‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 42 sur 286 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

40. C'est ainsi que nous remplissons les ordres des Protecteurs, en ce que nous gardons le trésor de la loi , et que nous l'expliquons aux fils du Djina , semblables à cet homme qui voulait inspirer de la confiance à son fils.

U \ . Mais nous restons absorbés dans nos pensées de pauvreté , pendant que nous livrons [aux autres] le trésor du Bùddha; nous ne demandons pas même la f. 65 b. science du Djina, et c'est cependant elle que nous expliquons!

42.. Nous concevons pour nous un Nirvana personnel; mais cette science ne va pas plus loin, et nous n'éprouvons jamais de joie en entendant parlei' de ces demeures qu'on nomme les terres de Buddba.

43. Toutes ces lois conduisent à la quiétude; elles sont exemptes d'imperfections, elles sont à l'abri de la naissance et de l'anéantissement, et cependant, [nous dis-tu,] il n'y a là réellement aucune loi; quand nous réfléchissons à ce langage, nous ne. pouvons y ajouter foi.

44. Nous sommes, depuis longtemps, insensibles à tout espoir d'obtenir la science accomplie du Buddha ; nous ne demandons jamais à y parvenir : c'est cependant là le terme suprême indiqué par le Djina.

45. Dans cette existence dernière dont le Nirvana est le terme, le vide [des lois ] a été longtemps médité ; tourmentés par les douleurs des trois mondes , nous en avons été affranchis, et nous avons accompli les commandements du Djina,

46. Quand nous instruisons les fils du Djina, qui sont arrivés en ce monde à l'état suprême de Bôdhi, la loi quelle qu'elle soit que nous leur exposons, ne fait naître en nous aucune espérance.

47. Mais le précepteur du monde, celui qui existe par lui-même, nous dédaigne , en attendant le moment convenable ; il ne dit pas le véritable sens de ses paroles, parce qu'il essaye nos dispositions.

48. Mettant en œuvre son habileté dans l'emploi des moyens, comme fit dans son temps fhomme maître d'une grande fortune : Domptez sans relâche, [nous ditil, ] vos misérables inclinations; et il donne sa fortune à celui qui les a domptées, f- 67 a.

49. Le Chef du monde fait une chose bien dijOficile , lorsque développant son habileté dans l'emploi des moyens , il discipline ses fils , dont les inclinations sont misérables, et leur donne la science quand il les a disciplinés.

50. Mais aujourd'hui nous sommes subitement frappés de surprise, comme dés pauvres qui acquerraient un trésor, d'avoir obtenu ici, sous l'enseignement du Buddha, une récompense éminente, accomplie et la première de toutes.

51 . Par ce que nous avons longtemps observé , sous l'enseignement de celui qui connaît le monde , les règles de la morale , nous recevons aujourd'hui la réconrpense de notre ancienne fidélité à en remplir les devoirs.

52. Parce que nous avons suivi les préceptes excellents et purs de la conduite religieuse, sous l'enseignement du Guide [des hommes], nous en recevons aujourd'hui une récompense éminente, noble, accomplie et qui donne le calme. .

53. C'est aujourd'hui, ô Chef, que nous sommes devenus des Çrâvakas; aussi exposerons-nous l'éminent état de Bôdhi; nous expliquerons le sens du mot de Bôdhi; aussi sommes-nous comme de redoutables Çrâvakas.

54. Aujourd'hui, ô Chef, nous sommes devenus des Arhats; nous sommes devenus dignes des respects du monde formé de la réunion des Dêvas, des Mâras et des Bralimâs , en un mot de l'ensemble de tous les êtres.

55. Quel est celui qui, même en y employant ses efforts pendant de nombreux kôtis de Kalpas, serait capable de rivaliser avec toi, toi qui accomplis les œuvres si difficiles que tu exécutes ici, dans le monde des hommes?

56. Ce serait, en elfet, un rude travail que de rivaliser avec toi, un travail péf. 67 b. nible pour les mains, les pieds, la tête, le cou, les épaules, la poitrine, dût-on y

employer autant de Kalpas complets qu'il y a de grains de sable dans le Gange.

57. Qu'un homme donne de la nourriture, des aliments, des boissons, des vêtements , des lits et des sièges , avec d'excellentes couvertm'es ; qu'il fasse construire des Vihâras de bois de santal, et qu'il les donne à de dignes personnages, après y avoir étendu des tapis faits d'étoffes précieuses ;

58. Qu'il donne sans cesse au Sugata, pour l'honorer, de nombreuses espèces de médicaments destinés aux malades; qu'il pratique l'aumône pendant des Kalpas aussi nombreux que les sables du Gange, non, il ne sera pas capable de rivaliser avec toi.

59. Les lois du Buddha sont celles d'un être magnanime; il a une vigueur incomparable, une grande puissance surnaturelle; il est ferme dans f énergie de la patience; il est accompli, il est le grand roi, le Djina : il est tolérant [ pour tous ] comme pour ses enfants.

60. Revenant sans cesse sur lui-même , il expose la loi à ceux qui portent des signes. favorables; il est le maître de la loi, le souverain de tous les mondes, le grand souverain, l'Indra des Guides du monde.

61. Ti montre à chacun divers objets dignes d'être obtenus, parce qu'il, connaît avec exactitude la situation de tous les êtres; et comme il sait quelles sont leurs inclinations diverses , il expose la loi à l'aide dé mille motifs.

62. Le Tathâgata, qui connaît la conduite des êtres et des âmes autres [que lui], emploie divers moyens pom* enseigner la loi, lorsqu'il expose le suprême état de Bôdhi.

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