‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 41 sur 286 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

chant de la nourriture et des vêtements , il se trouve insensiblement porté à l'endroit où est située la maison de son. père.

14. L'homme fortuné, cependant, possesseur de grandes richesses, était assis à sa porte sur un trône , entouré de plusieurs centaines de personnes ; lUi dais était suspendu en l'air, au-dessus de sa tête.

15. Des hommes qui ont sa conJBance sont debout auprès de lui; quelques-uns comptent ses biens et son or; d'autres sont Occupés à tenir des écritures; d'autres perçoivent des intérêts et des revenus.:

16. Alors le pauvre voyant la demeure splendide du maître de maison : Comment suis-je donc venu ici? [dit-il;] cet homme est le roi, ou le ministre du roi.

17. Ah! puissé-je n'avoir commis aucune faute [en venant ici] ! Puissé-je ne pas être pris et mis en prison! Plein de cette pensée, il se met à fuir, en demandant où est le chemin aes pauAn.'es.

18. Mais le père, assis sur son trône, reconnaît son propre fils qui vient d'arriver; il envoie des coureurs à sa pom'suite . AmenezHOQoi ce pauvre homme.

19. Aussitôt le pauvi'e est saisi par les coureurs; mais à peine est-il pris, qu'il f. 65 a. tombe en défaillance. Certainement, [se dit-il, 1 ce sont les exécuteurs qui me saisissent; à quoi bon penser aiijourd'hui à de la nourriture ou à des vêtements?

20. A la vue de son fils, le riche prudent se dit Cet homme ignorant, faible d'esprit, plein de misérables inclinations, ne croira pas que toute cette splendeur est â lui; il ne se dira pas davantage : Cet homme est mon père.

21. Le riche, alors, envoie auprès du pauvre plusieurs homrnes boiteux, borgnes, estropiés, mal vêtus, noirs, misérables ; Engagez, [leur dit-ii,] cet homme à entrer à mon service.

22. L'endroit où Ton jette les ordures de ma maison est puant et infect; il est rempli d'excréments et d'urine; travaille à le nettoyer, je te donnerai double salaire , [ dit l'homme riche au pauvre. ]

23. Ayant entendu ces paroles, le pauvre vint, et se mit à nettoyer l'endroit indiqué; il fixa même là sa demeure, dans une hutte de chaume près de la maison.

24. Cependant le riche, occupé sans cesse à regarder cet homme par les fenêtres ou par un œil-de-bœuf, [ se dit : ] Cet homme aux inclinations misérables est mon fils, qui nettoie l'endroit où l'on jette les ordures.

25. Puis il descend, prend un panier, et se couvrant de vêtements sales, il se présente devant le pauvre, et lui adresse ce reproche : Tu ne fais pas ton ouvrage.

26. Je te donnerai double salaire, et une double portion d'huile. pour firotter f. 65 b. tes pieds ; je te donnerai des aliments avec du sel , des légumes et une tunique.

27. C'est ainsi qu'il le gourmande en ce nioment; mais ensuite cet homme

prudent le serre dans ses bras [en iui disant] : Oui, tu fais bien ton ouvrage ici; tu es certainement mon fils, il n'y a là aucun doute.

28. De cette manière, il le fait peu à peu entrer daiis sa maison, et u l'y emploie à son service; et au bout de vingt années complètes, il parvient à iui inspirer de la confiance.

29. Le riche, cependant, cache dans sa maison son or, ses perles, ses pierres précieuses ; il fait le calcul de tout cela , et pense à toute sa fortune.

30. Mais l'homme ignorant qui habite seul dans la hutte en dehors de la maison, ne conçoit que des idées de pauvreté : Pour moi, [se dit-il,] je n'ai aucune jouissance de cette espèce.

31. Le riche connaissant ses dispositions [nouvelles, se dit] : Mon fils est arrivé à concevoir de nobles pensées. Puis ayant réuni ses parents et ses amis, il leui dit : Je vais donner tout mon bien à cet homme.

32. En présence du roi, des habitants de la ville et du village, ainsi que d'un grand nombre de marchands réunis, il dit à celte assemblée : Celui-là est mOn fils, ce fils que j'avais depuis longtemps perdu."

33. Il y a déjà, [depuis cet événement,] cinquante années complètes, et j'en ai vu encore vingt autres depuis; je l'ai perdu pendant que j'habitais telle ville, et c'est en le cherchant que je suis arrivé ici.

66 a. 34. Cet homme est le propriétaire de toute ma fortune; je iui ai donné tout

sans exception : qu'il fasse usage des biens de son père, selon qu'il en aura besoin; je lui donne toutes ces propriétés.

35. Mais cet homime est frappé de surprise en songeant à son ancienne pauvreté, à ses inclinations misérables et à la grandeur de son père. En voyant toute cette fortuné, il se dit : Me voilà donc heureux aujourd'hui!

36. De la même manière, le Guide [du monde] qui connaît parfaitement nos misérables inclinations, ne nous a pas fait entendre ces paroles : Vous deviendrez des Buddhas, car vous êtes des Çrâvakas, mes propres enfants.

37. Et le Chef du monde nous excite : Ceux qui sont arrivés, [dit-il,] à i'exceilent et suprême état de Bôdhi, je leur indique, ô Kâçyapa, la voie supérieure que l'on n'a qu'à connaître pour devenir Buddha.

38. Et nous, que le Sugata envoie vers eux, de même que des serviteurs, nous enseignons la loi suprême à de nombreux Bôdhisattvas doués d'une grande énergie, à l'aide de myriades de kôtis d'exemples et de motifs.

39. Et après nous avoir entendus, les fils du Djinà comprennent cette voie éminente qui mène à l'état de Buddha; ils entendent alors l'annonce de leurs destinées futures : Vous serez, [leur dit-on, ] des Buddhas dans ce monde.

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