‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 260 sur 428 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ne voulut jamais consentir à ladite composition.

Le roy, pour lors estant à Lion, adverty comme les choses se passoient en Picardie, et que ses ennemys estoient venus jusques sur la rivière d'Oyse, àunze lieues près de Paris, dépeschà le duc de Vendosme en toute diligence pour y venir, luy donnant pouvoir de commander et pourveoir à toutes choses de deçà ; et quand et quand manda quatre cens hommes d'armes, tant de Bourgongne que de la Champagne, pour suivre ledit seigneur de Vendosme, et faire ce qu'il leur commanderoit. Mais devant envoya le seigneur de Brion pour asseurer les habitans de Paris ; auquel, après avoir déclaré ce qu'il avoit de charge en plaine assemblée de ville, sans faire mention de la dépesche du duc de Vendosme, ny de la compa-» gnie qu'il amenoit, fut respondu pour toute l'assemblée par monsieur Baillet, second président de la cour, qu'U fust le bien venu, comme mandé de la part de leur roy et souverain seigneur ; toutesfoys, que quand le roy Louis XI envoya reconforter ceux de sa bonne ville de Paris pour la descente du duc Charles de Bourgongne devant Beauvais, il n'y envoya en poste, mais y envoyale mareschal Joachin Rouault , accompagné de quatre cens hommes d'armes, et que cela les reconforta ; et encores que ledit seigneur de Brion fust homme de bien, favorisé du roy, si n'estoit-U suffisant luy seul pour asseurer une telle viUe que Paris. Ce néantmoins, ils avoient nouveUes que le duc de Vendosme venoit en telle compagnie que ledit Rouault estoit venu , chose qui leur donnoit grande asseurance, tant pour les vertus et qualités dudit [personnage, que de sa compagnie.

Les Anglois, après avoir pris et bruslé lesdites viUes de Roye et Montdidier, estans advertys de la venue de monsieur de Vendosme, craignans que monsieur de la TrimouiUe vint d'une part , et monseigneur de Vendosme d'autre^ et que par ce moyen leur armée fust affamée, délibérèrent de faire leur retraitte par Fervacques, à l'endroit que U rivière de Somme prend sa source, quatre lieues au-dessus de Sainct- Quentin ; et en passant leur chemin bruslèrent Nelle, qu'ils trouvèrent abandonnée, pour sa débilité. Le jour ensuivant, prindrent le chemin de Ham, pensans trouver la vUle despourveue^

mais, la nulct précédente» le comte de Brene, surnomiûé de Sallcbrucc, estoit entré dedans avecques sa compagnie de cinquante hommes d'armes et environ sept on hnict cens hommes de pied, ayatit délibéré de gattler la ville, car le ehasteaa n'estolt prenable à mie armée qui se retiroit. Les ennemys, voyans la place si biai pourvetie , passëretit outre sans Tassaillir. Le deuxième jour après, laissans Sainct- Quentin à leur main gauche, allèrent loger à Fervacques, et le lendemain à Premont, faisant contenance de vouloir assiéger le chasteau de Bohain, distant d'une lieue dudit Premont. Toutesfoys, ce logis de Premont ne monstroit point que les ennemys voulsiss^t assaillir Bohain, car il est sur le chemin de Bohain à Cambray, où y avoit plus d^apparence quHIs se vouloient retirer qu'assaillir la place. Mais le capitaine dudit Bohain sentant Tennemy si près, n'ayant ceste considératioU) ne luy donna la peine de l'envoyer sommer; ains alla jusques audit Premont et rendit le chasteau entre tes mains du duc de Suffolc et du comte de Bure^ moyennant .que luy et ses} soldats sortiroient, leurs bagues sauves. L'Anglols, ayant laissé bonne garnison dedans ladite place, se retira en Artois, et licentia son armée* Et fut cela peu après la Toussaincts 1538, et environ dix ou douze jours après la Sainct-Martin, que les Meds gellèrent presque universellement par tout le royaume de France. Le seigneur de la Trimouille, sçachant Tennemy estre retiré avant que monseigneur de Yendosme fut acrivé, marcha droict audit lieu de Bohain avecques six canons, dont il feit si furieuse batterie que ceux dedans , se voyans sans espérance de secours, pour estre leur armée séparée, se rendirent. Ce faict, le seigneur d'Estrée fut ordonné capitaine de ladite place, et partit ledit seigneur de la Trimouille de Picaràie, ayant eu une armée si puissante sur ses bras, et si peu de gens pour la garde du pays, sans que l'ennemy, au partir, tint un pied de terre de sa conqueste.

Ce temps pendant monsieur l'amiral de Bonnlvet estent toutgours devant la ville de Milan, en laquelle vint telle nécessité de vivres, pour les moulins que les François avoient rompus es environs, et aussi pour le canal qu'ils avoient diverty d'entrer en ladite ville, que, sans le grand nombre de moulins à bras qu'avoit faict frûre le seignear Prospère^ sans point de doubte I

les soldats et citadins fussent mMs de bim. Aussi rengrégea la maladie dudit seignetir Prospère, de sorte qu'il ftit contraint de bailler b charge de la guerre au seigneur AlarcoD, espagnol, lequel puis peu de temps, par le commandement de l'empereur, estoit venu de Galabf pour commander à l'infanterie espagnole, poor l'absence du marquis de Pesquaire* qui n'i guères s^estoit retiré pour un diftèrendsomDQ entre ledit seigneur Prospère Colonne et hy. Ledit seigneur Alarcon ayant envie à sonar* rivée de faire quelque chose de réputatioD,M dresser dedans la ville un cavalier fort haoi), pour tirer dedans nostre camp, et sur iceloT liei loger sept ou huict grosses pièces d'artiorie. Le seigneur Prospère, cognoissantgoefeled dudit cavaKer estoit inutile, et perte (f admonition, feit cesser Touvrage, et manda an nanjo» de Mantoue qu'avecques les cinq ceni ekrrasi de l'Église desquels il avoit b charge itaâi» retirer devant Pavie pour rompre lfi<nwi nostre camp, qui venoient du costé éeUA*- Les Florentins , Luquois, Siéoois et aDtioiel& ligue commencèrent à se retirer de la deijcw, parce que desjà ils avoient foumr le» trotteaii qu'ils^ avoient promis ; par quoy le «IgMif Prospère, ne pouvant plus trouver moyen* recouvrer deniers, conclut de rendre Modh* au duc de Ferrare pour de l'argent, laqwi ville le comte Guy de Rangon tenoit aanoa* l'Église. Et pour cefaire dépescbaambasswiwi» vers iceluy duc de Ferrare; mai» après h choses conclues fut- envoyé de la part de d* Charles de Lannoy, vice-roy de Naples, tej» rompit ledit traillé, asseurant qu'il foorrirf ] deniers pour les fraisde la guerre. Et ioy-ne*^ partit de Naples pour venir à Milan, dé^ par l'empereur pour prendre charge de fart* durant la maladie du seigneur Prospcfi»''^ nant avecques luy quatre cens bomniesdîi*|' du royaume de Naples, et en sa ctf*^, marquis de Pesquaire, lequel avoit ii^|*; Tarmée, comme il est jà prédit, I*^*7V division survenue entre ledit Prcspfc***!* Monsieur l'amiral ayant crainte q« ^^^ de Mantoue et Antoine de Lève, qnî «^^ Pavie, ne vinssoit se saisir du pont tp^^m faict faire à Yigevène, par leqiœl ''^^'f^ vivres en son eamp,et parce moyen n tâanda quérir le seigneur Bayart et le Roice, qui estokmà Moncbci pov.^

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