udilla : j'incline à penser qu'il répond au sanscrit adgâra, «vomissement, » transformé d'après les lois des dialectes populaires. Les signes de cette transformation, sont l'insertion d'un ( entre les deux consonnes dg, la substitution de 3 rf à 5; c?, et l'abrègement de l'a long devant le groupe lia qui n'est sans doute ici que le remplaçant de lya.

Là ne paraîtra pas Mâra le pêcJieaP.] Je crains de n'avoir pas traduit assez exactement le texte qui est ainsi conçu : natcha tatra mârah pâpîyân avatâram lapsyatê. La difficulté roule sur le mot avatâra et la locution avatâram lapsyatê. Ce mot se présente dans un grand nombre de passages avec le sens de « occasion de surprendre » dans une mauvaise intention ; et c'est ainsi que j'ai cru pouvoir le traduire plus bas , chap. xxi, f. 210 a. Mais je crois que les Buddhistes, forçant un peu cette signification , ont vu dans avatâra une signification que ce mot n'a pas , au moins à ma connaissance , chez les Brahmanes , et qu'on pourrait tout au plus attribuer au mot avatârana, « possession par un mauvais génie, » lequel est dérivé de la forme causale de trî; ce sens est celui de perte, destruction', que je trouve plus d!une fois dans le livre célèbre intitulé Achtasahasrikâ pradjûâ pâramitâ. Ce livre, dans un passage où Çâkyamuni est représenté soutenant les attaques de Mâra, nous fournit le texte suivant : «Mâra le pêcheur ayant réuni l'armée de ses troupes formée de quatre corps, se « rendit au lieu où se trouvait Bhagavat. Alors cette réflexion vint à l'esprit de Çakra, « rindra des Dêvas. Voilà Mâra le pêcheur qui ayant réuni l'armée de ses troupes formée « de quatre corps , s'est rendu au lieu où se trouve Bhagavat. La masse de l'armée de ces « troupes formée de quatre corps , que Mâra le pêcheur a ainsi réunie , rassemblée , est « bien supérieure à la masse de l'armée formée de quatre corps du roi Bimbisâra , à celle «du roi Prasênadjit, à celle des Çàkchâtkrïts , comme à celle des Litchtclihavis. Depuis « longtemps Mâra le pêcheur attend la perte de Bhagavat, recherche la perte de Bhagavat, <i dîrgharâtrarh mârah pâpîyân Bhagavatô 'vatâraprêkchî avatâragavêchî ^ . » Dans une autre partie de ce traité, Çâkyamuni signalant les avantages qui résultent de la connaissance de la Pradjûâ pâramitâ, s'exprime ainsi : « Les fils ou les filles de famille, dont des hom- « mes ou des êtres n'appartenant pas à l'espèce humaine , attendent la perte , désirent la « perte , ces êtres , ô Kâuçika , n'obtiendront pas leur perte ; tê 'pi téchâfh kâuçika avatâran « na lapsyantê-, » Ici nous trouvons l'expression même du Lotus qui donne lieu à cette note, c'est-à-dire avatâra, employé avec le radical lalh, et nous la rencontrons encore au fol. 29 6 et 34 a de la Pradjnâ pâramitâ, dans un passage qui a le même sens que ceux

* Achtasaluisrikâ pradjnâ pâramitâ, f. ^Q b. — ' Ibid. f. 48 a.

que je viens de transcrire. Il semble résulter de. ces divers rapprochements qu'on devrait, pour être parfaitement littéral , traduire ainsi la phrase du Lotos : « Là- Mâra ne surpren- « dra pas, ou ne perdra pas, » en ajoutant « les êtres. »

f. 82 a. St. 17. Je vais aujourd'hui ; "f témoigner mon affection.] Lisez, «Je vais aujourd'hui

« vous parier. »

1. 82 b. St. 22. Les six affranchissements. \ Lisez, «les huit afFranchisseinents. •> Je ne sais par

quelle erreur j'ai pu substituer le mot six à celui de huit: tous nos manuscrits lisent achtâa; et plus bas, f. 100 a et 1 1 1 6, les moyens d'affranchissement sont dits être au nombre de huit. Ces affranchissements ont été énumérés dans une note spéciale de Y Appendice, sous le n" XV.

Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez , " Je vais vous parler, » et fcdtes la même correction f. 84 «, p. gà.

f. 83 a. Hauts de cent ^âdjanas, ayant une circonférence de cinquante Yôdjane^.] C'est là la version

du manuscrit de la Société asiatique; mais les deux manuscrits de M. Hodgson, avec une amplification beaucoup plus buddhique, disent, « hauts de mille Yôdjanas, avec une cir- « conférence de cinq cents Yôdjanas. » Ce doit être la leçon véritable, car c'est exactement celle que suit le manuscrit même de la Société asiatique, pour la prédiction relative à Mahàmâudgalyàyana, prédiction qui est littéralement conçue dans les mêmes termes que celle de Râtyâyana; voyez ci-dessous, f. Sa a et h, p. g^.

Des sept substances précieuses.] Voyez ci-dessus, chap. 1, f. 9 a, p. 3 19.

i. So b. Sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas.] ïl faut ajouter après ces mots, la

formule finale : « et l'image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. » Le manuscrit de la Société asiatique a oublié cette phrase : je la rétablis d'après les manuscrits de M. Hodgson.

F. 8A b. 51. 3o. Après avoir revêtu un corps humain.] Pour traduire ainsi, je lisais ûhitva, sur

le seul manuscrit de la Société asiatique; encore étais-je obligé de forcer le sens. Depuis

j'ai reconnu que tous les manuscrits lisent djahitva, forme altérée du participe en tvâ du

radical hà. Il faut donc traduire, « après avoir abandonné son corps d'homme, » et entendre

- * C'ici comme un synonyme de l'expression « après sa mort. »

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