CHAPITRE IV
CD /» lMip$ 86 fist le voynge 4e Giaill^p, et poiuree «pie le Jeune AdTentweux estoU eocores Jeuite, le mets eo
(150S) En ce temps feust falct et entrepris un voyagea Garittan, auroyaume de Naples, par le roy Louis XII. Et pour ce que pour lors n'estois CD eette, et que n'en scay que par le records de plusieurs gens de bien, m'en passerai de brief, nonobstant qu'il y eust un gentil chevalier d'Éeosse, nommé M. d'Aubigny, qui y fist mer- ▼diieusement belles choses ; et feust le premier seigneur d'Aubigny, lequel feust un temps lieutenant général du roy. Après y feust M. d'Ars, qui tint Venouse contre toute la puissance du roy d'Espagne, dont estoit chef Gonsal Femand, qcd estoit gentil capitaine et gentil chevalier. £t y teustlûct par le seigneur de la Palice, qui lors estott jeune homme et en sa fleur, beaucoup de belles choses, là oà il feust blessé devant Tenouse, du temps que les Espajgnols la tenoient, à un assault qu'il fist, tellement qu'on Iny osta hors de la teste un os de quatre grande ddgts de large, et feust d'un coup de hallelianle qiftm Espaignol luy donna; et feust ^klRtis prisonnier, luy et M. de Humbêrcourt et M. d'Orose , où ils feurent fort mal traités; car fls estoient enfermés et mal pansés, tellement qu^ils s'en sont sentis toute leur vie. Et ay bien souvenance que, depuis, led!fct sîear la Palice n'a jamais aimé EspaignoL
Et fisrent aussi pluâeurs belles choses à La Gayette, là où feust levé le camp des Espaignols par un seul navire de France, qui se nommoit la ChatenU, là où feust fait un camp d'un nombre de François et d'un pombre d'EqMtIgnols, lequel, par leur finesse et sens, les Espaignols gaignerent. Le roy feust adverty d^ la sorte dudit camp, lequel estoit fermé à l'entour de pierre jectées l'une deçà, l'autre delà ; et estoient vingt d'un costé et autant de l'autre ; et quand ce vint à l'aborder, les François se misrent ensemble pour leur donner le dioc; et quand les Espaignols visrent ce, s'ouvrirent et boutèrent contre lesdictes pierres, et la plus grande partie ()es François pas^ oujtre : p^r qi^y le demeurant feust cootraifif de combattre, car qui sortoit une fois dudict camp n'y pouvoit plus rentrer. Si ne veux-je oublier à vous ramentevoir la journée de la Cérignole, que les Espaignols gaignerent par la mauvaise conduite des François, qui estoient trop peu forts que les Espaignols, à leur volonté, sans combattre. Ce gentil chevalier, M. d'Aubigny, qui a voit tant bien servi, le roy lui envoya un lieutenant général par-dessus lui, qui se nommoit M. de Nemours, là où la pique se mist; et quand ce vint à donner la bataille, l'un disoit qu'il n'en vouloit manger, et Paultre disoit que si; et les Suisses vouloient combattre ; etitllèrent à un soleil couchant donner la bataille aux Espaignols en leur fort, où mourut cinq mille Suisses pour un coup ; et feurent les François ouverts, défaits; et y motu-ut M. de Nemours, M. de Chandé et tout plain de gens de bien ; et de là en avant revinrent les François, l'un devant, Taultrc derrière, en très mauvais ordre ; et y mourut aussi le sieur de Montpensier, dont est venu M. de Bourbon qui est aujourd'hui. Et de tous ces afîaires me tais^ pour ce que n'^ sçay que par omr dire.
Le roy a une vénerie q\ii s^appdle la vénerie des toiles, là où sont cent archers, sous le capitaine des toiles, à cent sols le mois, qui ne servent que de dresser les toiles, et portent grands vouges à pied ; et sont tenus tesdicts archers, quand le roy va à la guerre en personne, aller avecques luy pour tendre ses tentes ; et sont compris du nombre des gardes quand le roy est en camp, et à cinquante chariots, six
MÉMOIRES DE FLEURANGE
nant général M. de Chaumont d'Amboise, grand maistre de France, auquel ledict sieur roy bailla la principale charge de son armée, dont ne pense en ma vie avoir veu homme plus digne et propice à mener un gros affaire, tant à la guerre qu'en aultre chosci là où son maistre le vouUoit employer, ou ses amis. Or, Tarmée du roy preste à marcher, qui estoit grosse de cinquante mille hommes, et des plus belles que j'aye point veue, le roy dit adieu à la royne et à M. d'Angoulesme, qu'il laissa à Lyon, et aaltres jeunes princes, lesquels ne vonlloit point avoir avecques luy ; toutefois, malgré qu'il en eust, le conduirent la royne et les jeunes princes jusques à Grenoble, là où le roy se partist pour soy mettre en son voyage. Et estoient les chefs de ion armée avecques luy : M. le grand-maistre Chaumont d'Amboise, eondvctenr de son armée; M. de Bourbon, chef des pensionnairei ; M. de la Marche, seigneur deMontbason, cousin du Jeune Adventureux, capitaine des Suisses, ijui estoient en nond)re dix mille ; et soa lieutenant estoit M. de Téligny, séx^échal de Rouergoe, que lediet seigneur roy avoit nourry, fort homme de bien et gentil capitaine ; après avoit monsieur le grand sénéchal de Normaîidie, dief de cent gentilshommes de la maison; M. de Ravel, neveu de monsieur le légat d'Amboise, et frêne de M. le grand-maistre Chaismont, chef des autres <oent gentibhommes de la maison 4udict sieur roy ; après le capitaine Robinet de FrftBieseUe, M. de la Trimouilie, M. d'Orvai, II* de Dunois, moûseigneur d'Aubign7,M.dela Palice, M. de Humbercourt Montoison, le seigneur Jean- Jacques Trivoulce, le comte de Cabre, le seigneur Théode, M. de Vendosme, M. de Plemours, quanta quant la personne du roy ; et estoit lieutenant dudict seigneur de Nemours le mtpitahie baron de Biart, gentil compagnon ; le capitaine Fonteraille, Chastillonetaultres, dont ne scais les noms, tous capitaines de cent quarante ou cinquante hommes d*armes, tant François q«ltriieîas. Les capitaines piétons sont : le «dgneur^e la Marche, capitaine de dix mille Suisses; tC^m, dix aultres miHe Gascons que menoft le cadet de Duras, toos gens de traict, «et le baron de Grammont, qui estoit leur chef général ; le comte de Roussillon menoit deux mille piétons françois, M. de Bayart deux mille, M. dt Vendenesse, irère de M. de la PaMce, deux miUe, M. de Milaut deux mille, M. de la
Crotte deux mille, M. Imbautdeux mille, M. de Fonteraille deux mille, et deux ou trois mille piétons italiens ; et le seigneur Mercure, capitaine grec, avecques deux mille Albanois. Et avoit ledict seigneur roy, sans tout ce que dessus est dit, huit cens chevaux de ses gardes , sans son artillerie, dont cy-après sera &it mention.
Premièrement, à son artillerie, le premier maistre avoit nom M. d'Fspic, gentil compagnon et bien sçachant le mesUer de la guerre ; et avecques luy avoit sept \1ngt canonniers, tant ordinaires qu'extraordinaires; fotzantd grosses pièces d'artillerie, dont il y avoit vingt canons renforcés et douze doubles, et cinq cens arquebuttes à crochets, bien attelés de dievaulx ; de poudres ^t boulets pour demi an ; €t pour accompagner tout cela deux mlBe cinq cens pionntersfrançois,lesmeilleursqui (usseat en toute la Bretaigne.
Et puisque je vous ai nommé les gens de guerre, fault venir aux gens d'église, dont estoit le chef monsieur le cardinid d' Amboise , légat de France, monsieur de Liège , qui est pour le présent cardinal de la Marche , et bien trente qu'archevesques qu'évesques, et gros préiats do royaume de France. Et veuix bien dire qiie monsieur le cardinal de la Marche, qui pour l'heure n'estoit qu'évesque de Liège, quand ee vint à la bataille ne fist pas comme les auhres; car il feust toujours amîé auprès de la personne du roy, là où il fist très bon devoir. Et puis doue qu'avons entrepris à parler des prestres, Je veoK bien que scachiez qu'ils furent cause de l'enti^prise dudict voyage, dont bien en print a« rey, eomme vous diray cy-après.
Et debvez sçavoîr que lediet deur caidinaJ d' Amboise et légat de France avoit finrt grmoé désir et volonté d'estre pape ; et, pour vove eia dire le vray , je vous asseure qu'A esitolt l*homaie du monde plus propice H idoine de purenir & telle dignité que jamais je visse, tanten seo9, bonne conscience, qu'en sa bonne manftre de vivre ; et voyant la grand' faveur et crédit qa*a avoit vers son maistre, de tant plus s'elIbrooU)- 11 d'y parvenir, car Ë gouvemoit du tout le royaume de France pour lors, et Pa gouverné jusques à sa mort du temps passé, fls estoient deux qui ainsi gouvemoient, dont lemareschal de Gié, qui estoit de la maison de Roban, en Bretaigne, en estoit im; mais ledict légat fist tant , avec l'ayde de la royne et de madame
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