‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 258 sur 428 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

rey, mis pour gouverneur le capitaine Frauget, lecjoel estoit lieutenant du mareschal de Chastilioû alors de son décès, vieil gentilhomme, et qà toute sa vie avoit eu réputation d'estre iMBUDe de guerre, auquel le roy avoit donné «hrge de cinquante hommes d'armes pour la fude de ladite place de Fontarabie ; et aveofies luy dom Petre, fils du mareschal de Navarre, lequel les Espagnols depuis peu de temps •foient Êiict mourir en prison, ayarit iceluy dete Petre charge de mille hommes de pied. SÉÎFaiit ce qae j'ay dit cy-devant que l'entre-, fdnse de Tennemy estoit de tout en un temps MaiUir la Champagne, soubs espérance de la tmaràe monsieur de Bourbon, aussi TAngbis et le Bouguignon entrer en Picardie, et fes Espagnols assiéger Fontarabie, toutes ces cbosçs furent par eux exécutées ; et^ mesmes, le sixiesme jour de septembre audit an 1523, les Espagnols mirent leur armée ensemble ; de qooy le seigneur de Lautrec, gouverneur de Guyenne, adverty, alla à Bayonne pour pourveoir tant audit lieu qu'à Fontarabie. Premièrement bailla audit capitaine Frauget, pour la garde de sa place, tout ce qui luy estoit nétessaire, tant d'hommes, de vivres que de mofiitktts, pour attendre un long siège et sousteirun grand effort. Puis feit retirer dedans kyonne tous les vivres et le bestail qui se trouvèrent au pays de Labour, tant pour pourmàr ladite viHe qu'à ce que l'ennemy ne s'en peost prévalloir . Et par ce qu'il estoit dépourveu (Hioimnes, d'autant que les forces du roy estaient tant en Italie, Picardie, que Champagne, et qu'il n'avoit moyen de pourveoir ladite ville ib nombre de gens de guerre dont estoit besoîBg, et craignant que, faignant ledit ennemy f alkr anûllir Fontarabie, vint assaillir ladite viâcdc Bayonne, résolut Juy-mesmes de defloonra" déduis.

Les fiqngnols ayans mis leurs forces ensemble, ie seiziesme jour dudit mois de septembre vindrent loger à Sainct-Jean-de-Lus, mi-ehemin de Fontarabie et de Bayonne. Et le leDdemain assaillirent Bayonne par eau et par terre avec telle impétuosité, que^ sans la pré- Knee dudit seigneur de Lautrec, il est appa- Kot qu'ils Teussent forcée, veu le peu de gens de guerre quiesloient dedans. Mais la vertu dodit seigneur fut telle, que trois jours et trois OQicts il ne bougea de dessus les murailles, fai- XVI' siicLE| CliroD. et Mém»

sant pourveoir à toutes choses et mesmenient aux entrées des rivières. U fault entendre qu'il y a deux grosses rivières, toutes deux portans navires, dont Tune, venant de devers Saint-Jean-de-Pié-de-Port et des montagnes de Navarre, laquelle passe à travers de la ville ^ et, sortant de la ville, les deux rivières s'assemblent, où la mer flue et reflue deux fois en vingt-quatre heures, de sorte que les grands navires y entrent à pleine voile , chose qui donnoit moult de crainte aux Bayonnois, attendu le grand nombre des navires qu'avoient les Espagnols et Bisquaîns. Toutesfoys, la présence du seigneur de Lautrec donna telle asseurance aux habitans, que tous, hommes, femmes et enfans, mirent la main à Tœuvre, tellement que qui estoit couart se faisoit hardy . I^ quatriesme jour, les Espagnols se voyans perdre temps, se retirèrent et allèrent assiéger Fontarabie, où ils ne trouvèrent telle résistance, encores qu'elle fust pourveue de bon nombre d'hommes et d'autres choses nécessaires ; car le capitaine Frauget, après avoir tenu peu de jours, néantmoins lesdites forces qu'il avoit, et veu la grandeur de la place, rendit la ville, qui n'estoit forçable, et en sortit ses bagues sauves. Vray est qu'il disoit avoir esté contraint de ce faire parce que dom Petre , fils du feu mareschal de Navarre, avoit intelligence aux ennemys. Toutesfoys, ledit Frauget fut, à Lion, sur un eschaïault, dégradé de noblesse, et déclaré roturier^ luy et ses descendans pour avoir esté négligent et failly de cueur à pourveoir à la conspiration dudit dom Petre, si ainsi estoit qu'elle fast vraye.

Retournons à l'amiral de Bonnivet, lequel print son chemin pour marcher droict où estoit ledit seigneur Prospère avecques son armée, délibéré de luy donner la bataille. Le seigneur Antoine de Lève estant à Ast, adverty du passage de nostre armée, en toute diligence se retira de là le Tésin, à l'occasion de quoy mondit seigneur l'amiral print Novare et toutes les autres villes deLomeline. Le seigneur Prospère, estant tombé en extrême maladie, s'estoit faict porter sur le bord du Tésin, faisant contenance de vouloir combattre ; mais estant adverty que nos coureurs estoient arrivés sur le bord de la rivière, se voyant hors d'espoir de garder le passage, pour estre gayable en plusieurs lieux, renvoya sa grosse artillerie à Milan. Le lende*

inain, estant adverty que le reste de nostrc ar*mée^stoità Vigevène,et cpie desjà, àcoupsd'artiUerie elle avoit faict abandonner la garde dndit passage aux lansquenets impériaux, et que no^ gens de cheval et de pied commençoientà passer» cognent, mais trop tard, son erreur d'avoir voulu entreprendre de garder le pas d*une rivière contre une armée francoise venant en sa première furie. Par quoy se relira à Milan; auquel lieu estant arrivé trouva un tel effroy, tant parray les gens de guerre que citadins, qu'il résolut d'abandonner la ville et se retirer à Laudes. Mais la fortune fut si mauvaise pour monsieur l'amiral qu'il s'inclina aux persuasions de plusieurs Milanais, et spéciallement de Galéas Visconte, qui luy faisoient entendre que s'il marcboit droict à la ville elle sefoit mise à sac; de sorte que le roy ne s'en pourroit prévalloir, et que, laissant aller ledit Galéas parler auxdits citadins, il trouveroit moyen qu'ils mettroient les Impériaux hors de la ville, et fourniroient au roy une bonne somme de deniers pour ayder à soustenir les frais de la guerre. Lesquelles remonstrances furent cause que le çcignour amiral séjourna deux ou trois jours sans sui^Te sa fortune ; et y fiit envoyé ledit Ga* léas, et pour l'accompagner le général de Normandie, Bobier, et quelques autres. Les parlemens furent longs ; mais enfin oe fut toute trom^ perie, et la ruine qui depuis advint de nostre armée; car ce temps durant, le seigneur Prospère raaseura ses gens, et les bagages, qui estoient chargés pour se retirer, furent déchargés, et avec extrême diligence ; et dn nombre incroyable de castadous releva les remparts des lieux les plus ruinés. Puis, voyant les forces n'estre suffisantes pour garder plusieurs places, abandonna tout le duché, gardant seulement Milan, Crémone et Pavie, attendant que nostre armée eust passé sa fureur, et que l'hy ver, qui estoit proche, l'eust matiée. £t pour cest effeel dépescha le seigneur Antoine de Lève pour se mettre dedans Pavie, y faisant vf nir mille faom-. mes qi^ estoient dedans Alexandrie, avecques autres trois mille hommes de pied dedans Cré-r mone. L'amiral voyant Alexandrie abandon-^ née, y envoya monsieur de Bussy d'Amboise avecques deux mille francs archers.

Monsieur l'amiral voyant Terreur qu'il avoit faicted'avoirtemporisésurunevaineespérance, • çoise, ne fissent leurs approdies; et en wwî'^ piarcba droict à Milan; mais ee fut trop tard, j Ûgençe firent U batterie qu'en trois j^

car desji le seigneur Pretpèrey avoitatKmli le nombre de dix mille hommesde guerre, gin tes citadins, qui tous avoient pris les armei Ge nonobstant, il planta son camp devant, entrelf chemin de Laudes et de Pavie. Ce hid, enrop saisir la ville de Mouche, dedans laquelle il oNlt bonne garnison pour empeseher les vivN| d'aller à Milan ; puis, ayant eu advertissenii( que le doc de Mantoue estoit arrivé à avecques cinq cens hommes de pied que le envoyoit pour le secours de la ligne, dépoÉ le capitaine Bayart, accompagné dçhiiictdl hommes de pied, quatre cens hommes (Tani et huict ou dix pièces d'artillerie pour mareW droict audit lieu de Laudes, y pensant mrproK dre le duc; lequel estant adverty etsedtAnI de ses forces, se retira , abandonnant ladite via Par quoy le capitaine Bayart entr^ dedans; paii, y ayant laissé bonne garnison, priotltdiem de Crémone, pour tenter s'il pourroit pnira la ville par le moyen du chasteau qniiMft|fir le roy. Auquel lieu arrivé, se vint joisteiwques luy le seigneur de ^enee de Cèrctett romain, accompagné de quatre miDe konatt de pied italiens qu'il avoit levés, pour le »• vice du roy, au Ferraroia et aux entirew.!** capitaine Bi^yart et ledit seigneur Renc^ aM^ blés et cûgnoissans que par le chasteau o^f avoit ordre de forcer la viHe, à Foccaiiflo* grandes trenohées que les enncmysavoientto^ tes entre la ville et ledit Ghastoau,délibérffaitè l'assaiUir par ailleura, et teinter la fcrtaneàh pouvoir forcer, encore que Farroée véBiti«"*t qui estoit de la part de la ligue, fait àP»^ près de là; mais die avoit comnaandÉnert» la seigneurie de ne sortir hors d^ te»» *■■* sans leur expresse jussion.

Le seigneur Prospère , adverty qw '•■f du roy prenoit k chenûn de CrémoM» ^^ guères qu'il manda à Paviequ'onsoiti*^ trois mille cinq oeos hommes à CrM^ f^ la deffence d'icelle; manda parcitai*^*** d'UrInn, général de la seigneurie, ^••JJ' quis de Mantoue, général de l'église ti||<^ grandes instances , qu'ils eussent à ■ÇJ'Jt leur aimée près U noatre, pour l'emp»*'" donner rasaauh.Tairtesfay8,edi|M«*'*f' le capitaine Bayart, In seigneur Re»c««^»**' gneur de Lorges , général de r»û^^**r^

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iNrèehe estott raisonnable pour asBailIir. Maia soudain vint une playe si abondante que nos ^eoêi voulané marcher en ayant pour Tassault» rariloient «a arrière, tant U &isoit glissant; eft don ladite pluye quatre jours et quatre nuictA ans cesser, ainsi qu'estoit advenu au seigneur de Latitrec i Tan précédent devant Pavie : à taosedequoy le capitaine Bayart fut contraint de remettre Tassault à un autre jour, pendant lapelles ennemys eurent loisir de remparer la brècbe* Et pour les continuelles pluyes , les efaeaiDs devinrent si mauvais que , quelque part que ce fust , ne pouvoient venir vivres en BOftre campj qui fut l'occasion de la tamine qui s'y mifit, joinct que Tarmée vénitienne rompoit les vivres d'un costé, et Tarmée de TÉglise d'autre. Ce qoe voyant le capitaine Bayart, après avoir retrescby le chasteau tant d'hommes que de vivns, iut contraint de se retirer vers MilàDjêjêBi trouvé audit chasteau ledit seigneur de Bunm , qui en estoit capitame , mort , et tous les soldats que le mareschalde Foix y a voit laissé, honnis buict, lesquels avoientl délibéré de mourir conmie les autres plustost que de rendre la place, encores qu'ils eussent esté enfermés deux ans en extrême nécessité; ce que a'avoient laict ceux du chasteau de Milan ; car li tost après que monsieur de Lautrec eut failly à les secourir (où Marc-Antoine Colonne fat tué) , ils rendirent la place , encores qu'ils eussent des vivres sufHsamment pour attendre le secours qu'y amenoit l'amiral de Bonnivet. Aussi, le seigneur Prospère ^ quand il se retira de devant nous après qu'eusmes passé le Têsin, n eust jamais entrepris de s'arrester devant la Tille si le chasteau eust tenu nostre part y; de qooy le ca|iitaine Alascaron, qui en avoit eu la ehaife.fet fort blasmé , et en hazard d'en recev(^ «ma honte.

lèisaoûi monsieur l'amiral de Bonnivet devant Milan jusques à ce qu'il soit temps d'en pukr^ei venons à ce qui se faisoit au mesmes temps tant en Champa^e qu'en Picardie. IneDminent après que monsieur de Bourbon se tasX retiré hors de France, la Motte des Noyers, que j'ay dit cy-devant avoir esté par ledit de BoorboB envoyé en Allemagne pour faire levée de lansquenets, leit telle diligence qu'en peu de temps il descendit en Champagne avec le comte Guillaume de Fustemberg et le comte FéliX| et vint aasi^er Coiiïy, qui est une place

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