CHAPITRE XXX
Comment M. de la Palice , en atlendant la rc<poose du royfeuBt eslu par tous les capitaines dief gé&éral des Fnuiçob; ct^commeutla ville deRaveiiiies Icust priose; et de reotrée du corps de M. de Nemours & Milaa.
La bataille près Ravennes gaignée par les François, et ce gentil prince M. de NcoKHirg mort comme je vous ay desjà dit ( de sa plainte il n'en&ultpointparler,car il feust plaint d'amis et d'ennemis ); le lendeîsiain renvoya son corps dans une litière à Milan et auhres gros personnages, comme M. de Lautrec et auhres qui estoient fort blessés. Le camp du roy demeura devant la ville de Ravennes, où il estoit le jour de devant ; et advertir^t le roy de la bataille et de sa duché de Milan, et quel gouvemeur il y vouloit mettre ; et ce temps pendant, les capitaines regardèrent qui seroit lieutenant général en attendant la response du roy. Et quand ils eurent tout bien considéré, ils choisirent M. de la Palice, qui estoit gentil ^capitaine et gentil chevalier et qui avoit beaucoup veu. Cela fait, incontinent il fist sommer la ville de Ravennes de se rendre, laquelle chose elle fist : elle feust composée de qudque argent qu'elle debvoit bailler à tous les capitaines, et, après ladicte composition faicte , un adventarier qui s'appeloit Jacquin, de la bande de M. de Molart, lequel estoit sergent de bande, vint à regarder à la bresche, laquelle avoit esté faicte le jour de devant. Il vist qu'il n'y avoit âme de deffènse dédain la ville, et ainsy vint d^ main en main à ses aultres compagnons ; et donnèrent l'assault avant que jamais homme dedans y sceust venir; et après, les lansquenets et toute la gendarmerie entrèrent et prindrent la ville et la pillèrent toute, et misrent h sac avant que jamais M. de la Palice ni tous les aultres capitaines y seuss^t mettre ordre ; et feust grand pitié, car elle étoit beUe YiUe et riche. Si ledict seigneur de la Palice en estoît marry il ne s'en iaut esbahir, car il en pensoit bien avoir quelque bonne chose. Cela feict, et ladicte ville ainsi pillée et destruite, on fist tenir information pour scavoir qui en avoît esté la cause ; et feust prins le capitaine Jacquin au milieu de tous les ay venturiers et de tolis les AUemans qui se voulleurent mutiner ; mais i