PROLOGUE DES OGDOÂDËS
DE )fE5$IRE GUILLAUME PU BEL^AT, $£IQ]$£pi( D|; Li|«jÇ|}.
De la perte desquelles ne reste qua les trois livres qui
«osuy vent, avec quelques fragmeos espars en «si
œuvre ; et les EpUoines de I antiquité des
Gaules, qui sont iojpriiuéjes à p^\.
A tort se plaignent .^ujoyrd'hjuy les historiei^s françoys, et regrettent sans raison la fortiineejt condition des temp^ passes ; comme si> pour avoir esté tleuriss^tje en faicts vertueux ef, recomEnandables, elle vMsi , par ^ndapcc de m^^tière, induits et conui;^ contraints les nobles let renommés bistoriens passée ^ exciter leurs esprits en stile, et par escripts magniiier et consacrer leurs noms à perpétuelle m.éQ¥>ire, et qu'au temps présent ils ne trouvassent à ce f^ire un aiguillon semblable- L^ur |;)onneur sauve, U semble que s'ils vopHoiei)^ considérer et bien peser les cboaes qm çeulemept depuis cent ans sont advenues en ce royaume, iiz cognQistroient clairement que )es escrivainsont plus di'flailly à la matière, que la matière k eux; et que jj| eust peu un diligent et bon bii^torien, sans rien toucher ne de superlVti ne d'inuiii/?, plu§ mettre en lumière de livres ^i décadrés que TitfL' Live ou Troge Pompée ne (irpnt en si long teippSj lesquels, s'ils eussent escrit aussi eri^emept et sans artifice qu'aucunes fo\ s oqt fait a'u^ 4e France, sans insérer ne débatre |os c^^es <^f motifs des choses dont ils escrivpient, et sans déduire les délibérations sur ce prises en conseil, avec les concionset oraisons tant militaires que politiques, démonstratives que dilibérar tives, peu de plaisir auroit-on à lire leur histoire, et ne sembleroieni les choses si grandes
Qu'elles fp^t , qui saut ti^^ijvé^ telles, poqr i|i» ennoblies et «nricUies dfi l'ejif^llînce ei ûû{Qlarité du stile, avecqt^ ré|égfnt|s distrilsUjoi de la matière subjecte : si qu'à lion droit Alexaadre-lc-GraD(} jugea estre l'i^e des plus grande? et priûcip^lei^ félicitées d'Aji:hil[esd'avpirtxonvé Homèrje tel et si noble récijtatcfy ^e ^ proqe?^ Et cer te? si on ip/e confes^ Ifi ^d^tni\(^ $^^ (toire estre 1^ vraye et diligentp e^ppsiljoa <•» choses fixités, j'ei) fetireray q)u'il ne suflfsl 4»»; quand on voii^ra escrire l'histoire : -Ciiçy fiil 0^ celafut fai^- ^ps remQnslrercon)iP^t,parf|ii par quel moyen, à quel tillre ei à quel fin. J'<fCcorderay bien pour le présent que quekju'nç ^yt fidèlement et véritablement escrit, de «rapière que son labeur se puisse dire vrajp o*f" rf tipn des chosrs ; poais je 4eaîan4)e|arafP9"J|f consiste cejle diligence qt^i, par la çoufe^ ot liaitipn. est nécessaire, pn mp dirji qp'epan^ et en narration (}es choses pim pp^/^*^ ^ fontinuée.
Ci aucuns doncqup^ veu^ept gnj^r cfsl wve pr<)sécutif ou coiitinu, je vuei( que preoiièrefneni Us propp^jènt ce doijit ils veulepi parler. Si d^ap'pQiptemens m sHippces, fault réciter les causes finales et in^ucli ves, et qui ont a ce iBea les parties ; fault insérer de l'une et de l'autre les remontrances, griefc, dé))àts, capitulation» et traiciés ; et si de guerre, feult qu'ils me dieflt
p^ôLOdute.
k ^Mte cftâsé ëi |)ok (jnéllé oëcàsi'dii elle s'^d i^m; fiffli réciter fe quorWl^é dcbatiios, (es {Mtrfemetr^, les defflanfceà, les at)areils et efatreprisès, élecatîoiiS, rtlëyens et condailescTicellô; mèî<rc têk bafaïKës en ordre, représenter tfffûcttotfe,(ëconflit,Pexécatroriderârtïllerie, lètrafct tfeS haqQ^btlilèrs, archierS et arbalestfiers, pDuiiTis ât pîcqties, èhôcs d'hortmies d'armei, henrtîi de chevatrt, èoups d'es|)ée, cba- I^ de thfls^, haches et hàtebàf-deé ; Pèftrof dé^ vaincue, h)tit)té, foyfe et désolation tflcMix; Je tnetty hardiesse et poiifsûyfë deS victorieux: jiéilde^ à (^àelqué fo^s râconid* non-sôule- BWnt te niàûtiien de Fntife ou dé T^ali-e armée, ïDàli ce ((tiè cbacuti de son ëôstc aura |)articuliîreihetlt dft el fait. Par tous ces poîticià, fault pif*tti\ir à téffet et à Tâirénttire de F isàue. Cestè atenttifè finit éncbres ipéclHei^ par itioult dé cîrfeon^inces: àscavoirest, ^i par vertu ou par ndatilffîe de geils, et pa^ diligertce, prudence et bbùne cdnfdditte d'une part, éi par mauvais ordit ei o^g^nce de Patître, s) pair témérité, dttitécilifdàiibé et précipitation des uhs , par ruse OQ dîsshnniâtfdil des aiitrek, et par i:*éht telles d6 HèèàAébié^ c\^con^ài\cH qtii erï Thistoire ne aotit I filesprl^r , àîns à driigemmeni observer ; eff fépf^îiittitt aftîftcietisemipnt tous lés mandfctifdl^, âothihatibh^ et responsés des uns aux aiffrég, àf eci^èé là majesté, audace, desdaîng, lA^lfâèiHeriî; tlihaidité, àens, astuce, malice ou tfà^^aà épfèil^ à^oiii esté portées, ouyes et rëjymflaijt; éi ce^e est la vrâyè diligence et li ftii oiéh j^o^ciitîf 4iii eh h^sioirë sont
• ttor èxcfffiîJfe, ce ti^éusi âsâéi eSf é à! Tife Lî vè éfit «chè là Victoire dés ROrtiàîns feohlre Per- 8ëhi;fef ée Hfàëëilotie, s'il ti'éust prémi^ tes oUHuMiii ei pfi^paràtib de la guerre; et cbm- 0fèdf ; ifHA iftjà Pefseus son Armée preste, et lél àmMhs esiaht encorès ssse^ mal es^uippés, L. MOrtîm, lé^àt rbmain, Tarliusa sdubs espérmce âé patti éi le felt condescendre à demander tdie fe<KiHe li-e^e; pendant laquelle les Romains; an Bifd de tfàîter là pait se préparèrent 9kiÉ itniHi ëf l là fih le deffirent, et réduirënt Ml rof iHiiM i ieui^ (^SSahce ; lAquHIe hisé cfe àsiiiéfe dtt l^gki fbihâin, comme aysint beducoop drminué de la gloire et réputation de Ist TfiEMîfè, Ibt fort blasnfée et réprouvée par les ftnrims et plus honorés pères et princes du seoatronuttSi qoi vonlotent obtenir les victoires,
nbri pdr malices, mais par vertu. Par cest exempî^ donijùos, lequel je mctâ en lieu d'une infinité d'àuires semblable^ qui àe pourroient accumuler, âparoiSt quel ordre et diligence sont requis en une histoire i et que là où ils ne sont gardés, posez ores que Thiàtorien, comme dit est, n'ayt rien tjue i-érîtablomcnt escrit, si ne méritera son œuvre, à mori jugement, le juste tiltre de nom d'hyStoire.
Que pleust à Dieu que par aucun qui bien le sceust et vbuluSt faire, en ensuyvant telle définition et règle, nous peussions venir descrils tant de faits d'armés, rencontres, batailles, assàuls et deffencés de villes et chasteaux, tant de Querelles, Iraîctés, apointemens et ambassades entréveues entre les princes depuis siuiementlécommencemeiit decestuy règne. Certes, les faits, comliien qu'ils soient d'eux inesmes si hâuls et magnifiques qu'ils peuvent assez nourrir et eslever une basse et aflamée oraison, si se monstreroieiît-ils au jugement des hommes assez phis dignes et recoinmandablcs qu'ils ne se monstrent; et lors pourroient les diligens estimateurs des choses juger et cognoistre par celle monstre que , si en France nous eussions eu un Tité Live, îl n'y eust, entre les histoires romaines, eiemple ou vertueux fait auquel nVussions un rèspondant. Car, ne desplaise aux autres nations (desquelles je ne vueil en rien diminuer la( réputation ), je n'en sache aucune en laquelle, ou plus souvent ou plus long-temps, se soit fortune monstrée amye ou ennemie alternativement; et proprement semble qu'en ceète seule nation franeoyse elle ayt voulu esp^ouver Tune et l'aulré sienhe puissance, pour à toutes autres donner exemple et mirouer, tant dé supporter en magnanimité et avecques force et cohstance les infortunes et aversités, comme de soy gouvemei* en prospérité, avecques modestie et âtrempance. Laquelle chose, comme ainsi elle sôit, à m6n avis a donné à plusieurs occasion de grande merveille, considérant que bien hlil ânS ou plus France a eu hruyt ei rêpbtàtioit, avaiit que nul,au moins qui soit à eétimeir, ayt mis la main à l'œuvre pour escrire tant de faits mémorables qui en'iccUe sont avenus.
Mais nos ancestres et fondateurs du royaume, naturellement (et comme par avanture alors estoit besoing) furent tousjours trop plus inclins à faire qu'à escrire; lequel vouloir certes