DEUXIESME LITRE
Les années du pape et de Tempereur, conduittes par Prospère Colonne, chassent, sous le nom de Francisque Sforce, les François de la pïuspart du pays milanois, en estant gouverneur monsieur deLautrec. Leroy luy envoyé secours, qui fut inutile par faulte de solde, dont s'ensuy vit la roupte de la Bicoque, la perdition du duché de Milan et de Gennes. Àdrianest c^éé pape par la mort de Léon. Charles de Bourbon prent leparty de Tempereur, ce qui rompit la délibération qu'avoit foicte le roy de passer les monts pour recouvrer Milan ; toutesfoys, en son lieu y envoyé monsieur de Bonnivet avec forte armée, qui y fut aussi ruinée par faulte d'argent et derefreschissement. Les Anglois et Bourguignons entrent cependant bien avant en Picardie, bruslent Montdidier et Roye. Les Espagnols reprennent Fontarabie. Le comte Guillaume de Fustemberg, avec armée de lansquenets, assault la Bourgongne, dont il est repoussé par monsieur de Guise. Charles de Bourbon et le marquis de Pesquaire assiègent Marseille et se retirent pour crainte d'une grande arméedu roy François avec laquelle il passe les monts, repreat Milan et plusieurs villes, puis assiège Pavie où se donna la battaille en laquelle il fut pris.
En ce temps, la ligue d'entre le pape Léon et rcmpereor estoit du tout jurée et confirmée, en laquelle entrèrent le seignçur Frédéric Gonzagoe, marquis de Mantoue, et les Florentins ; et par consentement avoient esleu pour chef de Mite ligue le seigneur Prospère Colonne, baron romain, lequel avoit estésurpris, comme avez entendu par le précédent livre, en l'an 1 5 1 5 , <Wans YiUefranche. Ledit de Gonzague, mar- TM de Mantoue, avoit esté nourry en sa jeunesse en la cour du roy Louis, douziesme de ce iiom; et le roy François, venant à la couronne, luy doûna cent hommes d'armes, desquels il feit lieutenant Tescuyer Boucar, nommé de Mage. Ledit Boucar voulut commander à Wite compagnie, disant que le marquis n'a- ^oii (pe le tillre et honneur, mais qu'à luy appancïMHid'y commander, et mesmes pourveut à renseigne et au guidon. Le marquis ^'^Hivacdademauvaisedigestion; toutesfoys, le dissimvk. Puis, quand il veit le temps que le P»pe et le roy cstoient en amitié, demanda ^^ an roy d'accepter du pape l'honneur <P'il loy offroit de le faire confanonnier de TEglise, chose que le roy luy accorda. Puis, voyant l'occasion qui se présenta, d'autant que k pape se déclara ennemy du roy, renvoya au ^T son ordre, et fut faict général de l'Église, l^'ttnpereur ordonna le seigneur Fer/and d'Ajalos, naarquis de Pesquaire, pour se venir Joindre aux dessusdits, avec les quatre cens^
honunes d'armes du royaume de Naples. Et en ce mesmes temps arriva le seigneur Hiéronyme Adome, lequel amena trois mille Espagnols nouvellement descendus. Tous lesquels, avecques leurs forces, s'assemblèrent à Boulongne la Grasse, où ils conclurent de marcher à Parme, laissans le marquis de Pesquaire avecques trois cens hommes d'armes et quelque nombre de gens de pied sur lés confins du Mantouan,» pour favoriser quatre mille lansquenets et deux mille Grisons qui venoient à leur service, craignans que les Vénitiens ne leur empescbasscnt le passage par leurs destroits.
Le seigneur de Lautrec, adverty que l'armée de l'empereur prenoit le éhemiu de Parme, y envoya le mareschal de Foix, son frère, avecques sa compagnie de cent bomtnes d'armes, et si peu d'hommes qu'il peut trouver promptement. Auquel lieu il trouva le seigneur Frédéric de Bozzolo avec deux mille hommes de pied italiens, et le seigneur du Pontdormy avec sa compagnie de cinquante lances, et les cent hommes d'armes escossoisestans soubs la charge du seigneur d'Aubigny , conduittepar le capitaine Lu- '^cas, son lieutenant; et la compagnie de Phi- * lippe Chabot, seigneur de Brion, de quarante hommes d'armes, conduitte par le capitaine Paris, gentilhomme de Dauphiné, son lieutenant, homme de bonne réputation ; celle du capitaine Louis d'Ars, de soixante hommes d'armes ; celle du comte Sainct-Pol, de trente hommes d'ar-
mes; et le seîgrteur Jean Hiéronyme de ChastiUoQ, et le comte Ludovic de bellejpyeufe, ayant charge de gens de pied italiens.
Lesennemys, partansde Rege,oàilsavoient iaict séjour de six sepmaines, marchèrent tous ensemble Jtisques à an torrent k six milles de Parme, le()uel sépare le dup)ié de Milan d'avec* c[ues le territoire de H^ge, qni est terre d'ÉgJise, sans courir les uns sur les autres. Les otmemys séjournèrept sur ledit torrent environ quinte jours ; au bout detditê quinze jours ils passèrent le tolèrent, et entrerai à main armée dedans les terres du duché de Milan , qui fut la déclaration de là guerre. Puis vint loger Tarmée de la ligue à mille et demy près de Parme, eQ un village appelle Sainct-Martin ( entre lequel Sainct-Martin et Parme y a une pfaine noounée la Ghiara, en laquelle les inondations sont grandes en temps pluvieux, mais en^emps sec n'y a que beau sablon , et est ladite Ghiara du costé de la citadelle), auquel se faisoient ordinairement des plus belles escarmouches qu'il est possible, tant à pied qu*à cheval; de ceste heure là furent inventées les arquebouses qu'on tiroit sUr une fourchette. Ayant esté le can^p de tennemy quelque temps à ladite Ghiara, le mercredy, jour de la décotation de Samt-Jean, firent leurs approches ^ la porte Saincte-Croix du costé de Milan , qui n'estoien t pour l'heure que le fauxbourg; le jeudy, jour ensuivant, ils battirent ladite porte et autres deffences ; le vendredy matin, mirent en batterie un grand nombre tant de canons que doubles canons, de quoy ils firent telle diligence, qu'à midy il y eut brèche de cinquante pas, à laquelle ils donnèrent trois assaulx, desquels ils furent repoussés, tant par la gendarn^rie que par les gens de pied.
Il fault entendre que du costé de la brèche il n*y a voit point de fossé, et ne valloit rien la muraille ; de sorte que la nuict ceux de dedans estans à leurs deffences, et ceux de dehors à la leur, les picques de ceux de dehors estoient veues par ceux de dedans, et celles de dedans, aussi par leurs ennemys, au droict de ladite brèche. Par quoy advint qu'il entra tel effroy panny nos gens de pied italiens , que la plus part passa par la brèche, et s'en alla rendre au Camp des ennemis ; tellement que de cinq ou ^ix mille Italiens n'endemoura pas deux mille ; mais les capitaines y feirent bien leur devoir. Monseigneur le mareschal, après avoir gardé
environ l'espace de quinze jours la basse ville, ayant eu Tadvfs des capitaines, fut conclu que la nuict elle seroit abandonnée, pour ne pouvoir plus endurer la fetigue du jour et de la nuict. A ces causes, )a puict du samedy, après avoir retiré dedans la ville toute l'artillerie, et antres choses qui leur pouvoient servir, une heirv avant le jour se retirèrent dedans la ville,ii^ •ans à la brèche uù capitaine de arquebodh qui estoit au seigneur Frédéric, Jusques à« qu'un chacun fiist retiré. Lequel capitaire, voyant qu'il estoit temps de faire sa retraittf, usa d'une grande ruse pour n'estre soivy; car à tous ses arquebousiers feit coupper un bout de leur corde allumée, et leur feit coucher ladite corde sur le rempart aux lieux où ils avoient accoustumé de hire leur garde, et par intervalles ; de sorte que nos ennemyi, pensans encores nos gens estre à leurs gardes accoustumées, n'en eurent cognoissance qu'il nefust une heure de jour. Par ce moyen ceux p esimt dedans eurent tout loisir de pourm ï \fW affaires.
Les ennemys, après avoir la cogneiaiapeede la retraitte de nos gens dedans la ville, paisèrent leur artillerie pir la brèche nieimes oiih avoient esté repousses^ et feirent leurs apfi»cbes de la ville en plain midy, car les maiiw du fauxbourg leur servoient de gabions; et» sirent leur artillerie da costé du pont, où il«i feirent grande brèche pour ce jour j »aii le capitaine Lucas y fut tué d'un coup de caDea. Fiaallement, les ennenays voyans robstinati» de ceux de la ville, et e«tans advertys que»* sieur de Lautrec approchoit avecques son 9mée, en laquelle estoiept vingt naille payes» Suisses, le lundy matin, après avoir tiré enoDres quelques coups de canon, retirèrçotleurJ'tillerie , et s'en fièrent à deux milta loing* Parme k tirant le chemin de Pau. Le sejgBfW de Lautrec, lequel, comme dit est, ««rc*w^ avecques les Suisses et sept ou ^ ^ hommes d'armes, et quelque banè^^î^ pied françois qu'il avoit levés par cy pu **• ^ l'armée des Vénitiens, qui estoient cinq c«w hommes d'armes à leur mode, et sept oo nui» mille hommes de pied, se mist à saine l'eDOCmy. Mais ils'arresta à battre un cbasteau nommé Roquebianque, où il fut deux ou trois jours avant que le prendre ; qui donna l(^ aux ennemys de reprendre leurs e^prita» w*
lis«î
LIVRÉ II
qn'ibfissèfent le Pan ; ce qu'ils n^enssent pas {ûct si ledit seigneur de Lautrec les eus! suivis ekMdement.
loraite, le s€%netir ée Latitree lyîanda le ■mchâl de Feli pMi^ se iren\t jokidr è àifetfKfloy à tout oe qu'il a volt d'hotnmes ; leqiïel ajfttt flbuM)opmé Farttie sans garde , peu de josrs après les babhatis se mirent entre les nuM Ât fêp^ Le matesehal de Foix vint puaerle ^u vis-à-via de Crémone, où il trouva Doitn imée. Estang les deux frères mifs ensaMe^ vinidrent log» h Bourdelène , k deux vàâm près du caihp ded eimemys, qui estoient legèsàAdiee pfès.un cbasteau appelle Pont- Wy, fppartenant atrx Vénitiens, à sept milles de Oémotie ; et est ledit Rebec sur un ruisseau (|uisépate le doebé de Milan du pays des Yénitioii. Lefttehasteau de Pont-Ivy est de là l« Tuisseao^fliftr toi kauh duquel on voyolt tout le eimpd^BtMre ennetoy ; et qui le fust aHé combine âoÉt lieu de Pont4vy, 6h il séjourna dan joon, et nostre camp autant audH Bour- Mèn, fieMft knpossiMe à nostre ennemy de se jMer ea bataille, qu'à coups d'artjHerie on oercni mis m désordre du cbasteau. On pensait ^troisième jour les aHer combattre, mais k larArké de nos ebefe lut cause de les faire pmire; car le jour que molMlit seigneur de Lautrte hs etpérolt alter combatre, ils deslogèrent ; I» ([loy ledit steur de Lautrec alla loger cedlt jwiràltefcee, dé quel Beu Pennemy estoit des- IH^. U lendemain il suivit ledit ennemy, et Atajer à an mille près de son camp, qui est<* hgé eu au fort nommé Ostienne, au mar- V«ttde MMtoue. Le jour ensmyvant , le seî- #i«»ée Lautrec, espérant attirer les ennemys ^ fc kops fortifications , leur présenta fa '•'*fi laquelle ne voulans accepter, pour ""«"•iWjw^irty, ne bougèrent de leur fort P^'^fwl^lscarmouche qu'on leur eust sceu ™*'- Q«ay voyant, ledit seigneur de Lau- ^ nknmtL toger à Rebec ; je ne scay quelle ^*«*^ k «eut, sino» qu'oô disoit qu'il luy «^«l mÊtft d^avofr jeîté Pennemy hors di *KhédeKlilMi.
Ma Rebee s^ouma nostte camp sept ou ^^ JMrs, Cependant la Tou^saincts appro- ^•^l»niiictsde\'enoient longues, phivîeuses **Hide8 ; de sorte que nos Suisses s'ennuyè- ^ et s'en allèrent sans congé , s'excusana sur
" <te h ^e j et, de vingt rtffflè payes
que nousuvions, n'en demeura qu^envîron quatre mille : vray est qu'ih estoient praticqués par le cardinal de Médk^is, couâin du pape. De Rebec fut envoyé le seigneur du Pontdorm^ avecqiiès sa compagnie et celle du duc de Gennes, dont estoit lieutenant le comte Hugues de Pepolo, et environ mille ou dou^ cens hommes de pied et deux fauconneaux pour garder te passage, à quelque nombre de Suisses qo'amenolent le cardinal de Médicis, qui depuis a esté pape- Clémerit, et le cardinal de Sion. Le pas qu'ils alloient garder est une rivière au pays des Yénttîens tirant vers le lac d'Iste ; lequel passage fbt gardé par deux ou trois jours, et puis forcé par te quartier que gardoient les gens dudit comte Hugues de Pepolo. Cela forcé, se retira ledit seigneur du Pontdormy en tme petite ville appartenante aux Téni tiens, où il sgouma deux jours, puis se vint rendre au camp de monsieur de Lautrec , tequel il tretuva encores audit lieu de Rebec. Les Suisses qui nous a voient abandonnés s'en allèrent joindre avec le seigneur Prospère Colonne , tequel estoit, comme j'ay drt, chef de la ligue. Le seigneur de Lautrec, voyant son armée diminuée, et ceHe de nos ennemys renforcée de nos gehs mesrtes» délibéra de faire fortifier tes passages de h rivière d' Adde, et envoya à Milan pour fafre rete^ ver les bastions et remparts, autresfois biets par te duc de Bourbon, comme devant a esté dit. Estansles Impériaux arrivés sur ladite rivière d'Adde, cherchèrent moyen de trouver passage ; mais enfin Francisque Moron, milaâois, nepveil de Hiéronyrae Moron, et quelques autres capitaines cognoissans les pays, allèrent trouver la rivière de Bembre, qui est une petite rivière descendiante du Bergamasque, et tombe à Taure dedans la rivière d'Adde : auquel Heu de Vaure ils trouvèrent quelques batteaux cachés dedans les roseaux, avecques lesquels ils passèrent deçà l'eaue le nombre de trois ou[quatre cens hommes; lesquels trouvans te comte Hugues de Pepolo, boulenois, qui avoit la garde, de par ledit seigneur de Lautrec, de ce passage, te forcèrent et mirrat à vau-de-roupte ; et y furent tués le capitaine Chardon, ayant charge de cinq cens hommes , et Gratian de tuce, ayant pareille charge.
Le seigneur de Lautrec, adverty de ladite rôupte , craignant qu'ils ne gaignas^ent Milan, 9e retira audit lieu de Milan en toute dSigenceg
laissant bonne garde dedans Crémone. Estant arrivé, despartit les gardes, enespérance d'y attendre le secours qui devoit venir de France ; et desjà estoit le mois de novembre 1521. Le seigneur Prospère ayant passé TAdde, et adverty que le seigneur de Lautrec s'estoit retiré dedans Milan et qu'il faisoit relever les bastions en grande diligence , délibéra de le suivre, et vint loger en une abbaye à quatre milles près de Milan, nommée Cheraval, sur le chemin de Laudes audit Milan ; auquel lieu estant logé, estoit incertain de ce qu'il avoit à faire , sentant un si grand nombre d'hommes dedans la ville. Sur ladite incertitude, luy fut amené un vilain qui sortoit hors de Milan, pris au guet du marquis de Mantouè ; lequel, estant devant ledit Prospère et les autres capitaines, déclara avoir esté en-, voyé, de la part de quelques partisans impériaux qui estoient dedans la ville , devers Hiéronyme Moron, pour leur feiire entendre que s'ils vouloient marcher droit, ils estoient asseurés qu'ils entreroient dedans Milan ; mais où ils Youdroient temporiser, et que les François eussent loisir de se recognoistre, il n' estoit en leur puissance de les sçavoir chasser. Lesquelles choses entendues par les chefs, le vendredy vingt4roisiesme de novembre fut conclu que le marquis de Pesquaire, avecques les bandes espagnoles desquelles alors il avoit la charge, marcheroit droit à la porte romaine , pour y arriver à soleil couché. Or avoit l'armée véni'tienne, dont estoit capitaine général le seigneur Théodore Trévoulse, la garde de ladite porte et du faubourg : auquel heu estant arrivé ledit marquis de Pesquaire, prenant douze cens hommes pour Caire la poincte, donna de teste droit à un bastion commencé par lesdits Vénitiens, qui n'estoient encores ep defTence , dont ils entrèrent en tel eflroy, qu'ils s'en allèrent sans combattre à vau-de-roupte, abandonnans leurs gardes et fortifications. Le seigneur Théodore Trévoulse, chef de la seigneurie, qui estoit au lict malade, se leva et marcha droit aux ennemys, avecques si peu d'hommes qu'il peut recouvrer, pour soustenir l'effort, pensant estre suivy ; mais lanuict n'eut point de honte. Par quoy estant trop foible, fut renversé et pris prisonnier ; dont il fut depuis rachepté par dix mille escus. Pareillement y furent pris le seigneur Jules de Saine t-Se vérin et le marquis de VigevènCc
Le seigneur de Lautrec', voyant l'armée vénitienne avoir abandonné le fauxbourg sans combattre, se retira avecques le reste de son armée en la place devant le chasteau ; puis voyantn'y avoir ordrede garder la ville, estant perdu ledit fauxbourg, délibéra se retirer, prenant le chemin de Cosme pour approcher prâ des Suisses, attendant le secours qui devoit l^ nir de France ; mais avant que partir laissaèdans le chasteau pour capitaine le seignearàt Mascaron , Gascon . L'évesque de Conserans, qd n'eut moyen de suivre les autres, y demoora, et cinquante hommes d'armes et six cens hommes de pied françois. Le cardinal de Médicis, suivant le marquis de Pesquaire avecques l'armée du pape, entra dedans Milan environ le poinct du jour, où il se feit un butin inestimable; car dix jours entiers n'y eut ordre, pour coDunandement qui se fist, de faire cesser le sac.
Ëstans les Impériaux et papistes seigneora de la ville de Milan, advisèrent le moyen de poavoir achever la guerre. Après toutes choses débattues, conclurent qu'il foUoit divertir les Sqïsses de l'alliance de France, et pour cest effed dépeschèrent devers eux l'évesque de Véronne . de la part du pape et autres ambassadeurs de la part des Milanois, lesquels arrivans aux cqdfins des pays des ligues, les Milanois ne voulurent passer outre sans sauf-conduit; mais févesquede Véronne, sans aucune seureté, y alk, dont mal luy print, car les Suisses le mirent en prison fermée pour estre venu dedans leur pap allié des François, sans avoir sauf-conduit. Cependant le seigneur de Lautrec print le chemin de Cosme ; et pouvoit avohr en sa compag* cinq cens hommes d'armes à leur costume «l six mille hommes de pied et sans grand bagage- Environ le poinct du jour arriva à Cosme, ou tout le camp logea. Le lendemain, les (f»^ mille Suisses qui nous estoient demoures se i*tirèrent en leur pays ; mondit seigneur de lJ«trec avecques toute la gendarmerie f^^ chemin de Lee où il passa la rivière, pour* mettre ladite gendarmerie en garnison a^P^Î des Vénitiens, laissant le seigneur de Vandenesse, frère du mareschal de Chabannes, wp taine de cinquante hommes d'armes, cnei dans Cosme, et avecques luy le ^P'^*!^ Bouvet, qui avoit cinq cens hommes de p» françois. ^ ., ^
Les ennemys, suivans nostre armée,a8aegr