CHAPITRE XLI V
AbbeviOe, prit rAdventturenx en venant du logis du roy et allant au sien, et lui dit : <« Ad ven. tiireiix,jesuis plus joyeux et plusaise que je fus passé ?ingt ans; car je suisseur(ouon m'a bien fort menti ) qu'il est imposible que le roy et la royne paissent avoir enfans, qui est faict à mon advantage.» £t avoit tant &it ledict sieur, que madame Claude sa femme ne bougeoit de la chambre de la royne, et lui avoit-on baillé madame d'Aumont pour sa dame d'honneur, laquelle couchoit dans sa chambre. Or, comme je vous ai desjà dit, ledict sieur d'Angoulesme Toalant bien donner à congnoistre, pour complaire au roy et aux Anglois, qu'il estoit bien aise dudict mariage, entreprit les joustes et tint le pas. Et pour mieulx /aire et plushonneslemoit, il choisit sept capitaines de France, et lui pour le huictième : et estoit le premier monsieur de Yendosme, puis monsieur de la Palice, monsieur de Bonivet, depuis admirai de France, le grand sénéchal de Normandie, le Jeune Adventureux, le grand escuyer de France, et le duc de Suffolk, anglois. Et avecques leurs aydes tinrent le pas à tous venans. tant Anglois que François, feust achevai ou à ]^ed. Et vous asseure qu'ils eurent merveilleusement à souffrir, car ils eurent dessus les bras plus de trois cens hommes d'armes; et y feurent fiaictes de fort belles choses, de frapper et bien jouster. Et encore feust plus beau à veoir les l>aDquets et festins qui s'y fisrent. Et seroit chose trop longue à les vous conter, car il n'y eust seigneur de France qui ne festoyast lesdits Anglois, tellement qu'ils n'eupent jamais loisir, si longuement qu'ils y feurent, de disner ou souper une fois chez eulx, ni à leur logis. Quand toutes les choses eurent duré six sepmaînes, les seigneurs et dames d'Angleterre voullurentretoumeràleur pays ; el, après avoir eu bonne despesche et force présens du roy, prîndrent congé du roy, de la royne et de monseigneur d'Angoulesme, et les fist le roy conduire et deffrayer jusques hors son royaume. Et demeura pour ambassadeur ordinaire le duc de 5offi>lk ; car, à ce que j'en pus congnoistre, il ne vouUoit point de mal à la sœur de son ynaîstre.