‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 203 sur 428 · CHAPITRE LXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIX

Comment mestirc Robert de ta Marche, sieor de Sedan, pour quelque tort qui lui kuwi fait au service do l'empereur, retourna au service du roy de France ; et du bon recueil que madame la régente luy à$t.

Monsieur de Sedan estant au service de Tempereur Ta voit accompagné à Aix, pour ce qu'il tenoit la duché de Bouillon , qui est une chose v«iue de son grand-père , qu'il avoit eue d'un prince de Liège ; et y avoit une place dépendante de ladiete duché, qui s'appelle Hierge,que . monsieur d'Aymerie avoit prise par force; et si se plaignit iedict sieur de Sedan à l'empereur dudict sieur d'Aymerie ; et conta à l'empereur qu'il avoit avecques luy, et comme il hien avoit reprinse; mais il n'y avoit voullu entendre. L'empereur luy promist de luy faire raison ; et dura la chose bien longuement avant qu'elle vinst à effect ; de quoy se courouça Iedict sieur de Sedan merveilleusement, pensant qu'il estoit homme pour faire autant de service à l'empereur que Iedict sieur d'Aymerie. Et s'en vint à Sedan, fort mal content dodit empereur, et quand il léust à Sedan, manda audict empereur, que s'il ne luy piaisoit d'y faire la raison il abandonneroit son service. Et luy feust faicte response de l'empereur qu'il n'estoit pas de grande substance ; pour laquelle chose abandonna le service de l'empereur, qui en eust grand regret, et principalement madame de Savoye. Ce foict, FAdventureux, qui estoit son flis, ne dormoit pas, car il estoit tousjours demeuré au service du roy de France; et Incontinent qu'il sceut ces nouvelles, se retira vers lui à Sedan, là où il feust faict bonne chère. Et portoit Iedict Adventureux tout plain de bonnes nouvelles que madame la régente faisoit audict sieur de

FLEURANGE, . [igjo]

Sedan. Et estoit l' Adventureux totalement dé* fibérité; car, depuis que Iedict seigneur de Sedaa avoit esté au service de l'empereur, TAdventureux son fils n'a voit entré en place qni feust audict sieur de Sedan son père, pour ce q^'il j fvoit, dedans le traité qu'il avoit faict avecques l'empereur, que jamais pièce de ses enfans n'amanderoit rien de lui s'ils n'avoient faict serment audict empereur, et qu'ils n'entreroieot dedans ses maisons. Le roy de France et madame sa mère sçachant que le sieur de Sedan estoit parti de l'empereur mal coateot, mandèrent madame de Sedan venir à Blois, où feust conclud son estât, qui montoit à dU mille francs tous les ans, dix mille escus comptans, trois mille francs pour ladiete dame de Sedan, et à chacun de ses enfans dix mille ; et cinquante hommes d'armes, dont les vingt se payeroient à sa volonté. Et ladiete dame de retour à Sedan,* Iedict sieur partist pour aller à Remorantin vers le roy, là où Iwy feust reoda son ordre. Et luy fisrent le roy et madame sa mère bon recueil. Et de là revint Iedict sieur par Chasteau-Thiery chcï son fils, et de-là retourna à Sedan. Et feust Tempereur merveilleusetnent marry de ce que Iedict sieur avoit laissé son service.

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