PRÉDICTION RELATIVE AUX CINQ CENTS RELIGIEUX
Alors ie respectable Pùrna, fils de Mâitrâyanî , ayant entendu de îa bouche de Bhagavat cette exposition de la science de l'habileté dans i'em- f. 109 ^ ploi des moyens, et cette explication du langage énigmatique [des Tathâgatas], ayant appris les destinées futures de ces grands Çrâvakas, et le récit qui lui faisait connaître l'ancienne application [ des Religieux ], ainsi que la supériorité de Bhagavat, Pûrna, dis-je, fut saisi d'étonnement et d'admiration; il seMit la joie et ie contentement naître en son c(Eur débarrassé de tout désir. S' étant levé de son siège, comblé de joie et de contentement, et plein d'un profond respect pour la loi, après s'être prosterné aux pieds de Bhagavat, il fit en lui-même cette réflexion: C'est une nierveillé, ô Bhagavat, c'est une merveille, ô Sugata, c'est une chose bien difficile qu'accomplissent les Tathâgatas, vénérables, etc., que de se conformer à ce monde composé d'éléments si divers , que d'enseigner la loi aux créatures par les nombreuses manifestations de la science de l'habileté dans l'emploi des moyens, que de délivrer, par l'habile emploi des moyens, les êtres attachés à telles et telles conditions. Que pouvons-nous faire de pareil à cela, ô Bhagavat? Le Tathâgata seul connaît nos pensées, et les effets de notre ancienne application. Puis après avoir salué, en les touchant de la tête, les pieds de Bhagavat, Piirnà se tint à part, regardant avec des yeux fixes Bhagavat qu'il vénérait ainsi.
Alors Bhagavat voyant les réflexions qui s'élevaient dans l'esprit du respectable Pûrna , fils de Mâitrâyanî , s'adressa en ces termes à l'assemblée réunie des Religieux. Voyez-vous, ô Religieux, ce Pûrna, fiîs de Mâitrâyanî, f. 110 « lun do rnes Çrâvakas, qui a été. désigné par moi comme le chef de ceux qui, dans l'assemblée des Religieux , expliquent la Ici; qui a été loué pour le grand nombre de ses bonnes qualités; qui, sous mon enseignement, s'est
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appliqué à comprendre la bonne loi de diverses manières; qui réjouit, instruit, excite et comble de joie l^s quatre assemblées; qui est infatigable dans l'enseignement de ma loi; qui est capable de la prêcher, qui l'est également de rendre service à ceux qui observent, de concert avec lui, les règles de la conduite religieuse? Non, Religieux, personne à l'exception du Tathâgata, n'est capable d'égaler, ni en lui-même ni par ses caractères extérieurs, Pûrna, fils de Mâitrâyanî. T^omment comprenez-vous cela, ô Religieux? [Vous dites sans doute que] c'est qu'il comprend ma bonne loi; ce n'est pas là, cependant, ô Religieux, la manière dont vous devez envisager ceci. Pourquoi cela, ô Religieux? C'est que je me souviens que, dans un temps passé, sous l'enseignement de quatre-vingt-dix-msuf kôtis de bienheureux Buddhas, ce Religieux comprit entièrement la bonne loi. C'est-àdire que, comme aujourd'hui, il fut absolument le chef suprême de ceux qui expliquent ma loi; il parvint à comprendre entièrement le vide; il parvint à obtenir entièrement les diverses connaissances distinctes; il parvint absolument à comprendre, d'une manière parfaite, les connaissances f. iioi. surnaturelles d'un Bôdhisattva; ce fut un interprète de la loi rempli de confiance, étranger à toute espèce d'incertitude, et plein de pureté. Sous l'enseignement de ces bienheureux Buddhas, il pratiqua, pendant toute la durée de son existence, les devoirs de la conduite religieuse, et fut connu partout comme Çrâvaka. Par ce moyen , il fit le bien d'un nombre immense et incommensurable de centaines de mille de myriades de kôtis de créatures; il mûrit un nombre immense et incommensurable d'êtres pour l'état suprême de Buddha parfaitement accompli. Il remplit entièrement auprès des créatures le rôle d'un Buddha , et il purifia entièrement la terre de Buddha qu'il habitait , sans cesse appliqué à faire mûrir les créatures. C'est ainsi , ô Religieux, qu'il fut aussi le chef de ceux qui expliquent la loi, sous les sept Tathâgatas dont Vipaçyi est le premier, et dont je suis le septième.
Aussi, ô Religieux, voici ce qui arrivera un jour, dans la présente période du Bhadrakalpa, où doivent paraître mille Buddhas, moins les quatre Buddhas bienheureux [ déjà avenus]; ce Pûrna, fils de Mâitrâyanî, sera aussi, sous leur enseignement, le chef de ceux qui expliquent la loi,, il sera celui qui comprendra entièrement la bonne loi. C'est ainsi que dans le temps à venir, il possédera la bonne loi d'un nombre immense et