‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 261 sur 428 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

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loger à VtgeTàne ; mais IfidadogMAimt dodit li«i^ de MMMshe fot cause de BOitre ruine, car, estant ce passage ouvert, les vivres arrivèrent à Milan en toute abondance.

( 1524 ) Monsieur l'anairal voyant son espémnee pefdue d'affamer Milan, et mesmes quelques intelligences au'on disoit qu'il avoit dedans là viiie descouvertes, résolut de lever son siège, parce qu'il n'a voit plus moyen de tenir ses gens en eampagne, pour les grandes neiges et rigoureui byver qu'ils avoient enduré six mois devant. A ceste occasion, pour mettre son armée à emivert, se retira à Biagras et autres lieux cireoûvoisins, où , arrivé qu'il fui, dépescha le seigneur Rence et le comte de Sainct-Pol, et le seigneur de Lorges, général des gens de pied françcMs, pour aller assiéger Aronne, qui est une viQesar le lac Majour. Mais ledit Prospère Cokame voyant le deslogement de nostre camp (b defâïïi Milan, avoit desjà envoyé pour renhrtf dedans ladite ville d' Aronne, le nombre de douze cens hommes; chose qui vint mal à propos pour nous. Le seigpeur Renée estant arrivé devant ladite ville d' Aronne, feit soudainement bxfe les approches, et, après avoir mis ses pièm en |)atterie, et avoir battu vingt ou vingt- «oq joprs^ et.faict donner deux ou trois assauU auxquels nos geps furent repoulsés, délibéra teoteri^utrd fortune, ce fut de miner la place*, ffiais après avoir miné w grand pan de mur, iUsapt mettre 1^ feu dedans les mines, la munXtk etf ant enlevée en l'fiir, en lien de se renverser dedans les fossés* retomba dedans se» loodcmens, et deoioura debput. A raison de qooy 86 voyant frnstré de son intention, et avoir ptîx^ taol de temps, feit sa retraitte en nostre tn^, ^ fnrf nt tnés audit siège plusieurs gens te^^ PPStres : aussi fut-il des ennemys. £t, ci^t^Mtmt de nostre Pf^rt, y moururent^le sei- §m»é$Pçmmermh maistrede nostre artillerie eoJtiffp, ^ un jeuuQ gentilhomme de Normanik,W9(mVké de Ronçerolles , fils du seigneur de Hqgotymevqni fut grande perte pour ledit Pa^nwreul, un (tef plus expérimentés en FartiUerie 4$ ce foyaum^; et 1§ j^une homme prpmettoi^ kipcpupdesoy. plusieurs autres y moururent, VttnesQUt içy nommés à cause de brièveté.

Durant ce temps, l'armée impériale n'avoit kmgé de Milan, attendant la venue de donî Charles de Lannoy, vice-roy de Naples, lequel venoit pour eç^f Ueutenant général d^ Tem-

perenr; mais ledit viee-ioy temporisoitt atten*^ dant quelle fin prendroit la maladie du sejgnesf Prospère, laquelle desjà avoit duré sept ou buicf mois, ne voulant venir où il estoit pour de luy estre commandé. Aussi luy faisoit mal de deS" tituer de son pouvoir un si gentil chevalier (^'estoit le seigneur Prospère; mais ayant en^ tendu que desjà il avoit perdu son entepdementi partant de Pavie, s'en vint à Milan; et pense que le jour de son arrivée mourut ledit seigneur Prospère. Arrivé que fut à Milan le vice-roy, après avoir veu son armée, arres^a avecquei l'ambassadeur de Venise que les six mille lansquenets qu'il faisoit venir d'Allemagne estana joincts avecquos l'armée vénitienne, les deu:t ensemble passeroient la rivière d'Adde pour se venir joindre avecques luy, soubs délibération que leur armée unie ensemble viendroit cher* cher l'armée du roy pour la combattre, ruinée (comme il estoit vray) d'un si long hy ver qu'elle avoit enduré, et des grandes fatigues qu'icelle avoit porté durant six mois, ne voulans attendre qu'elle eust refreschissement de France.

Il estoit lé mois de mars quand l'armée vénitienne, et le secours des six mille lansque* nets et l'armée du pape Clément passèrent la rivière d'Adde et se vindrent joindre à Milan avec le vice-roy. £stans assemblés, se jettèreni en campagne, et vindrent loger sur le chemin qui vient de Milan à Pavie; auquel lieu estans arrivés, le vice-roy eut advwlissemcnt copame le capitaine Bayart, avecques sa compagnie d^ cent gommes d'armes, 1^ sejgneur de Mésière^» et le seigneur de Saincte-Mesmes, ayant cba-* cun cmquante hommes d'armes, et le seigneur de Lorges avecques les gens de pied françois dont il estoit colonel, estoient logés à Rebec, assez loing de npslre camP* ^^ ^ li^^ mal-aisé pour y estre secourus, délibéra leur donner une camisade, et dç les faire surprendre ei\ leurs logis. Pour leque leffect dépescha |e marquis de Pesquaire avecques l'infanteHe eq^gnole, et le seigneur ^ean de Médicis, pepveu du pape Clément, avecques bon numl)re de gens 4e cheval ; et parce que la nuiot se d^^oit &ira Persécution, il feit prendre à chacun une chemise blanche par dessus ses armes, pour mieux se recognoistre. Ils firent si bonne diligence, qu'ils arrivèrent deux heures devant le jour sur nostre guet, lequel ne trou vans suffisant pqur sous^enif let^r ^ffgrt , le renversèrent ^^

dans nostre logis; de sorte que le capitaine Bayait et les autres capitaines veirent leur guet renversé sur leurs bras, aussitost^quMls eurent l'alarme. Ledit seigneur Bayart , encores qu'il fust malade, ayant pris médecine, monta soudain à cheval ; aussi se trouva près de luy le seigneur de Lorges avecques ce qu'il peutpromptement assembler de ses soldats, lesquels soustindrent l'effort des ennemys pendant que le reste se meit ensemble pour se retirer en nostre camp ; et en chemin rencontrèrent monsieur l'amiral, qui marchoit avecques l'armée au devant d'eux pour les secourir. Nous y perdismes peu d'hommes, mais tout le bagage y demoura. Le lendemain matin, mondit seigneur l'amiral, voyant de jour en jour nostre armée diminuer, dépescha en Suisse pour faire levée de six mille hommes pour refreschir son armée ; si est-ce que luy et le mareschal de Montmorency, qui menoit l'avant-garde, encores que leur armée fut ruinée, cherchoient tous les jours le moyen de donner la bataille , mais l'ennemy la fuyoit, espérant sans combattre nous chasser hors d'Italie, sans rien mettre en hasard, soachant très bien que le secours de France est tousjours long à venir.

Les Impériaux, voyans le logis de Biagras, que tenoit monsieur Tamiral, estre fort avantageux pour luy , ayans seulement laissé deux mille hommes pour la garde de la ville de Milan, passèrent deçà le Tésin, et se vindrent camper à Gambokt, pour nous coupper les vivres venans de Lomeline ; et parce aussi que la garnison de Garlas ordinairement couppoit les vivres venans de Pavie au camp impérial, le duc d'Urbin, avecques l'armée vénitienne, avisa de lever ledit Garlas d'entre nos mains. Auquel lieu estant arrivé et ayant faict brèche, feit donner deux assaulx, dont il fut repoussé, et y perdit beaucoup de gens, et des meilleurs ; mais au troisiesine assault, estans nos gens travaillés d'estre tant souvent assaillis, n'eurent la puissance de soustenir l'effort de l'ennemy, et furent forcés; puis, y ayant laissé bonne garnison, ledit duc d'Urbin se retira au camp impérial. Geste prise fut fort commode à l'ennemy, parce qu'après icelle les vivres venoient de Pavie à leur camp en toute liberté. Monsieur l'amiral voyant les ennemys avoir passé le Tésin et avoir pris Garlas, ayant peur que le chemin de Lomeline luy fust clos, et consé-

quemment d'estre affuné, d'autant que de ce costé là luy venoient tous les vivres, laissant à Biagras mille hommes de pied et centchevam légiers, vint loger à Vigevène.

Estant logé le camp impérial audit Garfasel à Binasq , le seigneur Jean de Médicis estant en campagne, rencontra deux cens Saissesdei nostres qui estoient a|lés au fourrage, lesquA, ne se sentans nombre suffisant pour le combattre, se retirèrent en lieu fort ; mais, aprèss'estre' rendus audit seigneur Jean, la vie sauve, doo-: obstant la foy à eux baillée, les feit passer» filde l'épée. Les Suisses, irrités de cestontra^ demandèrent à monsieur l'amiral qu'il leorpermist de faire la mauvaise guerre, laquelle, poor les contenter, leur accorda ; de sorte que, dorant trois sepmaines, aucun des ennemys ne tomba entre les mains desdits Suisses qu'il ne hst massacré-, et s'il s'amenoit quelques prisonniSna nostre camp, il leur estoit permis de lestoer. 51 nous eussions continué ce train, il estifpRDt que la fin de la guerre eust esté à nostwfwt fit ; car naturellement l'Espagnol craint fteb mort qu'autre nation, et va plus à la guerre pM avarice que pour autre occasion; et où il cognoist qu'il y a plus de perte que de gain, p« ou point il ne se bazardera ; je parle de U [te grande part, et non de tous. Et qu'il soitmy, durant ledit temps de la mauvaise guerre, p« d'Espagnols se hasardoient de se jettcr en campagne, tellement que nous commencions d'estre en plus grand repos que par devant. Mais te Espagnols ne cessèrent de praticqoer jusqocs* ce que la bonne guerre fust accordée.

L'armée impériale estant à Gambolat, et » nostre à Vigevène, pour estre si proches, trois jours subséquemment monsieur Faniiral m»

son armée en baUille devant l'ennemy, pea»»^ le provoquer de venir au combat, encores <P^ les Impériaux fussent deux hommes poej"*'' Toutesfoy s le vice-roy de Napleset '«^"^J bin ne voulurent bazarder ce qu'ils eip*" estre à eux sans combat ; et, pourtroutff^ ^ de nous tirer de Vigevène, marchèrent**^* Sartirague , dedans laquelle viDe e$toi»t tt comte Hugues de Pepolo, Boulonnois, etle^ gneur Jean de Birague, en garnison de n^ part. Arrivés que furent les Impériaux de|^ Sartirague, firent extrême diligence de fo^ leurs pièces en batterie. Monsieur l'amiral, J^^' verty du chemin qu'avoitpris Tennemyt ctÇ

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