CHAPITRE IV
Le beao toumoy qui leasi AJei pour lu tenue do prifkce de CasUlle, et du mariage <tui feust isdct du uMirquit de MoQt- . ferrant avec la puis^iée sœur de M. d'Aleuçon.
En ce toumoy, qui feust &ict en la grande cour du chasteau de Blois, devant le donjon dudict chasteau, estoit tenant M. de Laval, M. de Rochepot et Guyepot. Et audict tournoy feust jouste les premiers jours au grand appareil, qui feust chose fort belle à veoir; et les autres jours hors lice, à i'espée et à la bar*
rière, là où (eurent Ciictes plusieurs belles appertisses d'armes, et avoit M. de Laval tenant un grant Maure qui le menoit sur les rangs ; et feust le marquis de Montferrant le premier des venans, qui estoit un prince bien honneste, jeûne fils, lequel courut à la lance tous ces jours, et fist tant bien son devoir et à pied et achevai qu'est impossible plus, dont lui feust donné le pri\ de ceulx de dehors, et des venans pour les dames. Et fist le roy te mariage de M. le marquis de Montferrant à U plus jeuno sœur de M. d'Alençon, et est sœur de la femme de M. Dunois, qui feust duc de Longueville^ laquelle a pour ce jourd'hui e^usé le duc de Vendosme, qui estoit l'aisnée; et depuis^ deux jours après, feust traité entre le roi et Fedict prince de Castille le mariage de Charies, fils aisné dudict prince et jeune archiduc d' Autriche, à madame Claude, seule fille du roy ée France.
Comment messire Robert de la Marche, sîear de Sedan, vint avec cinq cents hommes d'armes et quelques gens de pied, dont les noms des capitaines s'en suivent cy-après *, et en feust on, messire Gratien Gherre, eqiaignol, vieil chevalier et fort homme de bien, et gouverneur de Mouson, avec cinquante lances ; et la compagnie de M. de Bourbon, de cent hommes d'ar> mes; et la bande de M. d'Orval, gouverneur de Cliampagne, dont estoit lieutenant M. de Rochefort.
J'avois oublié à mettre comment le fils du pape Alexandre vint en France en la ptos grande pompe et richesse du monde, tant en mulets qu'en autres choses, car il avoit ses housseaux tout couverts de peries, et ses mulets tous accoustrés de velour cramoisy en la plus grande richesse que jamais vint homme ; et loy fist le roy bon recueil et fort gros , de même que M. le légat d' Amboise, pour venir à ses fins. Et quand il feust venu vers te roy, il fist le mariage d'une des filles d'Albert, soeur de la princesse de Chimay, et le fist duc de Yalesitinois ; et de là s'en alla à Rome, monsieur le légat avecques lui, là où trouvèrent le pape Alexandre mort. Et y estoit allé monmeur le légat avecques cinq cens hommes d'armes ; et quand ils feurent arrivés, le duc de Yalentinois luy demanda s'il vouloit estre pspe, puisqu'il estoit là pour ceste cause, qu'il le seroit ; et que s'il y vouloit aller par élection et par la voix du
Sainci-Esprit, qu'il ne le seroit jamais; à qaoy monsieur le légat respondit qu'il aimeroit mieux ne le point estre que Testre par force. Et en feust esia un aultre ; qui porta un grand dommaige à la chreitienté ; car kdiot légat ne vouloitque la paix, et ainsi retourna en France mm rien faire. Et pour vous conter des nopees dudict duc de Valentinois, il demanda des pilules à Tapoticaire pour festoyer sa dame, là OQ eust de gros abus, car, au lieu de luy donner ce qu'il demandoit, luy donna des piiuks laxatives, tellement que toute la noict il Ht cessa d'aller au retoict, comment en fisreut Us dames le rapport au matin. De ses vertus et vices je n'en diray autre chose, car on en a êâan parlé; trop bien veux-je dire qu'à la guerre U estoit gentil compagnon et bardy l)omiiie.