CHAPItRE LV
pi
que ce conseil tenoit» Fempereur avoit faict passer beaucoup de sa gendarmerie et de siet^ gens de pied, et eust un peu de désordre à entrer en la ville. Incontinent que monsieur de Bourbon feust entré en ladiete ville, il despartit tous les quartiers, et ne fisrent toute la nuict que remparer . Et y avoit plus de cinq mille personnes ouvrans, et y avoit dedans quatre cens hommes d'armes et quatre mille hommes de pied vénitiens, dont il en bailla à monsieur de Lautrecune partie, et au sieur JeanJacques Taultre, et luy en print deux parts. Le lendemain, tandis que l'empereur faisoit passer le demeurant de son armée, arrivèrent quatorze mille Suisses que Albert de la Pierre menoit; et quand ils feurent là dedans, fisrent tellement leur cas qu'ils eurent chacun ^ Tun portant Taultre, plus de trepte florins d'pr, sans tous les gros présens que fist monsieur aç Bourbon à tous les capitaines ; et demeurèrent là ce jour et l'aultre. Le jour après, Fempereut oyant que les Suisses estoient entrés à Milai^. feust merveilleusement esbahy, «t cela wif point de faulte Festonna fort. Et deux jour9 après que les Suisses feurent dedans Milan, il$ eurent intelligence à ceulx de dehors, et lettres des seigneurs de leurs ligues ; tellement qu'il s'en partist hors de la ville six ïpille pour u^ coup, après avoir servi le roy huict jour9. Et demeura Albert de la Pierre, gentil capitaiu», avecques six mille dedans la ville en flépjt dç tou^tes les ligues et de tout le monde, dout ufiww$ bien après récompensé. Tout cela faict, Femp^ reur marcha tout droit à Milan et toutç S09 armée et artillerie, pensant que ceulx dedans aç deussent estonner. Et quand il feu^t près des portes, donna deux coups de canon, et puis s'en retourna sans aultre chose faire, en assez mauvais ordre, et les Suisses en leur pays. ^X crof que lesdicts Suisses voulloient retourner, et qm cela feust en partie cause de sa retraite : et point de laulte il ne se feust pas encore et parti sitost. Quand l'empereur feust retoi __ dans les Allemaignes, monsieur de Bonrboq defOst toute son armée, pour ce qu'il n'en avpij besoing, et donna congé aux Vénitieni et ai^ Suisses qui estoient avecques luy ; et aprèe fcwJt mandé par le roy pour revenii- en France, et feust laissé lieutenant général en Italie monsieur de LautreCi Et revint ledict seigneur de Bourbon assez mal content, non-obstant que quand il vint à Lyon le roy luy fist merveilleusement
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l)onne chère; et y eust en ce temps beaucoup de picques contre les capitaines, spécialement contre monsieur de Chastilion.