‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 136 sur 428 · CHAPITRE XVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIL

Comment messire Robert de la Marcbe viiit eo Gueidres, lieutenant général pour le roy ; de la prise de TUlemont, et de ce qui y (cust faict.

' Le roy Louis voulant donner ayde et secours au duc de Guddres (1506) contre la mai$(m de Bourgogne envoya de rechef monsieur de Sedan en Gueidres avecques cinq cens hommesd'armes et quatre mille hommes de pied, dont estoit chef René d'Anglure, vicomte d'Estoges, et son lieutenant Brisson dont ay cy-devant parlé. Et estoit le capitaine des gens de cheval messire Robert de la Marche ; avoit avecques luy messire Gratian des Guerres, gouverneur de Mouson, capitaine de cinquante hommes d'armes ; monsieur de Chastillon, prévost de Paris, cinquante hommes d'armes ; monsieur le sénéchal d'Armaignac Caillot, qui est pour le présent grandmaistre de l'artillerie de France, vingt-cinq hommes d'armes ; Lancelot Du Lac, gouverneur d'Orléans, à présent gouverneur de Mouson, cinquante hommes d'armes; monsieur de la Fayette , lieutenant de monsieur l'admirai de Gra ville , cent hommes d'armes ; la compagnie de monsieur d'Orval, cent hommes d'armes; la compagnie de monsieur de Sedan, centhom* mes d'armes; la compagniedemonsieurdeGueldres, que menoit monsieur de Téligny, sénéchal de Rouergue, cent hommes d'armes, sans tout plain d'adventuricrs achevai et à pied qui suivoient l'armée. Et passa ledict sieur de Sedan par Liège et auprès de Louvain, laquelle

ne

MÉMOmeâ D£ FLBURANGE,

. tranva toatfi dépAurviie, et feint conclad de l'aMaillir ; maii tout feuit rompa par le oom^ mandement de monsieur de Gueidres. Et de là g'en aUèrent jcûndre ensemble monsieur de Gueidres et le sieur de Sedan. Avott ledict sîeor de OneUres sept mille lansquenets et deux eent ohevaui allemans et six grosses pièces d'artillerie, et tvois ou quatre grosses moyennes; et vindrent mettre le siège devant Tillemont. Et quand les piétons fpançois visrent qu'il folloit aller à Passault, se eommenoèrent à mutiner pour leur payement. Et quand monsieur de Sedan et le sieur de Corby visrent ce, vindrent donner dedans eubi tellement que, à grands coups d'eq^ les &rent aller à Tassault; et promirent de bien faire après qu'ils en eurent tué deux ou trois. Et adone donnèrent Tassault, monsieur de Gueidres d'un costé, et monsieur de Sedan de Taultre, et prindrent ladicte ville. Et y avoitune bande d'adventuriers liégeois qui feurent des premiers sur la muraille, et flsrent grand meurdre dedans, et feust la ville toute pillée; et n'y falloit point de batterie, car il n'y a point grand muraille, mais force grosses douves et Cassés. Et quand les lansquenets feurent dedans et les adventuriers, se commencèrent k baUre Ton Taultre tellement qu'il en mourut beaucoup d'un costé et d'aultre : ^ après cela, feustCaiot une trêve entre le royLoni^ et le royde Castille, par quoy ledit sieurde£edan retourna. Et ne vous mets point les belles escariaoi:)ebes qui feurent foiotes en allant et venant, pour oe que ce serait eboaa trop lo^igue k lea noipmer et raeonter et pour oe que n'en sçais que par le rapport des gens de bien qui y estoient ; n^ais bien sçay que, sur le retour nM>nsieur de Téligny, lieutenant de monsieur de Gueidres, outre le commandement de monsieur de Sedan son chef, s'en alla loger avec six ou sept vingts hommes d'armes dedans le village de Saint-Uobert; la ou un meusnier d'auprès La Marche avecques trois ou quatre c^s hommes fist une entreprise et vipt ruer me le logis qui estoit |t Saint-Hubert à une minuit. De laquelle chose feust adverti ledict sieur de Téligny par un gentilhomme, Jean de I^ Fontaine, hoqpae 'd'armes de la bande de monsi^r de Sedan et aultres ses parens. Toutesfois, les gens d'armes dudict sieur de Téligny qui estoient las n'en tinrent compte, et se voulurent coucher à la bw^oise; et eu despouiUèrent diiiant qu'i|s

n'avoient garde. Et sur la minuit vinrent donner quatre cens piétons avec ledict meusnier tellement qu'ils en tuèrent beaucoup, et les deffirent tous ; et y feust bien fort Uessé et prioa monsieur de Téligny et phisieurs autres. De làquelle chose feust fort desplaisant le roy Louis quand il le sceut ; et aussi feqst monsieur de ^ dan bien délibéré, si le roy eust voulU) d'en Caire une bien grosse vengeance. Nous laisserons ji parler de ce propos, et retournerons au Jeuaç Adventureu^ qui s'en va chercher adventure.

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