‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 133 sur 428 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Comment le siège Uài mis devant Padoue par rempereur Maxlmilian, et M. de la Palice, lieuieiiaut pour le roy de France.

M. de la Palice arrivé (1509), feust advisé par l'empereur et les capiulnes françots qu'il estoitde faire; lesquels advisèrent de biredeux batteries de la plus grosse artillerie et la plus belle que je pense en ma vie avoir veue, que l'empereur avoit amenée devant ladicte ville. Et qui me demanderoit la plus belle armée qui a esté depuis quarante ans, je dirois que c'estoit celle-là ; car il y avoit vingt-huit mille lansquenets que l'empereur avoit amenés, et vingt mille chevaux allemans, tous gens de faict; car tous les gros princes d AHemaigne y e«tôient. Et du costé des François y avoit bien, que Grisons que lansquenets, dix mille que M. de la Palice menoit, et quatre ou cinq mille adventuriers françois, et mille hommes d'armes à la mode de France, qui est un gros nombre de chevaulx. Et outre ce, avoit Tcmpereur avecques lui beaucoup de menus gens, et une bande de pionniers fort bien équipée; et avec ce, du pays de Constance et de Frioul, dix ou douze mille hommes. Et feust fitite la batterie la plus extrême que je visse jamais faire ; lai^e pour entrer cent hommes de fnont à chacune des deux. Et outre ce, avoient une manière de petteraux que nous appellonà mortiers, lesquels fisrent tant de mal à la ville qu'il n'est point à dire, car ils effondroient tout. Quand les bresches feurent faictes, l'empereur tint son conaeil et appella tous les capitaines, tant françois que allemans, pour regarder à ce qn'il avoit à

faire ; là où feast conclod de donner Fassautt ; auquel les Allemans voulurent estre les premiers, ce que les François refasans long-temps ; mais en la fin l'empereur fist tant qu'il les contenta. Et fisrent les Allemans la première pointe pour vers le soir disaner l'assault. Et quand ce vînt au soir, les Allemans n'^ voulurent rien faire, dont iMchoit fort audict empereur et aux autres; car il voyoit qu'il donnoit loisir à ceulx de dedans de remparer et fortifier. Tootesfois, le soir se rassemblèrent, et prindrent conclusion que, le lendemain au matin, un François et un Allemand ensemble iroient à Tassault, et à ce soir, tous hommes d'armes et autres se préparèrent pour recevoir Nostre Seigneur. Etquandoe vintlelendemamanmatiii, et que chaseon feust en armes pour aller «idict assault, les Allemans n'en voulurent manger, doaX l'empereur feust fort marry et mal content; et dict à M. de la Palice que les Allemans ne valoient rien pour donner l'assadt ; et feust rompiœ toute l'entreprise. Et dit Tempereur à M. de la Palice que les François se mutineroient, et qu'il le print de iMmne part, et qu'il falloit qu'il se partit, et que les AUeroans se commençoient fort à mutiner et mescontenter, et que du siège de Padoue n'estoit pas rien; et dit aussi à M. de la Palioe qu'il ne le pouvoit reconduire comme il lui avoit promis, de quoy feust ledict sieur de la Palice fort marry. Et quand il vist ce, avec le demeurant de l'armée qu'il menoit s'en retourna et dit à l'empereur: <* Sire, je suis venu sans vostre ayde, et je me mettray &ï peine de retourner de mesme. » Et pour ce que les lansquenets vouloiait laisser l'empereur, troava façon ledict.sieur de la Palice d'avoir un gentil capitaine qui lui amenast cinq mille lansquenets. Et ainsi s'en retourna à travers le pays de Frioul, là où il mourut deux mille cinq cens Grisons de flux de ventre, à cause que le pain et autres vivres luy estoient faillis; et ne mangeoieat que du raisin, car c'estoit au mois de septembre. Et s'en revint ledict sieur en la daché de Milan, et feurent mis en garnison les gens de guerre.

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