‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 212 sur 428 · CHAPITRE LXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVI

Conmient, au partir de Jainets, rooosiear de NaMaa aBa aisiéger Fleurange ; et ccmnment les lansquenets Yeodireol monsieur de Jamets, qui esloit dedans.

Ledict sieur de Nassau, poursuivant son entreprise, marcboit toujours avecques son armée, tirant le chemin à Fleurange ; et demeura huict à dix jours à aller depuis Jamets jusques là, pour le grand charoy d'artillerie qu'il avoit, qu'il regardoit de diligenter. Or estoit dedans Fleurange le sieur de Jamets, frère de l'Adventureux ; et y avoit déjà quatre ou cinq mois qu'il y estoit; et avoit avecques luy six cens lansquenets, et quinze ou seize hommes d'armes et quelques adventuriers rassemblés avecques ceulx de la ville. Et audict Fleurange y a ville et chasteau, mais ils ne sont pas grands; et bons fossés, et bonnes douves à doubles fossés; et les avoit bien faict accoustrcr ledict sieur de Jamets depuis qu'il y estoit. La ville et le chasteau estoient merveilleusement bien artillés, autant que place que l'on ait long-temps veue. Et avoient lesdicts lansquenets desjà quatre ou cinq mois de service, et tousjours bien payés, et avoient force vivres pour un an dedans. Monsieur de Nassau, de prime arrivée ne se jetta point dedans , et alla séjourner un petit à une ville qui est à l'empereur, à une lieue près de Fleurange, nommée Thionville. Or il s'estoit faict, dedans deux ou trois jours devant, quelques escarmouches, là où avoient esté aucuns lansquenets de ladicte ville de Fleurange, et estoient compagnons qui avoient crédit avecques la commune des lansquenets. L'un desquels lansquenets prisonniers feust mandé par le sieur de Nassau pour faire practique avecques luy, pour le renvoyer dans la ville avecques quelque argent qu'on luy avoit donné pour faire une menée secrette pour faire mutiner les lansquenets, en leur disant qu'ils seroient tous pendus pour ce qu'ils estoient du pays de l'empereur. Monsieur de Nassau ayant response dudict lansquenet , fist marcher son armée et assiéger la ville. Les lansquenets qui estoient dedans commencèrent d'avoir peur, avecques la bonne a olonté qu'ils

avoient de ne rien &ire; car ils ne tirèrent jamais quatre ou cinq coups d'artillerie. Et vindrent au sieur de Jamets, en lui demandant querelle d'eulx pouvoir honnestemeit partir, et luy disrent : ** Monsieur, la coustome des lansquenets est que, quand ils sont assiégés dedans une ville, on leur baille double paye pour un mois. *» Laquelle chose ledict sieur de Jamets leur fist incontinent bailler, nonobstant qu'ils fussent payés pour deux nH)is davantage qu'on ne leur de voit, de quoy feurent bien esbahis, car ils pensoient que ledict sieur de Jamets n'eust point d'argent; mais le sienrde Sedan et l' Advenlureux luy en avoient envoyé, voyant TafTaire qui luy estoit à venir. Le lendemain disrent au sieur de Jamets lesdicts lansquenets: «< Monsieur, si vous ne vous rendez, nous vous rendrons; *> car toute la nuict ils n'avoient faict que mutiner avecques ceulx de la ville. Et estoit desjà à l'une des portes lecomte Félix qui attendoit qu'ils se rendissent avecques tous les lansquenets de son parti en bataille. Cela faict, feust pris d'eulx le sieur de Jamets. et livré entre les mains du comte de Nassau ; et tous les Allemands qui estoient d^ dans Fleurange passèrent tous dessoubs une picque en sortant de la porte, là où les lansquenets de l'empereur les dépouillèrent tons, en leur disant qu'ils estoient meschans, etqu'ib avoient faulcé leur serment et qu'ils n'estoient pas dignes d'estre jamais soubs enseignes, ny avecques gens de bien. Et à ceste heure là avoit le roy de France dix-huit mille lansquenets en son camp d'Attigny, là où une partie de ceulilà se vindrent rendre. Et incontinent que FAdventureux le sceut, les en advertit,et tons ceulx qu'on peut attraper passèrent les picques. U sieur de Jamets feust mené à Thionville, lequc! monsieur de Nassau promist le traicter en homme de guerre ; et le fist rançonner à èi mille escus de rançon, et mener au chasteau de Namur, en prison. De là mondict sieur de Nasr sau fist raser la ville ; et ce feict, se retira vers les Ardennes pour rafreschir son îirmée et assembler encore plus de gens qu'il n'avoit-

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