‹ Le Louvre et son histoireChapitre 15 sur 67 · CATHERINE DE MEDICIS ET CHARLES IX · texte numérisé non relu

CATHERINE DE MEDICIS ET CHARLES IX

La mort de Henri II fut la cause de l'adoptioii définitive du Louvre comme résidence royale, Catherine de Médicis prit en horreur l'hôtel des Tournelles,, où son mari avait expiré. Dans les premiers temps de son deuil, adoptant pour emblème une lance brisée, elle apparaît aux ambassadeurs qu'elle reçoit, la tête couverte d'un voile épais, portant une robe noire à longue queue traînante, entourée de princesses vêtues de blanc, parmi lesquelles était Marie Stuart, au milieu d'une chambre entièrement tendue de noir, murs, plafond et parquet, et qu'éclairaient seulement deux cierges places sur un autel. Si elle séjourna rarement à Paris pendant le règne éphémère de François II et les premières années de celui de Charles TX, elle n'en fit pas moins continuer les travaux du Louvre par Pierre Lescot, à qui elle confirma les 1,200 livres de gages qu'il touchait annuellement.

Celui-ci poursuivit le corps de logis méridional jusqu'au second avantcorps inclus, où l'on peut voir le chiffre de Charles IX, un double K

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entrelacé, initiale de son nom latinisé ainsi que de celui do sa mère Catherine.

Parmi les sculpteurs qui furent employés à la décoration de la façade intérieure dece corpsde logis figurent, en 1[)63, Pierre et François Lheureux, Martin Lefort et Pierre Nanyn. C'est à eux que l'on doit la frise qui court entre le premier et le second étage, et qui se compose de « fruictages » entremêlés de petits enfants et d'oiseaux. Les années suivantes, 1564 et 1565, Lefort et Cramoy sculptaient les trophées de l'attique; François Lheureux ciselait une « grande armoirie, enrichie de masques, festons et autres ornements » pour la décoration de la chambre de la reine, et taillait un grand panneau pour la chambre du rez-de-chaussée située au-dessous de celle de la reine. La nouvelle aile était en effet destinée à son logement, et si elle ne fut pas prolongée plus loin, c'est qu'on hésitait à démolir le corps do logis oriental du vieux château qui mettait obstacle à son développement. Un escalier y fut construit dans l'angle pour donner un accès indépendant aux appartements de la souveraine.

Les travaux de construction de cette aile paraissent s'être arrêtés vers 1566. En 1564, Catherine avait fait démolir les Tournelles et s'était adressée à Philibert Delorme pour édifier le château des Tuileries. Celui-ci conçu sur un plan vaste et superbe, comprenant un quadrilatère qui devait renfermer une cour intérieure, ne fut poursuivi par Philibert Delorme et par Bullant que pour la partie qui regardait les jardins. Les jardins, agrémentés de grottes décorées d'émaux par Bernard de Palissy, furent seuls achevés.

A partir de 1578, les travaux de construction des Tuileries furent suspendus; l'esprit inquiet de la reine mère se fixa désormais sur la réédiflcation de l'hôtel de Soissons, vaste édifice, qui ne le cédait en magnificence qu'au Louvre et aux Tuileries, et dont il ne subsiste qu'un observatoire en forme de colonne près de la Bourse du commerce.

Au Louvre même, Catherine avait songé à des constructions distinctes de celles que Pierre Lescot avait exécutées. En dehors du quadrilatère du château, muni de nouveaux ponts-levis en

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