‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 206 sur 428 · CHAPITRE LXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXI

Comment le comie de Nassau, lieutenant gc^uéral pour rem* pereur, vint en Ardenues contre tuessire Rol)ert de la Môl*chc. Cl priHt le chastcau de Loig^nee; et comoieot fAdvefilu* reux delibl la garnison.

En ce temps Tcmpereur envoya monsieur de Nassau pour lever son armée, et aller contre messire Robert de la Marche et l'Adventureux son fils, nonobstant que tous leurs gens dussent retirés. Et estoit allé l'Adventureux devers le rof de France pour regarder ce qu'il avoit à faire» et ce temps pendant , monsieur de Nassau vint , mettre son siège devant le chasteau de Loignes, qui estoit au sieur de Jamels, frère dudict Ad^ ventureux; et estoit place asset forte^ tuais elle estoit fort estroite , et le siège y feust mis a vecques assez petit nombrede gens. Et bailla monsieurde Liège à monsieur de Nassau et au comte Félix toute son artillerie et de ses gens , nonobstant que ledict sieur de Jamels fust son nepveu. Et ' feust ladicie place fort battue^ et s'il y eust eu gens de guerre dedans, ils eussent tenu plus longuement, mais, sans point de faulte^ il n'y avoit point de gens de guerre dedans; et feust prinse ^ à moitié d'assault pour ce que ceulx dedans se jettoient en bas par les murailles et par les fenestrcs. Ladicte place prinse^ monsieur 46 Nassau faisoit lousjours renforcer son armée; et renvoya son artillerie à monsieur de Liège, ^t feust ladite place rasée. Comme cela se faisoit i l'Adventureux revint de devers le roy de France et feust adverti de la grosse garni80i>qiii estoit à Yvoy, qui est une ville à trois lieues de Sedan et aune lieue de Messencourt; et assembla lu gendarmerie et cinq cens hommes de pied sett^» lement. Et attendit un jour de feste, pour ce que les gens boivent plus en ce pays ces jours*là que les aullres jours. Et sur le midi alla mettre son embuscade en un petit bois asset près de la ville, qui est ville jolie et forte et toute rondei et passe une rivière à un des costés qui vient de Jamets, laquelle s'appelle Cbier, et va tomber dedans la Meuse; et n'y a ^'une lieue ite

MÉMOIRES DE FLEURANGË,

l<i josques à Mouson. Quand ledict Adventureux eus! mis son embuschc, il envoya escarmoucher devant ladicte ville; et estoit deux ou trois lieures après niidy ; et estoit ladicte escarmouche de quelque petit nombre de gens de pied et de cheval. Et incontinent que ceulx de la ville qui avoient bien beu visrent l'escarmouche, saillirent dehors un quart de lieue de la ville, toujours escarmouchant , tellement qu'ils vindrent auprès du petit bois où estoit Tembusche. Et incontinent que FAdventureux vist qu'il estoit temps, se vint jetter entre la ville et eulx, et les enferma, dont en reschappa bien peu; et y eust bien tué jusques à cinq à six cens hommes, dont la pluspart estoient Namurois. Et estoit ledict Adventureux monte sur un cheval rouen hedard qui eust un coup de picque au travers du corps, dont il mourut. Et estoient venus ce jour-là à Sedan veoir ledict Adventureux deux honnestes gentilshommes françois, qui estoient venus dû camp d'Attigny, et en estoit l'un le fils de monsieur de Lude, et l'aultre monsieur d'Espoy, lesquels fisrent merveilleusement bien leur debvoir.

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