‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 188 sur 428 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

Coinmeot le marquis de Mantoue , pour quelques affaires quil disoil avoir, s'en rciouma ei abandonna le roy et luy renvoya son ordre ; et conuDent r Adventureux fist une maison nonimée Messencourl, et le corot>al qu'il y donna.

Après que monsieurde Bourbon feust retourné d'Italie en France, le pape fist alliance au marquis de Mantoue de saniepce, et le fist capitaine de l'Eglise. Et ce faict, le marquis renvoya son ordre au roy ; de quoi il fist merveilleusement mal et luy estoit reprochable, car le roy Tavoit nourry et neluy avoit requis chose qu'il ne luy eust accordé. Toutefois, le roy en feust bien marry, et n'en fist pas grand estime ; car il se fioit bien en l'amitié qu'ils avoient le pape et luy ensemble. Et en ce temps l'Adventurcux fist faire une maison nommée Messencourt, que son père luy avoit donnée, merveilleusement belle et jolie pour la chasse et pour la guerre, et pour toutes autres choses; et la fit bâtir en fourche ; et estoit un merveilleusement beau commencement de place ; et y fi^t faire force artillerie, tellement qu'il en avoit assez pour faire une bonne batterie, et la place bien gardée. Et y donna ledict Adventureux un camp à un gentilhomme nommé le baron d'Antin ; et y feurent les cérémonies gardées ; et y courut le camp comme en telle chose appartient de faire ; malsson ennemy , autre gentilhomme gascon, ne s'y trouva point; par quoy il traîna ses armes à la queue d'uQ cheval, car la raison le veult à celui qui fault, car il l'avoit adverty du jour qu'il y debvoit estre, et que s'il luy failloit il luy feroit ce qu'il fist. Toutesfois,ledict d'Antin se trouva merveilleusement mal, luy retourné en France; et feurent tous ses biens confisqués, car l'ordonnance de France est telle que qui va chercher combat hors le royaume sans le congé du roy, il y va de la vie et de tous ses biens; et il n'y a que deux sortes de combat que le roy veuille permettre, qui est le crime de lèze-majesté et pour l'honneur des dames.

MÉMOIRES DE FLEURANGE, [1519

Page 1