LIVRE II
esploité. Partant de Lière, ledit de Bourbon, j manièreqaeJeviensdedédareriallèrentàCban-
accompagné de soij^ante à quatre - vingts chevaux, traversa les Âliemagnes, pais au bout de nx sepmaines arriva à Trente , auquel lieu , après y avoir iaict séjour de deux ou trois jours, aÛa à Mantofxe, où il fut receu du marquis en grande amitié, d'autant quMIs estoient cousinsgermains, parce que la mère dudit duc de Bourbon estoit sœur du marquis de Mantoue , père tfieehy ; lequel meit iceluy seigneur de Bourbon en tel équippage qu'il appartenoît à un tel prinee, de chevaux, d'armes, mullets, et autres choses nécessaires , tant pour luy que pour les sieos. Le quatriesme jour de son arrivée , partant de Maoloue , alla à Crémmie , auquel lieu il fut bien recueiUy par le gouverneur. Le lendemain, avecques bonne escorte de chevaux, fat tacAssêi à Plaisance, où le vint trouver dom Charles de Lannoy, vice-roi de Naplcs lequel venokpoor estre lieutenant-général pour Tempereiar ao duché de Milan, pour Fextresme maladie en laquelle estoit to«^ le seigneur Prospke Colonne.
Après avoir eommumqué ensemble des affaires de ta guerre, ledit seigneur de Bourbon partit pour aUer à Gennes, pour s'embarquer ctâire son voyage en Espagne : auquel lieu, attendant k vent, il séjourna cinq sepmaii^^^ et aussi attendant le retour du seigneur ^le Uffcy , lequel dès qu'il estoit en Allemagne afdt dépesché devers l'empereur pour enten^ dre sa vol^^yté. Finablement, n'ayant plus d'attenle au retoiH* dudit Lurcy , di libéra de passer outre; niais sdors qu'il pensoit embarquer, deseendkMi port de Gennes messire Adrian de CroQiy, seigneur du Ru, et avecques luy le seigaew 4e Lurcy, lesquels apportèrent response de (etH^ereur : e^est qu'il baiHoit en option audit seigarar de Bourbon, ou d'aUer en Espagne, oa Men de demourer en Italie avecques l'arffléf . 5iir lesquelles offres il conclut de demoureria doebé de MHan pour veoir à quelle fin towneroîent oes deux grosses armées du roy et de renpereor, attendu mesmes que desjà nostre armée tout l'ivyvers'estoit ruinée devant Mflaa; et, sur ladite résoluticm, alla trouver le vieenroy de Maples et l'armée impériale à Knaaq.
Le eaarcflehd de Chabannes et monsieur le grand-maistre ayans £ailly à rencontrer mon-
telles, laquelle place leur fut rendue par le capitaine, après avoir esté sommé de la part du roy, son souverain seigneur. En laquelle place ils trouvèrent tous les meubles de la maison de Bourbon, qui estoient les plus beaux qui fussent en maison de prince de la chrestienté, qu'ils mirent entre les mains du roy : semblablement mirent en l'obéissance dudit seigneur le chasteau de Cariât, et généralement toutes les autres places de la maison de Bourbon. Aussi, peu après, le roy feit prendre prisonniers, par souspeçon, messire Emar de Prie, capitaine de cinquante hommes d'armes ; le seigneur Sainct- Yallier, capitaine de cent gentilshommes de la maison du roy ; le seigneur de la Yauguyon, capitaine d'hommes d'armes, qui pour lors estoit en garnison à Thérouenne, et plusieurs autres gentilshommes, serviteurs de ladite maison ; desquels, encores qu'aucuns fussent trouvés avoir cognoissance de ladite conjuration, laquelle ils n'avoient révélée comme ils estoient tenus, ce nonobstarK, à tous leur pardonna. L'évesque d'Autun, fils du feu grand général Hurault, jà-soit que tous les biens» tant de luy que des siens, fussent venus du roy et de ses prédécesseurs , fut|souspeçonné d'avoir esté du conseil de k^ite fuitte ; par quoy fut mis prisonnier, puis après déUvré ; mais, estant en liberté, se retira après mondit seigneur de Bourbon, et, après le trespas de Hiéronyme Moron, monsieur (k Bourbon le feit chancelier de Milan : toutesfoys, depuis, le roy lui pardonna, et le remisten tous ses biens. Par les choses prédictes, on peult facilement recognoistre la grande humanité du roy, lequel, estant offensé de ceux qui avoient receu les biens et honneurs de luy, ne print veur geance d'un seul, ains pardonna, à tous ceux qui retournèrent vers luy cberchans miséricorde.
Le roy voyant la faitte de monsieur de Bour« bon, et craignant que autresfussent de là partie, ne fut cirnseillé de passer les monts en personne. Par quoy manda à monseigneur l'amiral de Bonnivet, messire Guillaume Gouffier, lequel estoit jà près de Vercd avec l'armée, qu'il eustà exécuter l'entreprise du duché de Milan, suivant ce qu'eux deux en avoient conclu ; et retint près de sa perscmne le duc d'Alançon, le duc de Yendosme , le grand-maistre bastard
sieur de Booibon, lequel s'estoit sauvé ea U I de Savoye^ le mareschaldeCbabannes; seigneur
de la Police, avecques leurs compagnies, chacune de cent hommes d'armes. Et parce quMI fut adverty que la Motte des Noyers, lequel j'ay dit c y-dessus avoir esté par monsieur de Bourbon dépesché en Allemagne, marchoit avecques le comte Guillaume de Fustemberg, et le comte Félix, et leurs régimens de dix ou douze mille lansquenets, prenans leur chemin entre la Bourgongne et la Champagne, manda au duc de Guise qui estoit en Bourgongne, et à monsieur d'Orval qui estoit en Champagne, qu'ils eussent à pourveoir à leurs frontières; et du costé ou Tennemy toumeroit la teste, ils eussent à assembler leurs forces ensemble, leur envoyant la compagnie de cent hommes d'armes de monsieur d'Alancon, et celle de monsieur de Yendosme, de pareil nombre, pour les renforcer, retenant près de luy les personnes dudit duc d'Alançon et de Yendosme. Aussi retenoit le mareschal de Chabannes et le grandmaistre, pour les employer où verroit estre besoing, et que les occasions s'offriroient.
Environ le commeticement de septembre 1 523 , monsieur l'amiral ayant eu les nouvelles de la fuitte de monsieur de Bourbon, ensemble le mandement que luy faisoit le roy d'exécuter l'entreprinse de Milan, parce que si le roy eust marché en personne, )uy-mesmes, eust conduit l'avant-garde, la bailla pour conduire à monsieur le mareschal de Montmorency, et luy print charge de la bataille. Ce faict, marcha avecques l'armée droict à Milan. Yous avez ouy cy-devant conune Prospère Colonne avoit fortifié les passages du Tésin, se persuadant d'empescher nostre armée de passer; et sur ladite espérance avoit délaissé la fortification de Milan qu'il avoit commencée. Peu devant ce temps le duc Sforce, lequel faisoit sa demeure à Mouche, un jour partit pour venir à M41an; mais un gentilhomme milanois de sa famille, nommé Bénédict Yisconte, mal content dudit Sforce, son maistre, parce qu'il luy avoit cass4 une compagnie de gens de pied, de laquelle auparavant il avoit eu la charge, estimant en cela avoir esté injurié, délibéra lors de se venger. Or, estant ledit Sforce sur le chemin de Mouche à Milan, monté sur un petit cheval, ayant peu de gens auprès de luy à cause de la poussière, ledit Yisconte, estant sur une jument turque, l'accosta, feignant vouloir parler à luy; puis l'ayant accosté, tira une courte dague,
dont il pensa donner audit duededans hj Toutesfoys, le duc baissant la teste etki détourna le coup, tellement qu'il nelii qu'au travers du bras; et s'il luy eo^j bien donné dedans le corps, il estoit i néantmoins ledit Yisconte, quelque i eust, se sauva parla vitesse de laditeji duc Sforce, estant eschappédece tira à Mouche, doubtant qu'il y ensti buscade sur le chemin de Milan.
le bruit courut que le duc Sforce estoHi coup qu'il avoit receu; ce qu'ayant i un capitaine milanois , nommé Galwi rague, qui lors estoit à Turin, passage de nostre armée pour se j( ques elle pour le service du roy, mort du duc estre véritable, et nostre armée estoit desjà dedans lesi par le moyen de quelque inteUigeittl dedans Yalance, ville dessus le Paa,j soubs de Casai Sainct-Yas, soubs pouvoir garder jusques à l'arrivée!
armée; mais autrement en advint, gneur Antoine de Lève, par Prospère Colonne, partit d'Ast ai fanterie espagnole et les cbevaox alla expulser ledit Birague hors de luy donnant loisir de se rempareri le print prisonnier. Ce temps pei Bonnivet,estans avecques luy ksi s'ensuivent, à sçavoir le maresdtfli morency , le seigneur Bayart, le denesse, le seigneur de Mésières,lci Yallery, et le vidasme de Chartres,*!
quatorze ou quinze cens hommes St seigneur de Lorges, général de six i çois, le duc de Suffolc, général de âil lemans , et douze ou quinze mille estoit pour leur pUisir le comte de< et le comte de Yaudemont, n'a] charge, print son chemin pour où estoit le seigneur Prospère ai armée, et luy donner la battaÛle,* après que j'auray parlé de ce qui Bayonne et à Fontarabie.
Vous avez bien entendu cj-desa»!
l'an 1522 le mareschal de Cbabanotf^ couru Fontarabie, et avoit tiré de gneur du Lude, qui si bien y avoit devoir, et tant enduré de néce^té etdel et en son lieu avoit, par le cor