‹ Le Loup-GarouChapitre 22 sur 35 · ALBERIC, CATHERINE · texte numérisé non relu

ALBERIC, CATHERINE

ALBERIC

Je n'en puis revenir encore... et je ne me serais jamais altendii a une parelUc traliisoji!

CATHERINE

Ni mol non plus... Quand elle pouvait clioisir celiu

qu'elle aimait et me laisser epouser Berlrand C'etait

la ce qu'elle devait faire , ne fut-ce que par precedes.

Croyez done aux amours des cliamps...

CATHERINE

Et aux amities de village... C'est une indignite!

ALBERIC

N'est-ilpas vrai?

CATHERIVE.

Oiii , monsieur Hubert ; je ne voiis connals que d'aujourd'liui;mais je suis aussi fache'e que vous de ce qui arrive, etquoiqu'elle soit men amie intime... je ne peux pas I'excuser , ni la dc'lendrej c'est une condnite trop jiffreuse?

SCENK IX. 27

/VLBKRIC.

N'ebl-ce pas, c'est affreux? mais... ll esl. dans ma de^tiiiee d'elre toujours Iralii des iemmes que j'alme.

CATHERINE

11 se pourrait? •

ALBERIC

Eh! otli vraiment, c'est pour uno belle dame qui me trorapait J que dernierement encore j'ai eu des duels, des rivaux; que deux ou trois families irritees m^ont poursuivi, out demande mon exii... En fin on me rappelle... on me pardonne; mais a la condition expresse de me corriger , de me marier jde ne reparailre aujourd'hui meme qu'avec ma femme ; et en pensant a Alice, cette obligation me semblait bien douce... lorsque sa trahison... unetrahison aussi imprevue

CATHERINE

Pauvre jeune homme !

ALBERIC

Vous, du moins, vous prenez part a mes peines... en voila une quine m'a urait pas trahi^ mais rassurez-vous... elle se repentira de son infidelite... Je me vengerai d'elle en faisant le bonbeur d^une autre... d^une autre quim'aimera pour moi-meme, si je peux en trouver... dans ce pays!...

CATHERINE

Eh bien ! francbement, je ne le crois pas.

ALBERIC

Et pourquoi?

CATHERINE

Parce que toutes ces petites gens ont ai peu dVIevalioH) si peu de noblesse dans les sentimens; ce n'est pas comme nous autres qui tenans ^>a de naissance.

ALBERIC

Que dites-vous, Catberine... est-ce que vous ele.s noble ?

28 LE LOUP-GAUOU ,

CATHERINE

Et pourquoi pas?.,, tout comme une autre; demandez plut6t a maitre Raimbaud , man tuteur.

ALBERIC

Vous, la pupille de Raimbaud, la compagned' Alice... Ell bien! pour punir I'infidele, pour qu'elle connaisse ce qu'elle a refuse... pour qu'elle puisse un jour i^vec depit voir une de ses compagnes occuper la place qui lui etait destinee... Catherine... vous avezun boncoeur, vousseule avez pris part a mes chagrins... et quoique vous me connaissieza peine... quoiquevous nesachiez pas encore qui je suis... voulez-vous de moi pour votre mari?

CATHERINE

Que dites-vous ? comment, M. Hubert?

ALBJ&RIC.

Oui ou non, il faut que je me venge d' Alice.

CATHERINE

Vous etesbien bon,maisonnesedecidepasainsi,etil faut savoir-avant lout... si les distances ne sont pas telles que mon tuteur veuille bienaccorder sonconsentement.

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