‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 168 sur 428 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

Coroment la royne de France Anne, duchesse de Bretaigne» femme du roy IXNiis douzième, mourut au cbasteau de Blols, et comment après , ledict seigneur roy espousa la sœur du roy d'Angleterre.

L'empereur et le roy d'Angleterre estant à Tournay et faisant grand chère, le temps tousjours se passa, et estoit jà le mois d'octobre. Quoy voyant ledict roy et que les François ne

[i, BaU^IIIc de Floddcn où mourut Jacques I\.

MÉMOIRES DE FLELRANGE,

vooloient point combattre, fors laisser animer ses gens et son argent devant les villes et places, il eust conseil et avis de lai retirer avecques toute son armée en Angleterre; et fist faire on chasteaa à Tournay, de bonne grandeur, et le fournit bien de bonne artillerie et de tout ce qu'il lui falloit. Et l'empereur se retira dans son pays bien marry que les choses n'estoient .allées autrement; et s'il eust peu tant faire que ledict roy d'Angleterre eust donné la ville de Tournay au roi de Castille, son petit-fils, il en eust esté merveilleusement bien joyeux ; mais il ne le sceut jamais mener jusques-la ; et certes, elle luy estoit bien séante, et au milieu de sei

Jays. Et ainsi se retirèrent l'empereur et le roy 'Angleterre, l'un d'un costé, l'aultrede l'aultre. Et madame et le roy de Castille son neveu, tirent vers Bruxelles. Ce temps pendant que le département de ces princes se faisoit, le roy de France rompist son armée et se retira à Blois, et chacun à sa maison. Et trouva audict' Blois la royne sa femme, et ses filles ; et estoit ladicte royne souvent malade d'une maladie nommée gravelle, pierre et aultres. Où elle manda le Jeune Adventureux pour quelque menée qu'elle vouloit faire avec le roy de Castille et de toute sa maison d'Autriche -, et avoit le cœur merveilleusement affectionné à faire plaisir à ceste maison de Bourgogne. Et en devisant de ses besongnes, elle tomba malade, et envoya un jour quérir ledict Adventureux, elle estant au lict, et luy pria qu'il attendît illec encore deux ou trois jours, nonobstant qu'il étoit pressé d'aller ailleurs pour ses afbires. Et empira ladicte royne si fort de sa maladie que cinq jours après elle mourut de pierre, qui feust une grande perte à plusieurs gens de bien. Et qui en feust bien aise , ce feust monsieur d'AngouIesme, pour ce qu'elle lui estoit bien contraire en ses afEatires ; et ne feust jamais heure que ces deux maisons ne feussent tousjours en pique. Quand la royne féust morte, le roy son mary en mena un merreiHeusement grand deuil, et fist porter son porps dedans l'église de Saint-Sauveur de Blois ^ et de là, avecques tous les princes et dames de France fist envoyer le corps à Saint- Benis, là où tous les roys et roynes de France sont enterrés ; et là luy feust faict le plus grand service et honneur que Ton fist jamais à royne de France, ny à prinee ou princesse. Et y fist faire le roy une tombe de marbre blanc, la plus

bdlequeje vis oncques, sur bfiette a un épitaphe gravé tel que s'eosoU c

La terre, monde et ciel ont dt^bé madame Aooe, qui kmî des rofê Cbarie et Loals Ik fmm. La terre a pris le corps qui gjst 9om cette te»; Le monde aussi retient sa renommée et Came, Perdurable à Jamais sans cstre blasmée d'âme; Et le cM pour sa part a Tovki prendre l'âne.

Ces nouvelles feurent mandées en Anglaterre à monsieur de LongueviHe, lequel y estoit |Mrisonnier ; et estoit homme sage et de bon esprit, et en qui le roy liouts se fioit fort, et encore plus en son frère, monsieur de Dunois, premier diicde LongueviHe. Ledict sieur, estant prisonnier en Angleterre, mena tellement Taflaire de poste en poste que le mariage feust conclud de madame Marie, sœur du roy d'Angleterre, et du roy de France Louis, douzième de ce nom. Laquelle chose accordée, vint descendre ladicte dame Marie à Calais et avecques elle ledict siearde LongueviHe, lequel feust mis à rançon de cinquante mille escus, dont il en gaigna lapins grande part à la paulme contre le roy d'Angleterre. Et y vint ladicte dame bien aecompaignée, et avec elle le duc de Suffolk, homme de petite maison ; mais il avoit tousjour« esté sj bien aimé de son maistre qu' il l'avoit faict duc de Suffolk. Et estoit aussi le milord Cambrelan, le milord Marquis et le duc de Nortfolk et leurs femmes, lesquelles tenoient compagnie à ladicte dame, laquelle estoit m^veilieusement bien aecompaignée d'hommes et de femmes, et avoient bien deux mille chevaulx. Et y avoit aussi envoyé le roy d'Angleterre deux cens archers de sa garde, tous à cheval. Tare pi la trousse à costé. Cela entendu par le roy de France, il envoya le sieur d'Orval et monsieur de laTrimouilIe à Calais, au-dev^t d'eliei et monsieur de Yandosme pour la recevoir à l'entrée de son pays.

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