‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 225 sur 286 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nécessaires : Sammâsam^addhasa tê patidjânatô imê dhammâ anabhisambuddhâti tatra vata mam santanôvû hrâhmanôvâ dêvôvâ mârôvâ hrahmâvâ hôtchi lôkasmifh saka dhammêna paiitchôdêssatîti [cod. tchôdêssâmtti) nimittam êiam bhikkhavê na saniannpassâmi ; êtampaham hhikkhavé nimittam asamannpassattâ khémappàttô ahhayappattô vêsâradjdjappaUô viharâmi. «Je n'aperçois pas , ô Religieux, de raison pourquoi un Samana ou un Brâlimane, un «Dêva, un Mâra ou un Brahmâ quelconque dans ce monde viendrait avec juste raison «me gourmander en disant, Arrivé à l'état de Buddha parfaitement accompli, éclairé « conmie tu l'es, voici cependant des lois que tu n'as pas pénétrées; maintenant, parce que Il je n'aperçois pas de raison pour cela , je me trouve plein de bonheur, de sécurité et de « confiance. » On voit que vêsâradjdja qui dans ce texte pâli représente le sanscrit vâiçâradya, ne peut avoir d'autre sens que celui de confiance; c'est donc celui-là qu'il faut rétablir dans ma traduction. Le passage qu'on vient de lire est le premier motif de confiance que le Buddha reconnaisse en lui : ce motif, c'est qu'il a pénétré toutes les lois. Il y en a encore trois autres que je vais reproduire d'après le Dharma pradîpikâ, tn abrégeant à son exemple la formule commune aux quatre vêsâradjdja. Le second motif- de confiance est ainsi conçu : khinâsavassa té patidjânatô imê âsavâ aparikkkîndti (cod. parikkkînâti} , « ayant « détruit toutes les souillures du vice , éclairé comme tu l'es , voici cependant des souillures « que tu n'as pas détruites ; » le Buddha ne craignant pas qu'on lui fasse ce reproche , vit dans une entière confiance. Le troisième motif est celui-ci : jé kkô têpana. antarâyikâ dhammâ vaiiâ iê patisêvatô nâlam antarâydti, « les conditions que tu as dit être un obstacle [à « la contemplation], pratique-les, elles ne seront pas un obstacle. » Je traduis le mot antarâyikâ signifiant « qui apporte un obstacle , » sans qu'on dise à quoi , d'après l'intei-prétation qu'en donne le conamentaire barman du Pâtimôkkha : djhân mag phoil eng antardy koiv pru tai sah sa Ikyag phratch sô, « qui est même capable de faire obstacle au fruit de la voie de ■ la contemplation ^ •> Enfin voici le quatrième motif de confiance : yassa khôpana tê atthâya dhammô désitô sô na ntyyâti nitakkarakka sammâ dukkhâkkhayâyâti , « la loi que tu as enseignée pour ce but particulier de détruire complètement la douleur, elle ne conduit pas à «ce but celui qui la pratique 2. » Je m'aide, pour traduire ainsi ce texte qui me paraît altéré, d'unr-passage analogue du Têvidjdja sutta qu'on trouvera vers la fin de Y Appendice, n' II, ei où, au lieu de niyyâti nitakkarakka, on lit avec un mot de plus, niyyânikô niyyâti lakkarassa^: Le premier mot répond en pâli au sanscrit nâiryânika, «qui aide à sortir « dehors, » que nous allons voir dans le Laliîa vistara. Le second, niyyâti, doit être en sanscrit niryâti, « il sort, » et takkarassa est probablement tatkarasya, «■ pour celui qui agit « ainsi. » Mais même sans cette correction, le sens général de la phrase n'est pas douteux : le Buddha ne voyant pas de raison pour qu'on lui adresse plus ce reproche que le précédent, vit dans une entière sécurité. En résumé, les quatre motifs de sa confiance sont : 1" qu'il a pénétré toutes les lois; 2° qu'il s'est débarrassé de tous les vices-, 3" qu'il a reconnu quels sont les obstacles qui s'opposent à la contemplation ; k° que sa loi a atteint à son but, celui de détruire complètement la douleur.

' Pâtimôkhlia, man. pâli-barman, f. 4 a, et de ma - Dharma pradîpikâ, f. 21 a et i.

copie, p. 20. ^ Dîcjha nikâya, f. 60 b, l, 9.

Aa reste, il paraît que les textes buddhiques sont assez sobres d'explications quand il s'agit' des quatre motifs de confiance du Buddha, motifs qu'ils rappellent cependant presqu'à chaque page. En voici une preuve que j'emprunte au Lalità vistara, où malgré l'abondance des mots ces quatre motifs sont moins clairement indiqués que dans les quatre phrases pâlies assez courtes que je viens d'expliquer. Parmi les titres qui sont donnés à un Buddha, et qu'on énumère à la fin du xxvi* chapitre du Lolita vistara, on trouve quatre passages sur la confiance que je vais reproduire et traduire successivement. Le premier motif de confiance est ainsi formulé : NiravaçécJia sarvadharmâbhisambuddha pratidjnârôhana sadêvalôkânabhibhûta pratidjnâ vâiçâradya prâptatvâfî niravaçécha sarvadkarmâbhisamhuddha pratidjnârôhana sadêvalôké 'nàbhibhûta pratidjnâ vâiçâradya prâpta ityatchyatê. « Gomme il a acquis la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans être con- « tredit par le monde réuni aux Dêvas, où nul ne s'est élevé contre sa parole, assurance « qui consistait à dire qu'il connaissait les lois, toutes et sans reste, on dit de lui qu'il a « acquis la confiance dans cette assurance. » J'ai traduit de cette formule ce qu'il y a d'essentiel , et je n'en ai pas répété la fin qui consiste à reproduire après le mot « confiance » la phrase même par laquelle débute la formule. Elle revient à ceci , que le Buddha est nommé « plein de confiance dans la connaissance qu'il a dé toutes les lois , » par cela même qu'il possède cette confiance. Cela répond âù premier article de ia définition du Dharma pradipikâ que j'ai donnée plus haut. Le second motif de confiance est ainsi conçu : Sarvâ sâmkléçikântarâyikadharmântarâyakaranâ nirvânasyéti tatpratidjnârôhana sadévakê lôké 'nâtchtchkêdya pratidjnâvâiçâradya prâptatvâi sarvâ sâmkléçikântarâyikadharmântarâyakaranâ nirvânasyéti tatpratidjnârôhana sadévakê lôké 'nâtchtckhédya pratidjnâvâiçâradya prâpta ityutchyaté. « Comme il a acquis la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans « être arrêté par le monde réuni aux Dêvas, où nul ne s'est élevé contre sa parole, quand « il disait. Toutes les conditions du vice qui sont des obstacles, sont des obstacles au Nir- " vâna^ on dit de lui qu'il a acquis la confiance dans cette assurance. » J'ai reproduit exactement le texte tel que ie donnent mes trois manuscrits du Lolita vistara; il y a dans la partie de la formule qui exprime cette espèce particulière de confiance , des réunions anormales de mots qui cependant n'en cachent pas la signification véritable; elle répond certainement au troisième article de la définition du Dharma pradipikâ. Le troisième motil" de confiance est ainsi conçu' d'après le Lolita : Nâiryânikim pratipadam pratipadyamânô nirvânaih nârâgayichyatîti pratidjnârôhana sadévakê lôké 'pratiichôdya pratidjnâvâiçâradya prâptatvân nâiryânikîm pratipadam pratipadyamânô airvànain nârâgayichyatîti pratidjnârôhana sadévakê lôké ' pratitchôdya praiidj nâvdiçâradyaprâpla ityutchyaté. « Conmie il a acquis la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans être gourmande par le monde réuni « aux Dêvas, où nul ne s'est élevé contre sa'parole pour dire. Arrivé au degré qui est fait - pour conduire hors du monde, non il n'atteindra pas au Nirvâça, on dit de lui qu'il a « acquis la confi.ance dans cette assurance. » Cette formule répond à l'article quatrième de la définition du Dharma pradipikâ, quoiqu'il n'y ait pas entre les deux énoncés autant de ressenibiance que pour les formules précédentes. Au lieu de placer dans la bouche des opposants Topinion que ie sage' ne parviendra pas au Nirvana, \q Lolita vistara de la

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