‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 32 sur 428 · CHAPITRE XVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVL

CoanBent le seigneur Lodortc se retira dedans Horarre, doublant que les François entrassent dedans Milan par to diasteau, et commeut il (ut prins.

Quant le seigneur Ludovic congneut l'armée du roy de France si près de Milan, et que le chasteau estoit hors de ses mains, il s^ doubta d'estre surpris dedans la ville ; si se déroba de nuyt avecqûes ce qu'il avoit de gens dedans Milan ; au moins peu y en laissa avecqûes son frère le cardinal d'Ascaigne, et s'en alla veoir son armée qui estoit dedans Novarre. Quant on le seut là au camp du roy de France, ses lieuxtenans, où peu de jours y avoit que le seigneur la Trimoille estoit arrivé, délibérèrent l'aller assaillir audit lieu de Novarre. Le seigneur Ludovic avoit beaucoup de gens; mais ils estoient de nations différentes, comme Bourgongnons, lansquenets et Sujsses, et par ce trop plus mal aysés à gouverner ; car en quelque sorte que les choses allassent, peu de jours après fut rendue la ville de Novarre es mains des iieux-tenans dudit roy de France. Et pour ce qu'on faisoit courir le bruyt que le seigneur Ludovic n'estoit pas dedans la ville et qu'il s'estoit retiré en Almaigne pour la seconde fois, fut ordonné que les gens de pied passeroient par dessoubs la

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PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAP. XVl.

jkxpti ce qa^ils. firent; et parmy eulx fcit con- §Deo le povre seigneur Ludovic, qui se rendit, quant il veit que foroe lui estoit, au seigneur de ligny. Je ne sais qui fist TaflEftire, mais il feust phs& que mal servy ; ce fut le vendredy devant Pàsques flories, aiMlit an mil cinq cens^ . I^ reste de son année s'en alla bagages saufs. Je croys iHen qu'ils eurent quelques payemens, car on dît que les Suysses que le seigneur Ludovic avoît avecques luy s'estoient mutinés à fsiulte de payaoaent ; mais depuis j'ay entendu du contraire, et que le bailly de Dijon, qui avoit gros cfédài avecques eulx, les avoit gaignés, joinct aittsi qu'en l'armée du roy y en avoit beaucoup flus gros nombre qu'ils n'estoient dedans No- Tarre et s'excusoient de ne combattre point les lag» contre les autres. J'ay veu advenir plusieurs fois cela, qui a causé beaucoup de dommage en France. Or, quoique ce feust, le seigneur Ludovic demoura prisonnier, fut mené en France droit à Lyon, depuis au lis Sainct- George, et enfin au chasteau de Loches auquel il a fine ses jours. Ce fut une grosse pitié, car il ayoît esté triomphant prince en sa vie, mais fortune luy monstra au dernier son rigoureux visage. Le cardinal d'Ascaigne, son frère, lequel estoit demouré dedans Milan, quant il sceut î'inooDTénîent, feist saulver en Almaigne ses deux aepveux , enfiems dudit seigneur Ludovic^ devers le TOj des Romains, et de luy se mist en fuyte Uen et grossement accompaigné, comme de quatre à cinq cens chevaulx vers Boulongne ; mais en chanin par ung cappitaine vénicien, nommé Sonssin de Gonzago, fiit pris prisonnier, et depuis le mist entre les mains des François ; mais il ne rendit pas les meubles et son cariage (fie Ton estimoit valoir deux cent mille ducats. ^ demoura guères de temps après quant ceulx dekdncbéde Milan sceurentla prinse de leur aôgnem', j'entends ceulx qui à son retour s'estoîent révoltes, ne se retournassent François, engrent crainte d'estre pillés et saccayés; mais ib y trouvèrent toute doulceur et amitié, car ils avoient afiEBure à IxHi prince et à vertueulx cappttaines

(t) Et.lSM DOQT. st.

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