‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 197 sur 428 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

Comment les ambassadeurs d*Angteterre vindrent ft Paris; et du boa recueil que le roy leur fist.

En ce temps, le roy d'Angleterre voulant bien avoir l'amitié de France envoya de par luy pour confirmer la paix, et pour faire le mariage de sa fille à monsieur Icdaulphin; et feust asseuré ledict mariage, et paix et accord des deuxcostés. Et feurent les ambassadeurs qui vindrent en France de par le roy d'Angleterre le mylort Cambreland, le milort marquis, maistre Bouilen, et le gouverneur de Chines, et avec eulx tout plain de gentilshommes de la chambre du roy d'Angleterre ; et y estoient entre autres le mylort Ferry, le mylort de Yindrefeit et plusieurs autres gentilshommes qui estoient venus en partie de plaisir, et pour veoir le royaume. Et avoient les ambassadeurs près de huict cens chevaulx avec eulx. Et envoya le roy. au devant jusqu'à Ardres monsieur delà Trimouille et aultres gentilshommes pour les accompagner ; et les fist deffrayer le roy par tout son royaume, tant à l'aller qu'au venir. Et v'mdrent lesdits ambassadeurs à Paris vers le roy qui leur fist merveilleusement bon recueil. El quand ils feurent arrivés, le roy, qui estoit en son palais, feust deux jours sans les ouïr, jusques à temps qu'ils feussent un peu rafraîchis et qu'ils eussent mis ordre à leurs affaires. Après ce, le roy les envoya quérir parles princes et gentilshommes, tant que chascun Anglois en avoit un pour parler à lui , et les princes pour parler aux principaux ambassadeurs. Et en cet ordre vindrent au palais Vers le roy qui les attendist en une grande salle, ainsi qu'on a de coustume recevoir ambassadeurs ; et estoient toutes ses gardes en ordre auprès de lui. qui feust chose fort belle à veoir. Et en cet ordre vindrent faire la révérence au roy et commencèrent leur harangue qui feust merveîWeuscment belle, et qui pleust fort au roy. Aussi fist aux ambassadeurs Thonneste responce que le roy leur rendist sans chancelier ; et est sa coustume de faire à quelque ambassadeur qu'il vienne ; et le fist si très bien que jamais ne s'en départist. Cesambassadeurs ayant faict leurs affaires s'en retournèrent en leur logis où le roy les fist envoyer. Et se peuvent bien vanter lesdicts ambassadeurs qu'on quelque lieu quMIs feurent

oncqaesnefeurentsîbien festayés; car, en six semaines qu'ils y feurent, n'eurent jamais le loisir de disner ou souper une fois en leur logis, et ne vis en ma vie tant de banquets et festins Tunsur . Faultre. Le roy fist tendre toute la cour de la Bastille de Paris dessus, dessous, de tous costés; et feost là faict le plus beau festin que je vis jamais ; et dura jusques au point du jour ; et y a voit plus de deux mille flambeaux. Ce festin faict, trois ou quatre jours après, les ambassadeurs prindrent congé du roy, lequel les fist conduire et deffray er jusques hors son royaume Et s^en allèrent lesdicts ambassadeurs si contens dudict sieur roy qu'il n'estoit possible de plus ; car il leur avoit donné à chacun des principaux un buffet de vaisselle dorée, et présens de chevaulx et d'argent. Et feust conclud avec lesdicts ambassadeurs le voyage d'Ardres et Ghines, pour se veoir les deux rois ensemble. Quand tout cela feust fait et conclud, lesdicts ambassadeurs s'en retournèrent en Angleterre et fisrent leur rapport au roy, lequel feust merveilleusement joyeux d'avoir entendu le bon receuil et le bon propos que le roy de France luy mandoit. Un peu après-ledépartementdesdicts ambassadeurs d'Angleterre, madame régente, mère du roy, pria le roy et la royne de bire un voyage jusques en Guyenne ; et les vocdoit mener parle duché d'Angoumois ; et les festoya en une ville qu'elle a qui se nomme Congnac, où le roy estoit ne. Et vous asseure que si le festin des Anglois, joustes et tournois, avoient esté beaux, encore feust cestui-là le plus beau ; et vous jure ma foi qu'il cousta plus de cent mille escus. Toutes ces bonnes chères faictes, k roy s'en retourna à Amboise et à Blois, où estoient ses enÉins, se préparer pour faire k voyage d'Ardres, qui tousjours continuoitet TenSoTçnt.

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