LIVRE L
vaut desquels alla le seigneur de la Trimouille et le seigneur de Sedan et plusieurs autres. Il ^ult retouruer au siège de Mésières.
Le premier jour d'octobre, ceux de Mésières, d'allégresse du secours qui leur estoit venu, commei^cèrent à tirer plus souvent qu'au précédent; les Impériaux, au contraire, commencèrent à faire toutes choses plus négligemment qu'ils n'a voient accoustumé, et à perdre l'espérance de prendre la yi{le, Toulesfoys, craignant que l'on pensast qu'Us fussent refroidis, ils envoyèrent un troo^pette aux ^issiégés, leur demander s'il y avoi^ hop^me qui youlsist entreprendre de donner un coup de lftnce,"et que, de leur costé, le comte d'Aiguemont ^e trouveroit prest en l'isle de Mésières. Le seigneur de Montmorency se présenu pour estre champion qui déli vreroit le comte 4' Aig^emont, asseurant de se trouver au lieu et heure ditle. Le seigneur de Lorges pensant estre chose Jionteuse qu'un homme d'armes françois Çust provoqué par un AltemaA, et qu'on laissast l'homme de pied françois comme n'estfiQt pareil à l'alleman, dem^pda aussi s't| y avoit homme qui voulsist combattre de la j^icque, et qu'il seroit le champion poiir l'atteindre; |e seigneur de Y^^udray, surnopimé le Bea'^y di^ c^mp impérial, soudain s'y présenta, l^e seigpeuf de l^onto^ojfency, à cheyal, la lance au poing, se trouvât sur les r^gs au lieu Qr4oi>né, el le Rigueur de Lorges, la pi^ueau poii^; les<|ueU trouvèrent leurs ({eux ch^^mpions. Is seigneur de Montmorency et le âomt^ d' Aiguemqnt coururent ; le çeigneur de Montmorency attaignit au corps de cuirasse du comte d'Aiguemont, et le faulça, et rompit sa lance san^ luy faire autre dommage ; (e comte d'Aiguemont,, par la faulte de son cheval ou autrement, ne toucha point, ou bien peu. Les seigneurs de Lorges et de Yaùdray donnèfent les coiips de picquea ordonnés, sans gaigoer advantagel'un surt'autre. Ce faict, . chacun se retira en son lieu. Lie jour subséquent. Grand Jeajfi le Picart, yieil soldat, nourry de tout temps au service du roy aux guerres d'Italie» ^ub^ la charge de MoIaf$, «t^is natif de la Franche-Comté, lequel s'f stoit retiré au service de l'empereur depuis pe^ de temps, pour €9fiten4r^ quels vivrez ^stoie^t 4^daps la ville, envoya par u{k ^^urin dep^d^r 4u seigneur de Lorges lu^e ()eutei)lée de yiu, ^ ^jgae de
kt le« SttJ/sse^ ou estpit le roy, w fie- j^ l^^r ^nmfm flP»9i«»»ûff. l4 Wgpeur de
Lorges luy en envoya deux, Tune pleine de vin vieil, Vautre pleine de vin nouveau ; et feit mener ledit tabourin en une* cave où il y avoit grand nombre de vaisseaux, mais la pluspart remplis d'eaue, pour luy faire entendre qu'ils en avoient abondance; mais, pour la vérité, il n'y en estoit entré que trois charriots pour leurs secours, qu'avqit amené ledit seigneur de Lorges.
Le comte de Nansau se voyant hors d'espérance de pouvoir affamer la ville, et encores plus de la forcer, attendu le renfort qui estoit entré dedans, et Tarmée du roy si preste qu'elle estoit pour secourir les assiégés, et son armée laquelle desjà commençoit à se ruiner par le long-temps qu'il y avoit qu'elle tenoit la campagne, délibéra de faire sa retraitte. Et pour cest effect feit mettre la plus grande part de sa grosse artillerie sur la Meuse, pour la conduire à Namur, ville de l'obéissance impériale, afin que plus aisément il peut faire sa retraitte. Ayant mis cest ordre, leva son camp, et afin de n'estre suivy ny empescbé print son chemin le long des bois, tirant le chemin de Montcomet en Ardennes, de Maubert-Fontaine et d'Aubenton, pour aller droict à Vervin et à Guise; et partout faisoit mettre le feu. Le roy, adverty dudit deslogement et du chemin que tenoit l'ennemy, délibéra de luy couper chemin autour de Guise, et là le combattre. Et pour cest effect, manda à toute son armée qu'ls eussent à prendre ledit chemin, et envoya bon nombre de gendarmerie pour costoyer l'ennemy, et le garder de s'escarter au dommage du pays. L'ennemy, qui avoit délibéré de prendre le chemin de Guise, estant adverty que monsieur de Vendosme, qui estoit campé à Fervacques, abbaye où sourt la rivière de Somme, avoit envoyé Nicolas, seigneur de Mouy, son lieutenant de cent hommes d'armes, et avecques luy le seigneur d'Estrée, ayant charge de cinq cens hommes d'armes, le seigneur de Longueval et le sei-gneur de Roumesnil avec pareille charge, délibérés de garder ladite place de Guise, et le mareschal de Chabannes, avec deux cens hommes d'armes,* à Vervin, pour donner empeschement à l'ennemy, changea d'opinion. Et après avoir mis à sac la villette d'Aubenton, ils meirent au fil de l'espée toutes gens indifféremment, de tous sexes et de tous âges, avecques une cruauté insigne ; et de là sont venues
depuis les grandes cruautés qui ont esté aux guerres trente ans après. Aussi, après bruslé et desmoly ladite ville, prindrentle min d'Estrée, au pont sur la rivière (ffl laissant Vervin à la main gaudie.
Le roy, estant arrivé à Guise a Suisses, feit assembler son armée à Fei partant de là, alla loger au mont Sainct^ en une abbaye au dessoubs de Beaure croist la rivière de l'Escaut. Audit licoi vacques, le roy, pour rémunération de du sieur Bayart, hiydonqa centb mes en chef, et l'honora de son ordre de Michel. Ce pendant que ceste retnÉte nemys se faisoit, et avant que nostrecMpI assemblé, le comte de Sainct-Polmaréa ques ses bandes, et quelque geoda remettre Mouzon entre les mains du rofJ arrivé à trois lieues près, le bastard de qui estoit demouré chef dedans ledit ne sentant la ville assez forte cootieaB se retira par la porte de Bourgoognel' qui n'est qu'à une lieue de là, mettMl! en la ville ; mais le capitaine la Gi estoit un des capitaines qui estoieot quand elle fut rendue aux ennemis, guet et diligence, que, sortant l'enûeraf porte, entra par l'autre, et sauva la vi et massacra quelques boute-feux qui demourés derrière ; de quoy le comte de Pol adverty y envoya bonne garnison garde, et se retira au camp, qu'il vint à Fervacques.
Ce pendant que les affaires de Champagne estoient en l'estat qu'avez l'amiral de Bonnivet, ayant prins congé pour son voyage de Navarre, avecqnei cens hommes d'armes, et nombre de pied que j'ay nommés cy-devant, sur septembre arriva à Sainct-Jean-de-I^ lieu dépescha le seigneur de Sain deux mille cinq cens lansquenets, charge le capitaine Brandecque, et liers, toutesfoys soubs l'authoritéde de Guise, avecques mille Gascons, Ri Basques, pour aller assaillir la viDcde Puis, ayant séjourné quatre jours andit Sainct-Jean, envoya sommer lechasteau gnan, assis sur la montagne de Roncevi' quel estant refusant de se rendre, moi gneur Tamiral y feit mener quelques
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