LIVRE II
rent Cosme-, où après avoir fait batterie de dix | oa dooze jours, et le seigneur Yandenesse voyant la place n'estre tenable, feit composition avec Je marquis de Pesquaire, lieutenant audit sUg^ pour Tempereur, par laquelle les soldats s'en dévoient aller bagues sauves, chevaux et liârnois, la lance sur la cuisse^ et estre conduits à seureté jusqu'au pays des Vénitiens. La composition [aicte et assignée, leur fut dit de la part dudit marquis que les soldats se retirassent en leurs logis pour trousser leurs bagages; et qu'il mettroit des capitaines espagnols à la brèche, à ce qu ils ne dissent en riens offencé. Une heure après estans lesdits soldats en leurs logis, entrèrent les ennemys dedans et sacagèrent tant les gens de guerre que les citadins, lesqoels estoient compris en ladite capitulation. Après le sac exécuté, y entra ledit marquis de Pesquaire, faignant estre marry de ce qui estoit advenu, et feit rendre aux soldats que/qae partie de leurs biens ; mais la pluspart s'en al/érent à pied et sans bagage. Partant de là Je seigneur de Yandenesse, et estant arrivé au lien où estoit monseigneur de Lautrec, par sa permission envoya un cartel audit inarquis de Pesquaire,par lequel luy faisoit entendre que faulcement il luy a voit failly de foy, et qu'au cas qu'il roalust dire le contraire, il le luy maintiendroit les armes au poing. Le marquis feit respoDse que, si ledit seigneur de Yandenesse vouloit maintenir que par son sceu ou commandement ledit sac fiist advenu, il avoit menty. Ils entrèrent en plusieurs cartels les uns contre les autres. Et estoit parrain dudit seigneur de Yandenesse le seigneur du Pontdormy ; mais avant ^ue la querelle fust vuidée, monseigneur de ^aûdeoessefut tué à la retraitte de monseigneur tanûnldcBonnivet près de Romagnen.
Peu de jours après, les Yénitiens s'ennuyèrent de si longtemps soustenir nostre armée en feurs (erres, vivant à discrétion ; par quoy fut déCbéféque toute la gendarmerie deslogeroit, I»w trouver en un jour dit en deux bourgs aviron dix milles de Crémone ; ce qui fut tiict. Or est-il que ceux de Crémone, ayans opinion que nostre armée eust esté toute def- ''^tte à Hilan, s'eâtoient révoltés, et avoient ^ les armes impériales sur leurs portes. Le '^'gneur de Lautrec de ce adverty, délibéra "^iaire diligence de la reprendre par le moyen ûQdiasteau, lequel tenoit encores pour nous^
XYl" SIÈCLE y Chroo. et Mém.
et estoit dedans pour capitaine Jehannot d'Herbouville, seigneur de Bunou. Dedans la ville n'avoit que gens rassemblés, et peu de gens de guerre ; toulesfoys, ils avoient faict quelques rempars et trenchées devers la ville pour brider le cbasteau, où il fut mis environ cent cinquante hommes d'armes à pied, avecques trois cens archers, lesquels entrèrent par le chasteau, qui furent par ceux de la ville vigoureusement repoulsés. Depuis, se préparans pour donner nouvel assault, les ennemys s'estonnèrent , et demandèrent composition de leur en aller, bagues sauves; ce qui leur fut accordé, à condition qu'ils partiroientdeux heures après, conune ils fu-ent. Et entra ledit seigneur de Lautrec en la ville, accompagné environ de cinq cens homnjes d'armes, armet en teste, avecques laquelle compagnie il se logea dedans ladite ville. La diligence que fist monseigneur de Lautrec fut prouffitable ; car s'il eust attendu vingt-quatre heures, les ennemys y feussent venus les plus forts.
Après avoir séjourné trois ou quatre jours audit lieu de Crémone, le seigneur de Lautrec dépescha monseigneur le mareschal de Foix, son frère, pour venir en France devers le roy luy faire entendre les affaires de par là ; lequel mareschal trouva le roy à Compiègne. Ce faict, ledit seigneur de Lautrec envoya gens à Pissegueton, qui tenoit encores pour nous. Yous pouvez entendre que dès que nous eusmes perdu Milan, ceux lesquels par avant nous faisoient bon visage tournèrent tous leurs robes; par quoy ledit seigneur de Lautrec advisaà départir sa gendarmerie pour la soulager, attendant le secours de France. Dedans Crémone laissa le marquis de Salluces, Miquel Antoine, chef , avecques sa compagnie de cinquante hommes d'armes, et la compagnie du mareschal de Foix de cent hommes d'armes, et quelques gens de pied italiens de ceux du seigneur Frédéric de Bozzolo : envoya pareillement quelques compagnies de gens d'armes dedans les terres dudit seigneur Frédéric; pais dépescha ledit Frédéric de Bozzolo pour essayer à reprendre Parme, qui s'estoit révoltée, ainsi qu'avez ouy : mais ce luy fut chose impossible à faire, parce que les papistes y avoient desjà pourveu.
Sur ces entrefaictes, le seigneur Prospère Colonne, qui s'estoit retiré dedans Milan avecques toutes ses forces, adverty qu'Alexandrie
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Mémoires DE du bellày,
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estoît demonrée en garde aux citadins, y alla, luy ayant la faveur des gibelins. Arrivé audit lieu, les habitans, sortans à rescarmoache par la menée desdits gibelins, forent repoubés ; de sorte que les Espagnols y entrèrent pesle-mcsle. Semblablement ceux de Pavie, ayans pour garnison en leur ville la compagnie de monsieur de Sainct-Pol, leur firent entendre qu'ils eussent à se retirer; autrement qu'ils n'auroient moyen de les sauver quMIs ne fussent saccagés. Ce que firent ceux de ladite compagnie, n'estant la force pour eux ; et se retirèrent en Ast.
En ce temps, le pape Léon ayant nouvelles de la perte que les Frtnçois avoient iaiicte de ladite ville de Milan, en print telle joye qu'un catarre et une fièvre continue en trois jours le firent mourir : il fat bien ayse de mourir de joyt. Incontinent le roy dépescha le cardinal de Lorraine pour aller à Rome en poste à l'élection d'un autre pape ; mais par les chemins furent advertys que l'élection estoit faicte du pape, qui se nomma Adrian, natif de Louvain, qui avoit esté maistre d'escolle de l'empereur, lequel alors de sa promotion au papat estoit absent de Homme, et estoit en Espagne; par quoy lesdits cardinaux revindrent de mi-chemin. Aussi le cardinal de Médicis, qui estoit légat en l'armée de l'Église, ayant eu les nouvelles de la mort du pape son cousin, aprèsavoir licencié, son armée, se retira à Romme.
Le seigneur de Lautrec, ayant pourveu à Crémone avecques deux cens hommes d'armes, se retira au pays des Vénitiens, auquel lieu il fut bien receu, pour la bonne fortune qu'il avoit eu d'avoir recouvert Crémone. Mais au bout de dix jours, ayans nouvelles de ce qui estoit advenu tant en Alexandrie que Pavie, s'ennuyèrent comme amis de fortune de soustenir mondit seigneur de Lautrec en leurs terres, et luy firent dire qu'il eustà se retirer, et que leur pays ne le pouvoit plus soustenir; ce qu'il fut contraint de faire , et se retira à Crémone. Après la mort du pape Léon, Francisque Marie, lequel pour lors esioit bien piètre, pour avoir esté par les François (comme j'ay prédit au précédent livre) spolié du duché d'Urbin à la faveur dudit pape Léon, assembla, tant pour la bonne amitié que luy portoient les gens de guerre pour estre bon capitaine, que pour la haine qu'on portoit audit pape Léon (lequel, après tant de bienfaits qu'il avoit receu des F'rançois, s'es-
toit déclaré contre le roy), josqnes au notrim de cinq ou six cens hommes de guerre saas soulde , et marcha audit duché d'Uibin , lequel en peu de jours il èonquût, et l'a gardé josqoa à niaintenant.
Le seigneur Proq^, capitame génénlA la ligue, et Hiéronyme Moron, ambasBid»
pour Francisque Sforce , pour la qu^^le isfé se faisoit ladite guerre , se voyans abandait de l'armée de l'Église, qui estoit leur bras èl, tant pour les hommes de cheval que pour F» gent, ad visèrent qu'il blloit trouver moyen è conserver ce que desjà ils avoient cooqois. Boir k quoy satisfaire convenoit avoir denien; et pour autant que l'hy ver estoit vena, peodad lequel ils n'avoient besoing de si grosse innée, pour eux soulager de despence donnerait m paye aux Suisses et les licencièrest; aùi gnu de pied grisons et italiens, firent le lemMaUe. Quant à la cavallerie, laquelle auptnfiot avoit esté entretenue des deniers du pipe,Afavoyèrent, avecques le marquis de tlintooe, vivre sur le Plaisantin et le Parmesan à dttCTèûon; aussi firent-4ls leurs gaos de pied, tantespigools que lansquenets, panny lés chasteanietantrei places estans en leur obéissance, retenan* kolement dedans Milan peu de gens pour garder les saillies de ceux du chasteau. Ledit Merti pour trouver le moyen d'avoir deniers, irf introduit un augustin noomié firère André i« Ferrare; lequel estant excellent en éloqoew*! persuada tant par ses preschemens et senno»! qu'il mist en l'opinion du peuple de Milm Pire de Dieu estoit tombée sur les François; sorte que qui n'avoit que deux escns en port» un libéralement pour contribuer à la gw* Et avoit promis ledit Moron audit frère An** de le faire archevesque de Milan; toutesfoj»?» ne luy tint promesse.
Je vous ay desjà dit comme le marescW» Foix estoit allé devers le roi, ^V^^^^^ Compiègne : et après luy avoir faict f^^^ par le menu l'estat de ses affiiires d'»*» ^ "^ ordonna le bastard de Savoye,granM*^ France, le mareschal de Chabannes, k8»P^ Galéas de Saine t-8éverin, son grand es«iT^ et le seigneur de Montmorency, foot a"^ Suisse faire levée de seize mille hommes de^ pour conduire au duché de Milan au secoon du seigneur de Lautrec. .\
(1522) Pendant que ces chose» se f»^^
fl$«] LIVRE IL
en Ita*» ^ Picardie n*estoit en rqpo». Voua av«o»II*^<îT-^vant l'ordre que le roy avoit vu cBft frontière de Pteardîe, à son retour de Vâtademes ; «ussi ne devez ignorer que tout rk^ se feisoit la guerre guerroyable par Mts to^nnisons dudit pays, ac^ourd'huy «prooffit des François, autre jour au proufBt été Bourguignon». Et, entre autres entreprises, lejovdeNofttre-Damede mars 152f, ayant FnfMi, doute cens lansquenets partans de la |tfDim d'Arras passèrent la ritière d'Othîe prfef Ooariio, et vrndrent piller Bernaville et t«tr»TiHiges drooiiTOîsins. Ceuii delà comfÊgak de nonseigfleur de Tendosme, qui es- Idieat en garnison audit Dourlan , dont estoît chef le seigneur d'Estrée, advertys du passage desdiis hnsqoenets, environ nthniict nicHntèrent a cheYai pour les attendre au passage de k mière, i feôr retraâtte, ayans aveoques eux irais cens iMiBnes de pied sans souUe. Eneores qo'eB ladite eotnpagnie Us ne feussent que tieme hoffimes d'arme» et environ einquante wJÊtKf se osnfiaM k teorsdit^ gens (fe pied qmpromettoient combattre, et ayans trouvé les efflUttys desjà repassés Feau, délibérèrent les charger; cecp'ib firent si furieusement qa'ib hft iwfiresl. A ceste eharge forent tués des ÈÊÊm le seigneur^ Rîeamé et le bastard de kupent, et te cîbeval du seigneur d'Estrée, Mit Fentreprise; ceux du seigneur Martin éx leHay , du seigneur de Coquelet et du seigm de Létt y lurent aussi tués. Aprisv laquelte thtge DOS gms pensoienC ^re survis de leursdili§nif de pîMl; mais ee fut au contraire, <v II s'ea êstoient fais sans combattre ; par Wt M lieu de recharger furent eontrainis ^MrbriAe; si est-ce qu'ils leur firent aban^ ^<>>Mi k batin. Et des lansquenet» y moururent cm diyiante, tant k ladite charge que ^leorietnÉte^ et, entre autres, un de leurs ^mipna capitaines. Mai» les enneÉnys, aprè» s'csfeereûÀ à Arras, maleonlens de leur mauwebrtiioè, conclurent de se venger, et venir ^optenèie Uhe vilk de Bovrkan estant desf^vnued'hoBiaie»; car il n'y avoit un seul bMBnedepied. EtpoarcestefTectlecoralede •Wf fcolenant générât peur l'etupereur en se» ("li-BasT assembla toutes les garnisons de k ^«im, tant (te dieval que de pied, avecques ÀfKces «fartiUerle^ et arriva devàot l^onrta
mie heure devant le jour ; et vint camper audessus de la ville, ou de présent est le chasteau, du costé devers Amiens, espérant que ceux de ta garnison estansensi petit nombre ne se voudroient opiniastrer d'attendre le canon. Mais ayans desjà faict une autre folie de charger douze cens lansquenets, en voulurent eneores esproovet une autre avecques vingt-cinq hommes d*armes qui restoient. Laquelle opiniastreté voyant iceluy de Bore, planta son artillerie, et feh batterie près de b tour Cornière, qui regarde devers Aucby le cbasteau; pois après feitdoiiner un àssault dé tous costâ, tant par esehetles qu^autrement. Mais Heu fut si favorable aux assiégés, que les enoemy s forent repoulsés à r ayde des habitcns, et demourà bon nombre desdits ennemys morts dedans le fossé. Pendasft cela, monseigneur de Yendosmè, qui estoît à Amiens, envoya le comte de Sainet-Pol son frère à AbbeviHe, pour faire ÏDvcfaer deux nriHe Suisses qui estoicat là en gannson (lesquels Suisses refusèrent de marcher, quelque persuasion que kedit conte leur seeust fidre; pur quoy p«r après furent cassés et renvoyés en leur pays), aussi font faire marcher mille hommes qui estaient à HesdiB soute la charge de Rutf» dellfaitty et de la Barre. Qvand et quand nuEnda la gendmrtterit qili estoit h Meotreul, à €orbiie, à Féroone et autres lieux, délibérant de lever k siège des. Bourguignons ou de combattre; de quoy les Bourguignons advertys , et la ttoict qui approchoit, voyans nfavMr riens ! pnnifBté, se retirèrent ^oCt à Arras avecques leur courte boote, hûssans les escheUes dedans
les fossés de Dourlaa. Ceux de Paria voyans le hazaid où Dourian avoit esté par fauke d'hommes, souhloyèrent raille hommes pour mettre dedaïKy desquels eorent la charge le seigneur de louriïarré et le capitaine Sanseuse, sous le seigneur de Lorges. Or, pour ytms fiûre entendre Toecasion principale qui meut les Bourguîgnons de ne donner Tassault, fut que Fentreprise s' estoit faicte poiff venger Poutrage faict aux lansqnenets lé mardy préeédent, où ils avoient perdu des gens de bien; par quoy les Walons vouteient que lesdits hnsquraets dcmnassent F assault, dont seurdit une mutinerie entre eicL Les assiégés, se voyais hors d'espé^ rance de Recours, siaondes Sitisses, afift de temporiser, et eepe&Ntanft vettparer leurs portes et une saiBie d'eau^eAvoi^èreiit fia sapS^iifwduit \n
capitaine Monbnin dehors pour parlamenter, non pas pour rien conclure, mais les amuser, et veoir ce qu'il pourroit cognoistre de leur délibération, et sentir s'ils a voient vivres pour séjourner, pour suivant cela se gouverner. Mais estant ledit Monbrun sur son retour, sans rien avoir conclu, la mutinerie survint. Par quoy en se retirans emmenèrent ledit Monbrun et autres compagnons à Arras, où estans arrivés, ceux de la ville et Walons entrèrent en opinion qu'avions capitulé Dourlan, et que ledit Monbrun et autres avoient esté baillés par nous en ostage; et forcèrent le logis où ils estoient pour les avoir entre leurs mains , de sorte que les lansquenets qui estoient logés en la cité furent contraints de se mettre en armes pour les mettre en liberté.
Environ la fin d'avril ensuyvant, 1522, monseigneur de Vendosme, adverty de plusieurs chasteaux qui estoient entre Aire et Bétune, lesquels faisoient beaucoup d'ennuy à nostre frontière, assembla ses garnisons et ses forces pour les aller raser, et fist son assemblée à Mouchy-le-Cayeu, près de Sainct-Pol. Le seigneur de Telligny, séneschal de Rouergue, venant de Montreul avecques sa compagnie, où il estoit en garnison, pour se trouver audit Mouchy-le- Caycu, passant près de Hesdin, rencontra de cas fortuit deux ou trois cens hommes de pied bourguignons, qui venoient de courir en France avec butin, lesquels il chargea de sorte qu'ils furent tous pris ou tués; mais à ladite charge ledit seigneur de Telligny fut blessé en l'espaule d'un coup d'arquebouse, duquel il mourut peu de jours après à Hçsdin; et n'y eut homme des siens ny bleâsé ny tué que luy ; qui fut un ' grand dommage, parce qu'il estoit gentil chevalier et homme fort expérimenté. Monseigneur de Vendosme, exécutant sadite entreprise: print les chasteaux de Diénal, de Divion, de Brueil, et plusieurs autres petites places aux environs de Bétune, tirant à Arras; puis après les avoir rasées se retira à Dourlan.
Audit lieu de Dourlan, ledit seigneur de Vendosme eut nouvelles comme le roy d'Angleterre dressoit son armée à Douvres pour faire descente à Calais, et mesmes qu'il y avoit hérault par les chemins pour deflîer le roy. Par quoy mondit seigneur de Vendosme incontinent dépescha en poste le seigneur Martin du Bellay fian d'en advertir le roy, qui estoit à I^ion
I pour favoriser l'armée qu'il avoit envoyée en Italie, soubs la charge, comme j'ay dit, du bastard de Savoye, grand-maistre de France, du mareschal de Chabannes et du seigneur de Montmorency. Et fondoit ledit roy d'Angleterre ses deffiances sur ce qu'il se disoit estre jop arbitraire des querelles qui pourroient surveor entre le roy et Tempereur Charles d'Autiife. et qu'il estoit tenu de courir sus à celuy qii«fuseroit les traittés par luy mis en avant, coon arbitre de leur différend. Si disoit il que faa précédent, par le deffault du roy, lorsqo'J estoit devant Valanciennes, et les ambassadeurs d'Angleterre estans là envoyés de sa part poor moyenner la paix, elle n' avoit esté accordée pour n'avoir voulu le roy rendre Fontarabie, prise (à ce que disoit l'empereur) depuis le traitté de paix mis en avant.
En ce temps, Soliman, roy des Turcs, yomi tous les princes chrestiens en guerre, mtreprisi de mettre en son obéissance l'isledeHbodes; ce qu'il fit, après l'avoir assiégée huict mois, par faulte d'estre secourue des princes chrestiens.
Tandis que ces choses se faisoient en Picardie, le seigneur de Lautrec, estant adverty qoe le secours venant de France approchoit en toute diligence, fit assembler son armée, qui eSùl séparée en plusieurs lieux pour leur doBff moyen de vivre. Quand et quand fist diligeott de solliciter les Vénitiens à ce qu'ils eussent à préparer, le secours auquel ils estoient tenos par la ligue, afin qu'arrivans les Suisses, ils bs* sont prests de se jelter en campagne sans ptfdre temps. Et mesmes manda auxdits Véniti» qu'ils eussent à prendre garde, sur leurs finîtes, à ce que Hiéronyme Adorne, qui amenoit six mille lansquenets pour le secours des Impériaux , n'eust passage par leurs destroits; mais ils firent si mal leur devoir d'y poun^^» qne ledit Hiéronyme , avecques lesdits bosquenets, passa IcBergame, devant qu'ifccasscD^ mis gens ensemble pour l'empescher. 1^ seigneur Prospère se voyant venir sur les bras si grandes forces, et n'ayant le moyen de tenir la campagne, délil)éra de fortifier Milan, et mesmes de brider le chasteau, à ce qu'il ne peust estre secourus par les nostres Et pourcesl elïec fist du costé du parc de grandes trenchées doubles, avec plusieurs plateformes par les endroits qui estoient nécessaires: et estoient IcsdilcJ
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