‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 124 sur 428 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Comment M. d'Angoulesme ei le Jeune Adventureux , et lout plain d^autres jeunes genlilshororoes, jouolent à la boule.

Comment monsieur d'Angoulesme et le Jeune Adventureux jouoient à l'escaigne , qui est un jeu venu d'Italie, de quoi on n'use point es pays de par deçà, et se joue avec une balle pleine de vent , qui est assez grosse ; et l'escaigne qu'on tient dans la main est faict le devant en manière d'une petite escabelle, dont les deux pieds sont pleins de plomb, afin qu'elle soit plus pesante et qu'elle donne plus grand coup. ^

Comment monsieur d'Angoulesme et le Jeune Adventureux , et tout plain de jeunes gentilshommes, passoient le tempsà tirer del'arc, vpus asseurant que c'estoit l'un des plus gentils archers et des plus forts que l'on a point veu de

son temps.

Commentledictsieurd'Angoulesmeetle Jeune

Adventureux laschoient des pants de rets , et

toute manière dehâmois, pour prendre les cerfs

et les bétes sauvages.

Comment mondict sieur d'Angoulesme et le Jeune Adventureux tiroient de la serpentine avec les petites flèches, après un blanc en une porte, pour veoir qui tireroit le plus près.

Comment ledict sieur d'Angoulesme etMontmorenci jouoient à la grosse boule contre le

MÉMOIRES DE FLEURANGE

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Jeune Adventoreax etBrion, qdt est uti jeu dl*talie , non accoustumé par deçà , qui est aussi grossecomme un tonneau, pleine de vent ; et se joue avec un brassekt d'estain bien firaltreux avec des corroyés de cuir, et s'étend depuis le coude jusques au bout du poing, avec une poignée d^estain qui se tient dedans la main. Et est un jeu fort plaisant à ceux qui s'en scavent aider, duquel ledict seigneur jouott merveilleusement bien, plus qu'homme que j'ai veu de son temps ; car il estoit grand et foict pour ce (aire, car ce jeu demande grande adresse et grande puissance.

Comment mondict sieur d'AngouIesme et le Jeune Ad ventureux faisoientde petits chasteaux ou bastillons, et assailloient Tun Taultre tellement qu'il y en avoit souvent de bien battus et frottés ; et estoit en ce temps le JeuneAdventureux l'homme de la plus grande jeunesse que jamais se visse.

Comment mondict sieur d'AiigouIesme et le Jeune Adventureux , et aultres jeunes gentilshommes, faisoient des bastillons, et les assailloient tous armés pour les prendre et défendre à coups d'espée ; et entre aultres y en eust un auprès du jeu de paulme à Amboise , là où monsieur de Yendosme, qui estoit venu veoir monsieur d' Angoulesme , cuida estre affolé, et tout plain d'autres.

Comment, après que mondict sieur d' Angoulesme et le Jeune Adventureux , et autres gentilshommes, devinrent un peu plus grands, commencèrent eulx armer et faire joustes et tournois de toutes les sortes qu'on se pouvoit adviser ; et ne feust cpi'à jouster au vent, à la selle dessainglée ou à la nappe. Et croy que jamais prince n'eust plus de passe-temps qu'a voit mondict sieur, et estre mieux endoctriné que madame sa mère Fa tousjours nourry.

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