‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 87 sur 286 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

35. Mais ce Sùtra se nomme ie premier de tous lesSûtras; celui qui porte ce Sûtra, porte ie corps même du Djina..

36. Parlez, ô fils de famille; moi qui suis le Tathâgata, me voici devant vous; [qu'il parle] celui d'entre vous qui désire se charger de la possession de ce Sûtra, pour ia fin des temps.

37. Il fera une chose grandement agréable à tous les Chefs du monde en général, celui qui possédera, ne fût-ce qu'un seul instarxt, ce Sûtra si difficile à posséder.

38. Il est en tout lieu célébré par les Chefs du monde, il est brave et plein deforce , et il arrive rapidement à l'intelligence de l'état de Bôdhi ;

39. Il est le fils chéri des Chefs du monde, le favori qu'ils portent surleui's épaides , il est arrivé sur le terrain de la quiétude , celui qui possède ce Sûtra.

40. Il devient l'œil du monde formé de la réunion des Maruts et des hommes, f- i38 celui qui explique ce Sûtra , lorsque le Guide des homnies est entré dans ie Nirvana complet-

41. Il doit être vénéré comme un sage par toutes les créatures, celui qui, à la fin des temps, exposera ce Sûtra, ne fût-ce que pendant un moment.

Ensuite Bhagavat s'adressant à la troupe tout entière des Bôdhisattvas et au monde formé de la réunion des Suras et des Asuras, parla ainsi : Autrefois, ô Religieux, dans le temps passé, je cherchai pendant un nombre infini, incalculable de Kalpas, à obtenir ie Sûtra du Lotus de la bonne loi, sans éprouver un instant de fatigue ou de découragement. En effet, je fus jadis, il y a bien des Kalpas, il y a bien des centaines de mille de Kalpas, je fus roi; et je sollicitai le bonheur d'obtenir l'état suprême de Buddha parfaitement accompli ; et ma pensée ne se détacha jamais de son but. J'étais sans cesse appliqué à remplir les devoirs des six perfections , répandant des aumônes sans nombre, distribuant tout ce qui m'appartenait, or, joyaux, perles, lapis-lazuli . conques, cristal, corail, or non travaillé, argent, émeraudes, diamants, perles rouges; villages, bourgs, villes, provinces, royaumes, capitales; enfants, femmes, filles, esclaves; éléphant», chevaux, chats, et jusqu'à ma vie et mon propre corps, et chacun de mes membres en particulier, comme mes mains, mes pieds, ma tête; et cependant la pensée qui embrasse tout ne se développait pas en moi. En ce temps-là l'existence du mondj était de longue durée, elle s'étendait à plu- f. iSg < sieurs centaines de mille d'années; et moi je remplissais alors les devoirs de Roi de la loi, en vue de la loi, et non en vue de ma domination.

ao.

Après avoir sacré mon fils aîné, je me mis à chercher la loi excellente dans les quatre points de l'espace; aussi fis-je répandre partout cette nouvelle à son de cloche : Celui qui me communiquera la loi excellente ou qui m'en expliquera le sens, je m'engage à devenir son esclave. En ce temps-là il y avait un Rïchi qui me, dit ces paroles : Il y a, ô grand roi, un Sûtra nommé le Lotus de la bonne loi, qui est une exposition de la bonne loi, et qui enseigne ce qu'il y a de plus excellent. Si tu consens à devenir mon esclave, je t'exposerai cette loi. Ayant entendu les paroles de ce Rïchi, je me sentis coT^tont, joyeux, satisfait, plein de joie et de ravissement, et m'étant rendu au lieu où résidait ce Rïchi, je lui parlai en ces termes: Me voici prêt à te rendre les services que doit un esclave. Etant donc entré au service de ce Rïchi, je lui rendis les devoirs qu'un esclave doit à son maître, comme d'aller chercher pour lui du gazon, du hois, de l'eau, des légumes, des racines et des fruits; j'étais le gardien de sa porte; et après avoir rempli le jour ces devoirs, la nuit je lui tenais les pieds sur son siège, son lit ou sa couche; et cependant je n'éprouvais jamais de fatigue ni de corps ni d'esprit. Mille années s'écoulèrent pour moi dans ces fonctions.

Ensuite Bhagavat voulant développer ce sujet, prononça, dans cette occasion, les stances suivantes :

42. Je me souviens d'un temps écoulé depuis un grand nombre de Kalpas, L iSg 6. d'un temps où j'étais un Roi de la loi, plein de justice, et où je remplissais les

devoirs de la royauté pour la loi même , dans l'intérêt de la loi excellente , et non pour satisfaire mes désii's.

43. Je fis répandre cet avis dans les quatre points de l'espace : Celui qui me donnera la loi, je me ferai son esclave. Or il y avait en ce temps-là un sage Rïchi qui exposait le Sûtra nommé du nom de la bonne loi.

44. Ce sage me dit : Si tu as le désir de posséder la loi, fais-toi mon esclave, je t'exposerai ensuite la loi; et moi, satisfait, après avoir entendu ces paroles, je fis auprès de lui tout ce que doit faire un esclave.

45. Mon corps et mon esprit furent également insensibles à la fatigue pendant îe temps que je restai dans la condition d'esclave, en vue d'obtenir la loi; la prière que j'avais adressée en ce temps-]à était dans l'intérêt des créatures, non pour moi ni pom' satisfaire mes désii's,

46. Le roi [dont je vous parie] déployait ainsi son éiiergie, sans chercher rien autre chose dans les dix points de l'espace ; il s'occupait sans relâche de cet objet

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