LE PRINCE NAPOLÉON LOUIS BONAPARTE
Mon cher Prince,
C'est à voas surtout que je devais offirir ce volume. Il contient l'ouvrage d'un Jacques Buonaparte, homme de sens et de cœur, qui porta avec honneur au XVI^ sièdece nom devenu au XIX«Ieplus glorieux des noms. Un autre membre de votre famille, un homme d'un esprit droit, d'un cœm* généreux, d'un patriotisme éprouvé, qui fut votre frère, a fait de cet ouvrage une traduction élégante et &dle. Vous-même vous avez bien voulu à ma demande revoir les fragments omis par votre frère ; car je ne voulais pas qu'une plume étrangère vmt se mêler à cette association de famille. Je puis donc dire qu'en bonne partie ce volume est tout vôtre et vous le dédier conmie tel. Maisuneautre considération encore m'a déterminé à vous le présenter : c'est qu'il contient, à côté de la narration historique de Jacques Buonaparte, les Mémoires sur Bayard et Fleurange, deux héros de votre affection. Je ne sais si la fortune, favorable ou contraire, vous appellera jamais à la vie d'action, vous condamné, en expiation de la gloire de votre nom, à user jusqu'ici dans l'exil cette généreuse ardeur par laquelle vous eussiez su le soutenir ; mais ce que je sais bien, c'est que si jamais votre patrie réclamait le sacrifice entier de votre personne, heureux de vous exposer aux premiers rangs, sans autre ambition que celle de bien Ceiire, sans autre mobile que l'intérêt de votre pays, voussauriez, comme BayardrCapitaine ou soldat, magistrat ou citoyen, conquérir raffection, le respect, et, je me plais à le croire, l'admiration de tous.
Si qua faia aspera rumpas^ Tu Marcellus eris.
Paris, 27 juillet 1836.
Votre aiHÎ , J. A. C. BUCHOjN.