‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 246 sur 428 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

pont qm se &ifloH^ dépcscha dôme mille ïts et quaine mille cbevaox poar nous le passage : mais estans partis un peet arrivans sur la rivière-, trouvèrent eonitede Sain(;t-Pol en bataille dedans ;delàl>aae,de leurcosté, vers Valan- ; et le roy, avecques toutes ses fiwrces, en grande diligence passoit. N'osans monsieur de Sainct-Pol, pour estre en" et avantageux, délibérèreilt leur re- ;mais, avant qu'ils eussent loisir de ce , Ittiovèrent fa vaut-garde et la bataille du , où il pouvoit avoir le nombre de tlseize cens hommes d'armes et vin^-six de pied, avec les chevaux légers, t, ï cause d'tm brouillard qui se leva, foiiûi bien aisément recognoistre le fa gens de l'ennemy r aucuns de Fa-

foire cognoiâtre le désir qu ils avotent de luy faire service ; d'autant que, depuis la journée de Marignan , et qu'ils avoient faiet alliance avecques luy, ils ne s'étoient trouvés en armée à sa soukie, tinon quand Téâipereur Maxhmlian vint devant Milan ; mais encore* n'estolt alors leur alliance bien confirmée. La nuict venue, sans autre chose faire (hormis quelques coureurs qui donnèrent devant Valanciennes), le roy se logea avecques son armée le long de rivière, près du lieu où il avoit passé; puis, le lendemain envoya monsieur de Bourbon devant Bouchin , laquelle ville se rendit à luy. Aussi envoya monsieur de Vewtosme avecques l'arrière-garde à Sommain, près de la jivière àêé Carpes, laquelle vient de Doory, et va tomftef dedans l'Escaut à Fabbaye de la Vicongne, entre Valanciennes et Sahict- Amand ; laquelle ri^-

ae furent d'opinion de les chaîner ; . vière des Carpes avions délibéré de passer à

•abl>«Te de MarcWennes, pour aller secourir Tourna jr. Pendant ce temps, arrirèrent les ambassadeurs du roy d'Angleterre, qui estoient le millor chamberlandet le grand pricorde Sainct- Jean, pour traitter la paix des deux princes ; lesquels tant travaillèrent qti'H fat aecordé que l'empereur retireroit son armée de devant Tournay, la laissant en liberté ; aussi retireroit Farmée qti'il avoit auduchéde Milan et autres pays; et le roy feroit le sembiable : et 9'ïl y avoit quelque place en différend, le jugement en serdt mis sur le roy d'Angleterre.

Les ckwses estans amsi accordées fiitttît Causes que le roy rompit son entreprise de poumiivrè sa fortune, et que tout chacun pensolt la paix estre faicte. Mais^ sur ces cntrefaictes, vîndrent nouvelles que Famiral de Bonnîvet avoît pt\g Fontafabie, ville de Biscaye, appartenante i Fempereùr , au moyen de quoy ledit emperctir ne voulut jttrer lesdits traittés, qtie Fontarabie ne fust rendue ; par qtroy tout ce qui avoit est^ traitté, attendu que le roy ne la roolut rendre, fiit déclaré nul, et la guerre comme devant. Or est-il que pendant que nous séjoumasmes chl^ ou six jours en ce pays d'Aostrevamt, entre bt rivière de FEscaut et celle des Carpes, les pluieà vmdrent si grandes qu'il n'y avoit ordre âe passer les rivières. A ceste ca«se fat ordonné de faire visiter ledit passage de Marchiennes, ofr le roy avoit délibéré de passer ; et pour cest effect y fut envoyé le seigneur de Montmorency; lequel ayant rapporté estre îffipossâMe, pour lef

^«gnoissana qu'il y avoit sept ou huict des ennemys qui couvroient la ^ fa gens de pied, furent d'advis, aveccens hommes d'armes, de charger de cheval ; car, les rompans ou dedans leursdits gens de pied, on r«avotr h contenance qu'ils feroient :

k Seigneur de la Trimouille feit offre lite charge avecques sa compagnie de (d'armes et les guidons de Favant- |anm fist le mareschal de Chabannes :

&iet, Fempereùr de ce jour là eusC et cbevatice. Mais par aucuns \nt hwt trouvé bon ; par quoy Fennemy , tPoi« lieues de retrattte et toute frfaine % à peu de peine se retira , et ne pertetraitte homme de nom que le baset quelque peu de gens de cheval, pris prisonniers. Leur retraitte fat à auquel lien estoit Fempereùr e»

r, que la nuict il se retira eii Flan- FMAt chevaux, laissant totit le reste Et ce jour là Dieu nous avoit eanemysentre les mains, que nous ne aecepter, chose qui depuis nous ; car qui refase eeque Dieu présente fertooe, par après ne revient quand

ce temps, farrière-garde estoit pasfestoît le roy, armet en teste, devant le de ses Suisses, lesquels sans cesse luy de donner la bataille, pour luy

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crues des rivières, fut conclu se retirer auhault pays d'Artois, et aller passer la rivière qui vient de Vy en Artois,, et des étangs d'Oisy , et vient tomber dedans l'Escaut près de Bouchin, à un passage nommé l'Escluse, deux lieues près de Douay. Et estoit la veille de la Toussaincts, audit an 1521.

L'avant-garde et bataille passèrent dès le soir, et une partie de Tarrière-garde ; mais, vers le soleil couché, les ponts qui estoient sur la chaussée se rompirent, et y tomba quelque cbarroy, que mal aisément on pouvoit relever à cause du marais ; de sorte que le reste de Tarrièregarde fut contraint déloger delà l'eaue, devers Douay et Yalanciennes, au lieu que Tavant-garde et la bataille ne l'eussent pu secourir. Au poinct du jour, qui fut jour de Toussaincts, il sortit de Douay bon nombre de gens à cheval et de pied, tant des ordonnances des bas pays de l'empereur que Clévois, pour nous venir recognoistre. Mais nostre cavallerie, que menoient le comte de Brienne et le seigneur de Mouy, avecques les autres capitaines, ayans deux mille hommes de pied sur leurs aisles, tindrent si bonne contenance, qu'il ne fut jamais en la puissance des ennemysde recognoistre le désordre qu'il y avoit sur ladite chaussée à passer le bagage ; car s'ils en eussent eu la cognoissance, et que leurs forces qui estoient tant à Douay qu'à Yalanciennes, fussent sorties, ik eussent taillé en pièces tout ce qui estoit demouré delà de l'eaue.

Après que tout le bagage fut passé (qui estoit sur le midy), l'arrière-garde passa pour suivre la bataille, laissant au bout de la chaussée bon nombre d'arquebouziers et de picquiers pour soustenir l'effort de l'ennemy, s'ils eust voulu donner sur la queue, ce qu'il ne feit. Estant donc nostre armée remise ensemble en la plaine d'Artois, arrivèrent nouvelles que dedans Hesdin il n'y avoit aucuns gens de guerre» et caeut l'advertissement monsieur de Yendosme,et que le lendemain se devoit faire une grande assemblée audit lieu de Hesdin pour faire les nopces de la fille du receveur général d'Artois , soubs opinion que nostre armée fust encores delà l'eaue. Par quoy le roy conclut d'y envoyer en extrême diligence monsieur de Bourbon avecques la trouppe qu'il avoit amenée, et monsieur de Yendosme avecques, son arrière-garde, et le comte de Sainct-Pol avecques les six mille hommes desquels il avoit la charge. Lesquels partans d'An-

dinfer , qui est à trois lieues d' Arras, encoresip les pluyes fussent continuelles, feirent tettedl gence que ceux de Hesdin, devant qoHIsscev sent le partement de nostre année, la vini devant leurs portes. La ville soudain iiit laquelle, après avoir enduré quarante oa quante coups de canon, fut emportée d' et y fut trouvé un merveilleux butin, car estoit fort marchande, parce que de t cicnneté les ducs de Bourgongne y avoieet leur demeure principale.

Madame Du Reu, et le seigneur de qui se nommoit Succre, estans en ladite se retirèreni dedans le chasteau, oa, aprèsa' veu l'artillerie en batterie, capitulèrent, en que ladite dame et ceux qui estoient de k nison ordinaire dudit chasteau sortiroieDtiia ques leurs bagues sauves ; mais ceoxdekiÉ qui s'estoient retirés audit chasteau deoMli rent prisonniers ; et fut conduitte ladite (W en seureté où bon luy sembla. PendifltfWJMI sieur de Bourbon et monsieur de Ttttedl| soient les approches dudit chasteau, Wiei mis à la ville par quelques saqueâ)ens;qrii^ grand dommage, car, devant qu'on eust veu à l'esteindre, il fut bruslé une partie ville, et beaucoup de richesses. Tantost ladite prise de Hesdin, tous les petits des environs, comme Renty, Bailleuii et autres petites places, se mirent en F du roy. Au partir que feit mondit sei Bourbon d'Andinfer, le roy, avecques k de l'armée, s'estoit retiré par Dourian a Par quoy se retirèrent audit lieujno Bourbon et monsieur de Yendosme, après pourveu audit chasteau de Hesdin de du Biez pour gouverneur, qui pour Ion lieutenant du seigneur de Pontdormy, Pontdormy estoit en Italie. Et luy furent trente hommes d'armes et deux cem payes pour la garde dudit cbasteau; e( la ville furent laissés mille hommes de quels avoit la charge le seigneur de quel Hutin de Mailly estoit lieutenafllv cens, et la Barre- aussi lieutenant de cia(

Arrivé que fut monsieur de Bouri)on à le roy ordonna de séparer son armée; et plus grande part des gentilshommes qui mené la cavalerie de monsieur de donna charge à chacun de vingt-cinq I d'arme§, et à quelques uns de monsicurde

pmûit; pireUie charge de ceux de monsieur de Bonritt an comte de Dammartin, qui avoit floolinvillier, au vicomte deTuremie, au ide Lavedan, à d'Escars seigneur de la uauseigneurde Listenay, au seigneur m d'Auvergne. De ceux qu'avoit moBsieor deVendosme, le roy donna au iBrienne etauseigneur de Humièrespaide vingt-cinq hommes; puis licentia l^vaée, laissant tant seulement deux mille Ifenà Atd)eviUe, donnant congé au demoulÀct^Kinûssant ses places ainsi qu'il s'ensuit. iPMdoDgDe,k seigneur de la Fayette, gou ver-

t,V{ant charge de cinquante hommes d'ar- ,eik sdgDear de Rochebaron avecques Jhgjcinq honmes d'armes ; à Thérouenne, le iitatl deMorcol, seigneur du Fresnoy , gou ver- Éndadit ieo, avec cinquante hommes d'ar- Wfettniede Dammartin, le seigneur de Lis- Mi)^ ttk leigneur de la Yauguyon, avecques (■yedevÎQgt-cinq hommes d'armes chacun.

iMf'iar-Somme, fut mis le vicomte de Lavevingt-einq hommes d'armes ; à MonirdeTelligny,séneschaldeRouer- (sa compagnie; à Dourlan, lacomtllBOitteigneur de Yendosme ; à Corbie, iJMDsiear de Sainct-Pol ; à Péronne, ird'Humières; àSainct-Quentin, JBOosiear le mareschal de Chabannes; eefle de monseigneur de Guise et de de Brienne; et à Yervin, la com- ! monseigneur de Brenne. Après avoir avisions dessusdites, le roy se retira pour pourvoir au reste de son anquei lieu estant environ Noël, ayant tde la nécessité où estoient les assiégés r, et ne voyant y avoir ordre de les Fîncommodité de Thy ver, manda deChamperoux, qui estoit dedans général, de trouver moyen de rtieegœs la plus honorable composipomroit faire ; ce qu'il fit ; et sortit ses bagues sauves, enseignes desfittaboorins sonnans, et fut conduit en à Dourlan. Les citadins qui vouen ladite ville furent tenus en pareillement ceux qui voulurent part françoise faire le peurent.

que se faisoient par deçà les choavez entendu, l'Italie n'estoit en

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