‹ Le Louvre et son histoireChapitre 16 sur 67 · CATHERINE DE MÉDICIS ET CHARLES IX · texte numérisé non relu

CATHERINE DE MÉDICIS ET CHARLES IX

1571, elle faisait élevor, avant 1575, dans ia direction de la riviùre, un portique incrusté de marbre, sculpté avec une recherche élégante, et sur lequel devait s'élever plus tard la galerie d'Apollon; elle construisait à l'extrémité de ce portique, en retour sur le quai, la salie ■ dite des Antiques, et jetait, à la suite de cette salle, les fondations de la grande galerie destinée à relier le Louvre aux Tuileries.

Le constructeur ou plutôt l'entrepreneur du portique fut Pierre Chambiges , descendant des grands maîtres maçons de Beauvais , qui , avaient travaillé au commencement du siècle à Sens, à Troyes, à Fontainebleau et à Paris. L'appareil à bossages , accompagné de marbres de couleurs diverses, qui frappe les regards au rez-de-chaussée, révélait l'influence et le goût d'une reine d'origine florentine.

A partir de 156G, l'aile méridionale étanten grande partie terminée, le Louvre devint la résidence ordinaire, et l'on peut désormais dire unique, du roi, lorsqu'il séjournait à Paris. Les Tournelles étaient démolies; le Palais était entièrement affecté aux cours de justice.

En septembre 1563, Charles IX était venu subitement de Fontainebleau à Paris; il avait fait les quatorze lieues qui séparaient ces deux localités on un seul jour, a ciiose, dit un contemporain, n'ayant jamais

jusque-là été pratiquée, k 11 arriva au Louvre à la lueur des torches, devançant ses fourriers. Beaucoup de gens de sa suite durent se coucher sans souper. Jusqu'à minuit on entendit arriver dans le château « coches, trains et chevaux, qui reprenaient leur vieux logis ». On était pourtant habitué aux déplacements de ce genre; Charles IX et sa mère parcoururent les principales villes da leur royaume, en 1564 et 1565, au milieu des fêtes qui leur étaient offertes , recevant de superbes présents d'orfèvrerie artistique, laissant défrayer en grande partie leur suite considérable par les populations qu'ils gratifiaient de leur présence. Lippomano évaluaitàhuit mille le nombre des personnes qu'ils entraînaient à leur suite. Les villes ne pouvaient suffire à les loger, de sorte qu'ils devaient « s'arranger » dans les villages environnants. A Paris, selon lui, leur présence ne produisait pas plus de changement que tous les fleuves du monde n'en amènent dans la mer. Le Louvre, à. coup sûr, ne suffisait pas à les contenir; mais les quartiers, voisins et l'hôtel de Bourbon suppléaient à l'insuffisance de ses logements.

Il n'en est pas moins vrai qu'il regorgeait de monde, lorsqu'à partir de 1567,1a cour y séjourna à peu près régulièrement pendant cinq à six mois d'hiver. Les appartements de la reine étaient terminés comme ceux du roi. Les deux grandes salles étaient toujours remplis de gardes, de gentilshommes et de pages attachés à la personne des princes et des grands. C'était une allée et venue perpétuelle de serviteurs, d'hommes de guerre, de magistrats et de courtisans. Ceux-ci faisaient cercle dans les antichambres, devisant et briguant la faveur du maître. On ne saurait croire combien d'hôtes illustres étaient hébergés dans les appartements, pour la plupart situés dans les vieux bâtiments, caries nouveaux étaient réservés, comme nous l'avons vu, aux grandes salles, aux chambres du roi et de la reine, a J'ai vu logés au Louvre, écrit Lippomano en 1577, le roi avec ses frères, trois reines, deux cardinaux, deux ducs et leurs femmes, trois princesses du sang, beaucoup d'autres seigneurs favoris et dames, et une partie du conseil. j>

On aura une idée de l'aspect que présentait le Louvre, lorsque la

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