‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 22 sur 428 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

comment le Imd chevalier sans paour et sati» reprooche et aiia oooipaigBoii se moMèfeiit de obevaolx et ganiieeiit d*acoouBiremeot8 ; et comment ledit tK>n chevalier se porta Keniement , selop sa puissance , contre messire Claude de VauMra3^

Yous pouvez ass^ entendre que, incontinent que le bon cbevaUer et son compaignon eurent de^Liureneia ce qu'ils demandoient, nft firent PAS gra^jEi^iPWen n maisoui doubtmt de ce

CHRONIQUE DE BAYART,

qui advint depuis; ains si bonne diligence mirent en leur affaire qu'ils furent pourveus de ce qu'il leur falloit. Ils se retirèrent en leur logis, où soubdainement envoyèrent quérir tailleurs, pour fair^ à chascun trois acoustremens sur le hafûois; carie bon chevalier vouloit que son èompaignon fustde sa livrée; aussi n'avoient-ils party rien ensemble. Après ce qu'ils eurentdonné ordre quant aux habillemens, Bellabre dist: « Compaignon, il fault que nous allions veoir des chevaulx. Je sais ung gentilhomme de Piémont qui loge en la Grenète, qui a ung bas roussin bien relevé et bien remuant; ce sera bien vostre cas ; et il me semble aussi qu'il a ung petit courserot bay qui est fort adroit. On m^a dit qu'il les veut vendre, parce que, depuis huyt jours, en les chevauchant s'est rompu une jambe. Allons veoir que c'est. — C'est bien advisé , n respondit le bon chevalier. Si s'en allèrent passer l'eaue versNostre-Damede Confort. Puis se retirèrent au logis de ce gentilhomme piémontois qu'ib trouvèrent en sa chamibre fort mal acoustré de sa jambe. Ils le saluèrent, et il leur rendit le semblable, comme courtois chevalier. Bellabre prist la parole et dist : « Mon gentilhomme, vecy mon compaignon qui a désir de recouvrer une couple de chevaulx que vous avez, car on nous a rapporté que vous les voulez vendre, au moyen de l'inconvénient qui vous est advenu, dont il nous desplaist. — Sur ma foy ! messeigneurs, respondit le gentilhomme , il est vray ; et m'en fait grant mal, car les chevaulx sont beaux et bons. Mais, puisqu'il plaist à Dieu, je veois bien que de trois mois ne sçaurois partir de ceste ville. Les vivres y sont chefs ; mes chevaulx se mangeroient en l'estable; vous me semblez honnestes et gaillards gentilshommes. J'ayme beaucoup mieulx que mes chevaulx tombent entre vos mains que ailleurs; montez dessus et lesallez veoir hors la ville avec ung de mes gens, et au retour, s'ils vous plaisent, nous en ferons marché. »» Ils trouvèrent le propos honneste ; et incontinent furent les chevaulx sellés, sur lesquels le bon chevalier et son compaignon montèrent; et les menèrent jusqu'à la prairie près la Gulllotière, où ils les coururent et trottèrent de sorte qu'ils s'en tindrent pour contens. Si retournèrent au logis du gentilhomme pour faire le marché et luy demander le prix qu'il les vouldroit vendre. » Par ma foy ! dist-il , si festois 9ain, il n'y «

homme sur la terre, si je ne luy en voulois faire présent, qui les eust pour deux cens escus ; mais, pour l'amour de vous, je suis content de les vous laisser, le roussin pour soixante escus, et le courserot pour cmquante; ce sont cent dix escus ; et n'en auray pas moins. » Us virent bian qu'il estoit raisonnable , et ne dirent autre parolle sinon : « Mon gentilhomme, vous les aurei, et toute vostre vie deux gentilshommes à vostre commandement, *» dont il les remercia. Us mirent la main à la bourse et luy baillèrent ses cent dix escus , et deux pour le vîn des serviteurs. Les chevaulx furent menés par leurs gens à leur logis ; lesquds firent très bien penser et acoustrer ; car plus n'y avoit que trois jours à commencer l'emprise qu'avoit faicte messtre de Vauldray, pourquoy tout homme s'appareiUoit selon sa puissance. Si ouvrit icelluy messire Claude son pas, selon l'ordonnance qu'il avoit, par le congé du roy de France, fait publier ; et par ung lundy se mist sur les rencs, où contre luy s'essayèrent plusieurs bons et gaillards gentilshommes de la maison du bon roy, tels que le séneschal Galyot , pour lors fort gaillard et appert homme d'armes, le jeune Bonneval, Sau-^ dricourt, Chastillon, Bourdillon, qui estoient des plus privés de la personne du roy, et plusieurs autres; où chascun, comme vous pouvez penser, fist le mieulx qu'il peut. Or, telle estoit l'ordonnance que, quant chascun avoit fait ce en quoy il estoit tenu, convenoit que le long de la lice fustmené veue découverte, atfin que l'on congneust lequel c'estoit qui avoit bien ou mal fait. Pourquoy à cette raisoû povez penser qu'il n'y avoit celluy qui ne se mist en son effort de bien faire. Le bon chevalier, sur le dix-huitiesme an de son âge (qui estoit fort grande jeunesse, car il commenceoit encore à croistre, et de sa nature estoit maigre et blesme), se mist sur les rencs pour essayer à faire comme les autres; et là faisoit son jeu d'essay, qui estoit assez rudement commencé; car il avoit affaire à ung des plus appcrts. et duyts chevaliers de guerre qui fïist au monde. Toutesfois, je ne sais comment ce fut, ou si Dieu vouloit luy en donner louenge, ou si messire Claude de Vauldray prist plaisir avecques luy, mais il ne se trouva homme dans tout le combat, tant à cheval comme à pied, qui fist mieulx ne si bien que luy; et îde ce, les dames de Lyon luy en donnkf^t le los; cari comme desjà ^

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