CHAPITRE XLV
XVr SIÈCLE 9 Chron. et Mém.
Comment le roy Louis douzième, après avoîr faIct bonne chère avecques sa oocnreUe femme, mourut à Paris par un Jour de Fan.
Le roy partit du palais et s'en vint loger aux Toumelles à Paris , parce que le lieu est en meilleur air ; et aussi ne se sentoit pas fort bien, car il avoit voullu faire du gentil compagnon avecques sa femme ^ mais il s'abusoit, car il n'estoit pas homme pour ce faire ; car de longtemps il estoit fort malade, et spécialement des gouttes ; et avoit desjà cinq ou six ans qu'il en avoit cuidé mourir, car il feust abandonné des médecins, et vivoit d'un merveilleusement grand régime, lequel il rompist quand il feust avecques sa femme ; et lui disoient bien les médecins que, s'ilcontinuoit, il en mourroil. Pour se jouer, ceulx de la basoche à Paris disoient que : ** Le roy d'Angleterre avoit envoyé une haquenée au roy de France, pour le porter bientost et plus doucement en enfer ou en paradis, n Toutesfois, lui estant bien malade, envoya quérir monsieur d'Angoulesme, "etjui dit qu'il se trouvoit fort mal, et que jamais n'en eschaperoit; de laquelle chose ledict sieur le reconfortoit à son pouvoir, et où il fàisoit ce qu'il pouvoit. Et fist ledict seigneur roy à sa mort tout plein de mines. Nonobstant, quand il se feust bien défendu contre la mort, il mourut par un premier jour de l'an, sur lequel jour fist le plus horrible temps que jamais on veit. Et vous jure ma foi que ce feust dommaige de sa mort, etqu'iln'estoitsain ; car c'estoit un gentil prince, lequel avoit faict beaucoup de belles choses en son temps, et en la plupart y estoit en personne, dont en seront les chroniques merveilleusement belles. Lui mort, monsieur d'Angoulesme se vesUt de deuil, comme le plus prochain de la couronne, et s'en vint au palais, et incontinent fist advertir en diligence tous les princes et dames du royaume, et spécialement madame sa mère; et, sans point de faulte, ce lui feust une belle estrenne pour un premier Jour de l'an, veu que ce n'estoit point son fils. Et, à vous b^en dire, ledict sieur d'Angoulesme naquit par un premier jour de Tan, son père mourut par un autre premier jourde Tan, et après eut le royaume de France par un premier jour de l'an. Ledict feu roy estant aux Toumelles , feust • 33
MÉMOIftES Î)E
commencé à luy feire soa enterrement, comme on adecoustumeiiaire auxanltres rois, qui sont belles cérémonies et antiques. Et en portant son eot^desdiistesTpamellet à Noétre-Darae» avoit gens devant avecquesdes campanes, lesquelles sonnoient et crioient « Le bon roi Louis, père dd peuple, est mDrt ! *» £t qUaïid ioiit feust met Ce qtf il 'ap);)artenMt dé faire k Nostre-Dàriiô , feti^ convoyé, J)^r tes princélB et sdghctirs dé son royaume, à Sainet-Denis, là où feust talct son éfatertetoenf , lequel feust merveîlleuâëinent beau et trioniphant. Et vous àsseuré que monstetir d'Ai^golilésihë daulphin, et Mkdâme Claude sa feriamé, et fille dudict seigneur feu roy , en fisreni mei^vfeîtleusfement bien letrt- dèbvoir; car 11 n'y feust rteû oublié ni eèpàrgné, coihihe i*ou doit feirè & rhonneur d^un tel prinèe.
CHAk>ITRE XLVÏ.
Cy fterte qœ Ûsl là foyne llftiie de FteMe à|>rè8.1& inoirt dû
rcyysooaiMi^
Lé ruy Lôuhoiôrt et entétré, iteéwsïéW d'AAg<ml«tné, t^omme froy, feisolt fort son débvulr de t*ec<)nrorter la h)yne Marié ; auisi fiilsôit madame {ta femme. Et est là cmistutné telle des roynès de France, que quand le roy est mort ellets sont six sepmaines au lîct, haiti t«oir, fors de la dîandelle. Etestoient journellement avec* ques ladtcle royné madame de Revers et ma* dame d" Aumont ; et a voit tout son estât atissi grand que quand lé roy s6n imary vivoH. Bt ce témpk ^dànt ttivit^on troîs s<^pmalîïés <m unitiots a^rèstamo^tdu{eufoy Lotris, Monsieur d'Angoulesme, daulphin, demanda i ladicte royne s'Bse pouvcrflïïommcr roy, à cause qu'A ne séavoit li elle estoft ewceinté ou tïonv»uk' quoi* ladicté damé toi fist féspbrtse qu'ouy, et quelle né iteaveflt aiâttfé rtry que luy *, fcat rite ne pettsoit aVôlr fruitct au rentre qiii Tén pense empéStclMcr. Or avtift entendu lé tt^y» hiy estant monsieur d' AngouléiMie, Famille que lé dâc d« SuRblk portoit k ladiété iDyne Marie, tî MSA qu'elle né le hàyoft pas ; et luy dit ï « Monsieur dé Suflolk , je sçaî Wéttée vos aflkiiVMi, « rarsîtîè qu'avez avecqUeSla myne Marte et vostre gotnvemement, et beaucoup d^aultres choses pfà« que vous ne pensez. Je iié voudrois point qué quelque cbose Se fist Qt ou je peusse uiftfit
FLEÙRÀNGE, fisî^J
h(mte, ny le roy d'Angleterre mm frèfe, àVéc* qUes lequel je teulx garder tbuté railiàitée iBt amitié qu'il soit avecqUes lé feu roy mon beitt* père ; et pour ce Je vuUs prié que ne hn/ikà chose que be soit à mon honneur*, et s'il y lvt)it quelques promesses eiitté vûus et la ro^è, faites tant que vostt*e maistre, duqbel voukéâtès bien aimé, m'en èsCHté, et éU itérai fort iM euntent. Mais autrement, garOetvtNissur voéIM vlé que né fassiez cbbaé qti tie éks^I è biré; m si j'en fui adverti , Je vous ferai te pMs tnêftf homme du monde. «^ Et là lUt prStoist M\d Suffolk, et lui dit * « Sire, Je vous Jure i9» M foy et sur mon honneur; et êuis eontent que «né flissie2 couper la «esté; t\ je fcis chose ^ S9it contré Tostt^ honneur bi la voloâté de tm malstre; «» laq^le «hosé il Hé tint pa», cuti trois ou quatre Jours après <f^'\\ éust flûct \n^ dicté ptiomesse, éspouM «écrètement MM royne ; et ne seust mener sôb affelre «i seerèié* ment que le ruy n'en feunt adveitt. iMfriÊ éhosé par lut éntendtae^ ttiMda ledict due A Suflotk à parler à luy « et lui dit^ «ilt^raslenrdé Suff^lk i je suis adverti dé tedk ébosé ; je «e pMh
sols pèim que féussi^ SI lâéhet lit si je voÔMi biei^ faire «non debvolrf tOM A tem henif jd vous fé>ràisiranéhér la teste «ûr léi eMp&«kft'«etf vous m'avéft feusséé vtisiré fby ^ «tmé fisàt lÉ vostre foy, Je n'ay pofdt ftiiet fctre lé gM idf yous^ et seei^è^Ment vous nv^ e«pouSélàf^ Marié saAs mM sceu. f A cjvui tiêspbndllMM due dé Suflbik, ayant belle pe«r et gméê crainte, et dit : «Sirè, Je vous fcupplié«faéVY)tn« plaisir soit dé uté le put4éttner< Je ooûfeM ftfe j*ai mal iàUH ; mkh si^, ^ VoM suppne (^^ esgard k amoutis qui tué f^éfitit MéH fein j«t iM submets du foM ii vcMtre inlsérlé^frie, ^ si}ppli«aiav^if meiici de moI. ^ 9urqboiki«f luy dit qfoe jà il ti'aufèH ftmcH dé 1*1^ Mfill le mettrait en tenue mabn ttet ^H en tarolt advéfiy lé roy d'Atigleter»^ nm ttm j éi 1*1* tfouvolt bén, aus^ feron^^L TMHeèfèis liM* sMpçëfifloiém qu« le ruy lé Maêtt pkrfcM^t d«p4r que le rdy d'AngtoMiM tfsft M M
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CHi^ITRpi XLVIt.