‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 238 sur 428 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

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ris, 8*cstonnèrent ; de sorte que voy ans ce qu'ils tfavoicDt jamais expérimenté, contraignirent le seigneur de Montmort de demander compositios. Et pour cest effect • y fut envoyé un trompette pour obtenir du comte qu'il eust à superséder la batterie, cependant qu'ils pourroienl venir à quelque bon accord , chose qui De fut accordée audit trompette. Par quoy le seigneur de Montmort et celuy de Lassigny y allèrent en personne, et y feirent composition telle que chaque homme d'armes s'en iroit sur un courtault et sans armes, et les archers et gens de pied sans armes et à pied, un baston en la main; chose qui fiit trouvée mauvaise par le roy , attendu qu'ils s'estoient faicts forts de bien garder la place , et aussi que les deux lieutenans du roy estoient ensemble sortis au camp de l'ennemy pour parlementer ; chose non usitée parmy les hommes qui font profession des armes.

Tdlehi la composition de Mouzon, qui donna on merveilleux cueur à l'ennemy, estimant fiiire le semblable aux autres places ; mais ib forent deceus de leur folle opinion; car aya^t laissé le bastard de Nansau à la garde dudil Moozon , prist son chemin pour aller ^siéger Mésières, où il trouva le seigneur de Bayart, homme expérimenté et sans peur, lequel le roy y avoit envoyé son lieutenant général. Aussi, peu de jours après, y entra messirc Anne, seigneur de Montmorency, jeune hooune de grand cueur, désirant donner à cogWMstre à son maistre l'envie qu'il avoit de luy ^aire service ; lequel amena avecques luy beaucoup de jeunesse de la cour, gens de bonne volonté, et, entre autres, Claude, seigneur d'Anû*arfl, le seigneur de Lucé, le seigneur de ^iBedair, et plusieurs autres ; chose qui donna grande atturancc aux soldats qui estoient de- <lans. Atcc ledit Bayart y avoit la compagnie àe cent hommes d'armes du duc Antoine de i^naine, de laquelle compagnie estoit ledit ^yart lieutenant ; et la compagnie du seigneur d'Orval, gouverneur de Champagne, de pareil nombre de gens de pied; l'escuyer Boucal, surnommé du Rcffùge, avec mille hommes de PW; et le baron de Montmoreau pareille ckarge. Mais, estans les pièces en batterie, les gens dudit Montmoreau, comme gens non expmmentés, entrèrent en tel effroy que, malgré feurtcapitaines, s'enfuirent, les unspar lapojrte, XYl' siicLE, Chron. et Mém.

les autres se jettèrent par dessus les murailles* Mais ledit seigneur de Bayart feit entendre aux autres soldats qu'il estoit bien ayse de ladite fuitte, parce qu'estans tant de gens à la garde .de ladite ville, ils ne eussent point eu d'honneur ny de réputation de soustenir l'effort de l'ennemy. Arrivé que fut le comte de Nansau près Mésières, envoya devers les chefs et capitaines un trompette pour les sommer de rendre la ville à l'empereur ; auquel trompette fut respondu par le seigneur de Bayart que, devant que l'ouïr parler de sortir hors de la ville de laquelle il avoit la charge, il espéroit faire un pont des corps morts de ses ennemys, par dessus lequel il pourroit sortir. L'asseurance dudit seigneur de Bayart donnnoit grand cueur aux soldats.

Il me semble n'estre pas mal à propos de descrire l'assiette de la ville de Mésières. La rivière de Meuse, venant de Mouzon et de Sedan, vient passer le long des murailles de la ville ; puis, faisant un arc et circuit d'environ une lieue de longueur, retournant tout court, revient passer à Ouarq, petite villette; puis revient passer de l'autre costé de ladite ville, le long des murailles ; de sorte que c'est une isle formée de la rivière, où n'y a qu'une entrée par terre, comme un Péloponnèse. Et est l'entrée où est la porte qui se nomme de Bourgongne, du costé des Ardennes, laquelle entrée est fermée de la ville, et n'y a qu'environ deux cens toises de mur pour clorre ladite ville; puis la rivière, ayant fermé la ville, s'en va contrebas à Chasteauregnault, Dinan, Namur et Liège, puis se va descharger dedans le Rhin. Le comte de Nansau ayant eu rapport de son trompette, asseit son camp du costé devers la porte qui tire aux Ardennes; aux autres lieux il eust eu la rivière entre deux. Ce faict, asseit son artillerie pour faire deux batteries tout en un temps, lesquelles trois jours durant n'eurent cesse ; puis par après feit sa batterie plus lentement, cognoissant qu'il avoit affaire à autres gens que ceux qu'il avoit trouvés à Mouzon, et qu'ils n' estoient aisés à estonner; mesmes, de jour à autre, les assiégés faisoient des saillies sur le camp de l'ennemy, d'où le plus souvent ils rapportoient et l'honneur et le prouffit, et durèrent en cest estât l'espace d'un mois. Le roy cependant estoit à Dijon attendant le renfort de son armée; lequel, estant adverty par les ducs de Bourbon et de Vendosme

que le renfort qu*ils avoleht charge de \tkj amener estolt prest, partit pour prendre le chemin de Troye en Champagne, et manda auxdict« seigneurs le lieu où iU se dévoient assembler \ car il ne feîsoil doubte qu'encores que Mésières fust bien munie de Ikmis capitaines et de bons soldats, toutesloys les vivres qui, au premier bruit de la guerre, y avoient esté mis n'estoient pour suffire long-temps au nombre d'hommes qui estoient dedans. A ceste occasion manda haster d*as$embler son armée, et cependant envoya quelquenombre d'hommes d'armesdedans " les villes qui sont au long de la rivière d'Aisne, pour faire teste à l'ennemy et faveur aux assiégés, et adssl pour empescher le plat pays d'estre eouru. Ert ce lieu se fWrent de belles entreprises, et, entre autres une, laquelle je vous descriray; qui est la première rencontre que les nostres ont eue contre Tennemy depuis le commencement des guerres de l'empereur et du roy. En un village qui est entre Attigny et Mésières, le comte de RÎfoureet, Alieman, partit de Mésières avec quatre-vingts ou cent chevaux esleus en tout le camp in^rial, et deux cens hommes de pied, powr venir piller ledit village, estimant la puissance êes François estre abolie ; et ayant pillé ledit village, ne trouvant nulle résistance, courut tout te comté de Relelois(ce qui est entre la rivière de Meuse et la rivière d*Aisne), et assemMa lout le butin du pays. Mais estant sur sa retraitte, François de SiUy^ bailUf de Caen, Ueutenant du duc d'Alançon, et autres, estoiem de fortune arrivés en la ville de Retel, lesquels, oyans Pakrme par tes paysans qui fiiyoient les emiemvs, feirent remonter soudain leur compagnie à cheval, et soubs la conduite des paysans qui avoient esté pillés, prindrent leur chc*nfm par les h6\s de Retelois pour coupper chemin aux ennemys chargés de butin, ay ans jette dteram eux quelques avant-coareurs pour amuser Temiemy , cependant qu'ib les sui^ virem au petit trot. Le comte de Rilourcet, lequel n'espéf'oit tro«ve^ Fennemy en campagne, • ayant l'alarme, feit soodaiïi, au son de la trompette, rassembfer ses ^ns escartés çà et là; puis voyans nos coureurs en petit nombre, n'estimaœ qu'ils fussent suivis, se mirent à marcher lentement pour attirer lesdits coureurs et les deffaire. Mais après avoir descouvert latrouppe, qui estoit environ de quatre-vingts hommes

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d'armes,feirentunbataillondecequ'ilsavoient, [ ennemys, feirent telle diligence qa'ils

tatit gens de cheval q^ de pied, i^ soostii vigoureusement la charge qui lear fm par les François ; de sorte que la victoire doubteuse. Mais enfin, Iagendar»erie (qui ne se laissé comparer à autre natioD)! feIt ime dernière charge, de telle ferie rompirent tous leurs rangs. Le comte, le desastre tourner sur luy , se meit à iii travers des bois ; lequel estant appercw) ques-uns des nostres, fût stiivy et prisi la Ibrest où il estoit caché. Le r«te rt sauvé dedans les bois, fut suivy pat b| qui avoient esté piMés, qui le^ saccagffetf I ou la pluspart ; de sorte qu'il ne s'en swvi( cinq ou six , auxquels les gens d*armaî hi vie, qui. furent menés à Reims pris avecques ledit comte.

Cepen(fent ceux qui estoient dcdatel ayans tenu mi mois, cofUmenièrenl i faulte de toutes choses, et mesmes Sï à cause des maladies de flux de yfsin^i toient mises dedans la ville; de sefteffli estoit malaisé qu'ils foumisçent aBX| leur convenoit faire, pour la grande que les emiemys avoient feicte dfpmthj qui faict te ceifig devers le costé ti ques à la tour Jolie, et depuis la tow Je ques à la porte de Bourgengne. T( puis que le duc d'Alançon vint loger àl et les gens de pied du comte de Sain pont Favergy, et la gendarmerie à Chasteau en Portien, ils ne furent si à l'occasion que le seigneur Fraôcisqi estoit logé deçà l'eaue, duquel ils»toie tourmentés à coups d'artillerie, craigM^ voir une camisade, estoit reposé Teane, toit logé au camp du comte de ^^^\ voyant, le seigneur de Bayart etM( assemblèrent les capitaines pour avotf i ce qu'ils avoient à faire ; où, après tei débatues, fut eonchi que, puisque le] toit ouvert du costé où estoit le camp< cisque, il estoit raisonnable d'Mlv^' Testât de la place, et des choses q^j nécessaires, et le moyen qu'il y avoit^^ secourir. Pour cest effect fiit esleo lei de Maubuisson, gentilhomme de la seigneur de Montmorency, et BrigniCt d'armes de la compagnie du seignf«^ lesquels, ayans la nuict passé par la

le roy & Troye en Champagne, auquel t entendre bien par le menu Testât de de Mésières, et le besoing qu'ils avoient it d'hommes. Le roy Tayant entendu, pour leur faire entendre que de leur donneroit secours; et quand et pour exécuter sa j)romesse, partit à joomées pour se retirer à Reims, où le trouver la pluspart de ses capitaines, déKbérer du faict de sa guerre ; et entre le dctc d'Alançon, le seigneur d'Orval, de Cbabannes, qui revenoit de où il s'estoit trouvé avecques le chan- 4ilPrat et les députés de l'empereur et du , pensant, comme j'ay dit cyettâi4re le feu allumé entre ces deux prioeœ. Aussi ti'y trouva le mareschal par le conseil duquel la plas lift des choses se condqisoien^ ; le sei- ^Telligny, séneschal de Rouergue; le GaKot, seigneur d'Apchié, séneschal et grand-maistre de rartillerie de Le leQdemain s'y trouva le comte de capitaine général de six mille homqoi estotentaù pont Favergy , quatre de Reims, auquel le roy commanda drouver le lendemain ses bandes miikidit pont Favergy et Reims; ctiose eiécutée. Ce faict, ledit comte se retira logis, auquel ayant refreschy ses gens cinq heures, partit pour aller à Attises bandes, qui est sur la rivière k huict lieues près de Mésières, où, esvé au poinct du jour, feit séjourner ses ik la nuict, qu'il feit partir le seiik Lorges avecques les mille hommes il avoit la charge, et quelque charroy neutres amonitions ; et leur bailla pour cens hommes d'armes conduits de Telligny, que le roy "avoit parescbal de son camp, et par le baillif fieutenant de monsieur d'Alançpn; et 1^ reste tant des geas de pied que 4e cheval, marcha pour se soustenir k 4cax> lieuee près de I^ésières. La gen- , laqaeHe avoit conduit ledit seigneur en fleureté dedans Mésières avecques OKiQitions estant de retour, se recomte avecqw7s toute sa trouppe à ytfle sur la rivière d'Aisne. Cependant

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