NOTICES BIOGRAPHIQUES
VtVARDASlS UL PERNliRE FABTI£ DU XV* £T LA PREMIÈRE PARTIE DU XYI* SIÈCLE.
L'auteur de la chronique de Bayard n'est connu que sous le nom du Loyal Serviteur. Son ouvrage fiit imprimé po*ir la première fois en 1527, trois ans seulement après la mort de Bayard. Deux ans auparavant, un médecin lyonnais, Symphorien Champier, employé dans les années françaises en Italie comme médecin des rois Charles VIII et LouisXll, et quiavait épousé une parente de Bayard, avait publié, dès 1525, une Vie du preux chevalier Bayard. Champier a dû être bien informé de ce qu'il raconte, et sa position de famille ajoutait encore à iVotbousiasme qu'il éprouvait comme Français. Mais, bien qu'on retrouve dans son ouvrage un boo nombre d'anecdotes intéressantes, son stvle traînant et diffus et ses nombreuses digressions grâéalogiqnes et comparaisons antiques en rendent la lecture peu agréable. La chronique du Loyal Ser- Tîteor est, au contraire, un des plus gracieux ou- Tragcs de l'époque. Le style en est élégant et délicat, la narration précise et claire, les réflexions Vives et justes. On voit que l'auteur a dû vivre dans la fomiliarité de son héros et s'est imprégné de lui.
Personne, en effet, plus que Bayard ne sut cornoaniquer à ceux qui l'entouraient les nobles passions dont il était animé : « 11 eût fait combattre , dk le Loyal Serviteur, le plus couani homme du Boode ,et8i Dieu l'eût feit roi de quelque puissant roynmie, il aurait acquis tout le monde à lui par fi grâce. • Respecté et chéri de tout le monde par sa valeur héroïque au milieu des dangers, par la pudence avec laquelle il savait les éviter aux siens, par n générosité inépuisable, par sa gaîté bien*
veillante et par toutes les vertus réunies comme à plaisir, sa mort causa une douleur universelle. La prière suivante fut composée à cette occasion et longtemps récitée dans les églises de Grenoble; c'est un monument des sentiments qu'il inspirait.
« Nostre Seigneur Jésus-Christ, Verbe du Père, lequel es venu en ce monde pour sauver les pécheurs ; nous, pauvre peuple du Dauphiné, te prions par ta sainte passion, laquelle as voulu prendre pour nous pécheurs, et as voulu ressusciter pour nous tous justifier ; te prions, par ta sainte résurrection , veuilles ressusciter du sépulcre de ce misérable monde le noble esprit de nostre gouverneur , le noble chevalier Bayard, et lui donner, par ta grâce, partie de ta résurrection, afin que en ta grande résurrection puisse avec les heureux ressusciter en corps et ame. Toi , Seigneiur , qui commandes aux vents et à la mer de cesser, et tout obéit, et fut tranquillité sur mer, et cheminas sur les eaux et ondes de la mer, donne, Seigneur Dieu, à ton serviteur Bayard, ta miséricorde, et lui veuilles pardonner ses fautes ; car s'il a esté sage , prudent, bénin quant au monde, devant toi ce n'est rien s'il ne procède de ta grâce. Sois donc , Sire Dieu , son défenseur contre tous enpemys infernaux, et le veuilles loger avec les anges et tous les saints en ton saint paradis, toi qui es le Père éternel. Amen. •
La chronique de Bayard fut publiée pour la première fois, à Paris, en un vol. in-4% parGalliot du Pré. Tous les ouvrages publiés depuis sur Bayard sont ou de médiocres traductions, ou de pénibles périphrases de ce document original. Nous le repro* duisons ici dans son texte primitif.
XV I« tiicLBi Chron. et Mém.