ALBERIC, CATHERINE
ALBERIC
Je n'en puis revenir encore... et je ne me serais jamais altendii a une parelUc traliisoji!
CATHERINE
Ni mol non plus... Quand elle pouvait clioisir celiu
qu'elle aimait et me laisser epouser Berlrand C'etait
la ce qu'elle devait faire , ne fut-ce que par precedes.
Croyez done aux amours des cliamps...
CATHERINE
Et aux amities de village... C'est une indignite!
ALBERIC
N'est-ilpas vrai?
CATHERIVE.
Oiii , monsieur Hubert ; je ne voiis connals que d'aujourd'liui;mais je suis aussi fache'e que vous de ce qui arrive, etquoiqu'elle soit men amie intime... je ne peux pas I'excuser , ni la dc'lendrej c'est une condnite trop jiffreuse?
SCENK IX. 27
/VLBKRIC.
N'ebl-ce pas, c'est affreux? mais... ll esl. dans ma de^tiiiee d'elre toujours Iralii des iemmes que j'alme.
CATHERINE
11 se pourrait? •
ALBERIC
Eh! otli vraiment, c'est pour uno belle dame qui me trorapait J que dernierement encore j'ai eu des duels, des rivaux; que deux ou trois families irritees m^ont poursuivi, out demande mon exii... En fin on me rappelle... on me pardonne; mais a la condition expresse de me corriger , de me marier jde ne reparailre aujourd'hui meme qu'avec ma femme ; et en pensant a Alice, cette obligation me semblait bien douce... lorsque sa trahison... unetrahison aussi imprevue
CATHERINE
Pauvre jeune homme !
ALBERIC
Vous, du moins, vous prenez part a mes peines... en voila une quine m'a urait pas trahi^ mais rassurez-vous... elle se repentira de son infidelite... Je me vengerai d'elle en faisant le bonbeur d^une autre... d^une autre quim'aimera pour moi-meme, si je peux en trouver... dans ce pays!...
CATHERINE
Eh bien ! francbement, je ne le crois pas.
ALBERIC
Et pourquoi?
CATHERINE
Parce que toutes ces petites gens ont ai peu dVIevalioH) si peu de noblesse dans les sentimens; ce n'est pas comme nous autres qui tenans ^>a de naissance.
ALBERIC
Que dites-vous, Catberine... est-ce que vous ele.s noble ?
28 LE LOUP-GAUOU ,
CATHERINE
Et pourquoi pas?.,, tout comme une autre; demandez plut6t a maitre Raimbaud , man tuteur.
ALBERIC
Vous, la pupille de Raimbaud, la compagned' Alice... Ell bien! pour punir I'infidele, pour qu'elle connaisse ce qu'elle a refuse... pour qu'elle puisse un jour i^vec depit voir une de ses compagnes occuper la place qui lui etait destinee... Catherine... vous avezun boncoeur, vousseule avez pris part a mes chagrins... et quoique vous me connaissieza peine... quoiquevous nesachiez pas encore qui je suis... voulez-vous de moi pour votre mari?
CATHERINE
Que dites-vous ? comment, M. Hubert?
ALBJ&RIC.
Oui ou non, il faut que je me venge d' Alice.
CATHERINE
Vous etesbien bon,maisonnesedecidepasainsi,etil faut savoir-avant lout... si les distances ne sont pas telles que mon tuteur veuille bienaccorder sonconsentement.