‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 181 sur 428 · CHAPITRE LL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LL

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qui envoya monsieur le grand-maistre Boissy , le baatard de Savoye et TAdventureux à Crémone et à toutes les villes qui tenoient contre le roy. Et se retira ledict seigneur à Payie, car il ne voubit point entrer dedans la ville de Milan sans que tout ne feust à luy . Ce faict, mardia monsieur le grand-maistre vers Crémone, el vindrent ceulx de la ville ae rendre à luy. Et après aveeques l'armée qu'il avoit, entra de^ éina la ville, et fist sommer le chaateau, lequel ne ae voulust pas rendre sitost ; mais print un terme, en cas qu'il ne feust secouru, de luy rendre. Et feust ordonné l'Adventureux pour laire las tranchées autour de la ville et du eha»teau (ce qu'il fiât ). afin qu'ils ne peussent saillir dcnuict ( et estant en oesdictes tranchées, y avoit on maiatre d'hostal chez le roi, nommé Saint-Séverin, où vint donner un coup de ca* non du cbaaieau dedans le rem(>art où estoit ledict Adventurcux ; et eut si grand peur ledict maiatre d'hostel qu'il empoigna deux capitaines par le eol, si rudement, qu'il les tira dans h (bsaé aveeques liij»qui avoit bien vingt pieds de profondeur, tellemenl qu'il se rompist presque le C0I9 et eulx aussi, dequoi feust bien ri après.

<^nd le jour fisust venu, et le terme que ceulx du ebasteau avoient prinsetpromisd'eulx rendre, ils se rendirent à la volonté du roy, leurs bagues sauVes. Or, pcKir vous dire vrai, quand le roi vint pour conquester la duché de Milan, il promist aux Vénitiens de leur rendre ce qui leur appartenoit de delà la rivière d' Adde, et de leur aider à le reconquester à ses dépens. Crémone ainsi rendue à la volonté du roy et plusieurs aultres petites villes et chasteaux, mon* sieur le gnand-maistre alla mettre le siège devant Bresse, laquelle se rendist à luy, après y avoir esté un espace de temps ; et la rendist aux YénitieDS, en ensuivant la promesse que leur avoit £aiete le roy ; de quoy les' Vénitiens feurent merveilleusement bien contens. Ne restoit plus que de rendre aux Vénitiens la viUe. de Vércmne, que tenoit l'enq^ereur Maximilien. €e faict, les Vénitiens retournèrent à Venise, et misrent garnisons dans les villes qu'ils «voient cooqueiAées, et monsieur le grand-maistre avee son armée relpuma vers leroy à Pavie. Or, penifentceletnpe4à on fiatsoit ttfrveilleusem^ftt f rtosse feattene^ixdiAstean de Milan ; et quant et fiiMii se iWMeÉt les Ukines,4oot Pedro N«*

MÉMOIRES DE FLEURANGE

varre estoit conducteur; et son lieutenant estoit Henri Gonnet, qui autrefois avoit esté capitaine du chasteau de Bresse. Et minèrent la casemate dudict chasteau de Milan et la fisrent tomber -par terre ; mais elle retomba presque aussi forte qu'elle estoit auparavant. La casemate ainsi minée, et les deffenses rompues, tant du hault que des fossés, Pedro Navarre se print à miner le plat de la muraille, et ceulx dedanâ voulu-

. rent contreminer. Toutesfois, ceulx dedans avoient une mine, qui estoit leur chef, asçavoir le More, qui tenoit si mauvaise mine, que cela les estonna plus que la mine de Pedro Navarre ; et dient qu'il ne scavoit où estre de peur. Toutesfois, le chasteau de Milan e^ une très bonne place ; et l'avoit faict le roy de France, Louis XII, bien amender du temps que en estoit chef le chevalier de Louvain, gentil capitaine et bon chevalier. Après toutes ces batteries et

' mines, le More, duc de Milan, vint à composition, se voyant pressé et sans espérance de secours; et fist appointement avecques le roy, par tel qu'il luy donneroit cent livres tous les jours à despendre, qui sont trente-six mille livres par an ; laquelle chose le roy lui accorda, et le demeurant s'en alla bagues sauves. Par ainsi feust ladicte ville rendue entre les mains du roy ; et vint le More à Pavie vers ledict seigneur roy, ei le sieur Jean de Mantoue avecques luy. Les Suisses se retirèrent en leur pays, à qui le roy fist bailler bonne conduite. Et le capitaine Chuire et les gens qui estoient venus de par l'empereur au secours du More, se retirèrent à Véronne, lesquek le roy fist pareillement conduire. Et le More Maximilian vint à Pavie vers le roy, se rendre à luy, ainsi qu'il luy avoit promis. Et le conduisoit Gabriel de La Chastre avecques cinquante archers de la garde ; et dit ledict More au roy : « Sire, je me viens rendre à vous comme vostre serviteur, vous suppliant qu'il vous plaise me retenir à vostre service, et à me tenir ce que m'avez promis et vous vouloir servir de moy ; et vous promets par ma foi que je me sens le plus heureux homme de mon lignage d'estre tombé es mains d'un tel prince que vous estes, et aussi veu le bon traitement que me faictes ; car quand j'estois duc de Milan, je n'en estois pas duc, mais valet ; car les Suisses en estoient maistres et ne faisoient que ce qu'ils vouloient. »» Sur quoy le roy luy fist responce, et luy dit qu'il fcust le très bien venq, et

qu'il espéroit de luy faire de plus en plus bon traictement ; et que ce n'estoit point le dernier bon tour qu'il luy feroit, et qu'il Fenvoyeroit devers madame sa mère, laquelle estoit régente en France, et elle luy feroit merveilieusemeot bon recueil. Cela faict, le roy s'en alla souper, et le More s'en alla en une chambre qu'on luy avoit apprestée au chasteau de Pavie. £t le lendemain matin partist ledict More Maiimilian, et s'en vint en France. Et le fist conduire le roy par les archers de sa garde et le capitaine Gabriel, qui en estoit chef, jusques à Lyon, vers madame sa mère qui attendoit tousjours de ses nouvelles. Or, ainsi comme ces choses se faisoient, tant le siège de Maximilian que l'allée de monsieur le bastard de Savoye pour reconquester les villes, celles qui appartenoient au roy et aux Vénitiens, le roy ne dormoit pas. Il fist fort sagement, car incontinent après la bataille et que les Suisses feurent retournés en leur pays, il trouva moyen d'envoyer ambassadeurs devers eulx. Laquelle chose il fist; et leur envoya demander paix, laquelle . après avoir débattu beaucoup de choses, ils accordèrent, moyennant quelque argent que l'on leur bailla ; et y feurent compris tous ics treize cantons. Ces choses faictes, le roy se prépara pour faire son entrée à Milan, laquelle chose feust merveilleusement belle, commevoas oyrez cy -après.

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