CHAPITRE XV
scai dire qui avpit dn meilleur, ce qui fascboit fort \ icelluy bon çhevalieip, lequel piurla à ses compaigfipi^, d\^s4 : <« }}é ! me$«eigDeurs, nous ija^fpfit tout aujourd'buy ce petit nombre de gqfsl §i çeujx qui ^nt dedans Milan en estaient idyer(f s, jamais qui de pqus 0^ se sauveroit; i CQfip, pFenon§ courage, je vous en supplie, e} pppsspns cpcy par terre. *> AiVf. paroUes du |)Qfi çheva)ief s^esTertuèrent ses compaignons ; et, 01 pFyaf^ tpuç d'une vpix : Francel France I livrèrent ung aspre et merveilleux assault aux Lpn4)afds, lesquels i^mmencèrent à perdre pbipiî et } euû peculler toujours eulx deffendan^ trè$ JHen ; pais en ce recullement firent plus de qoa^ oji pinq fpi(les, tiraqt vers Milan, où guàâ| ifs se veirent sj près, tournèrent bride, ef a poncse de cbe val , à qui ipieulx mieuh , prindf^U la fîiyte verç la vÛle. Les François chas- ^ix^ Uflk\ qu'Us en furent bien près. Alovs fut cryé p^ quê|c'un des p|us anciens, et qui fort Ûeaentendoit la guerre : «Tourne, homme d'armes, toome ! » à quoy cbaçpug entepdit, excepté le bon dievalier qui, tout eschauffé, toujours dhassoit et poursuivoit ces ennemys, de sorte que pesle-mesie parmy euh entra dedans Milan, Cl ks oyvit jusques devant le palais où estoit logé te setgnëur Ludovic ; et pour ce qu'il avoit les croix blanches, tout lé monde cryoit après
'°Ii Wffî l^mt: P ^\ myirpiWP fl^ tputes pir}; p. prins prisonpiep 4^^ seigneur Jebao-
,*^?^ P^^bPî m \P m^ ft ^n logis et lent ^^igtppr. Si le trpijya fort jeune gentil-
tompïç, £omme de r4ge 4e vingt-deii:^ \ yipg^trc^s igç, dpnt U s'esmerveilU, et mesniement CPmfieBit ep tel âge ppuvpit ^vpir e^ luy tapt ^ pr^se qu'il eg ayoit çppgneue. Le seiçjc^ïfl^yic, gi?i ayQitpBy lebmij, demanda ç'i^ij- 4"^^ V4 ^yoient entendu Tafje ^y cftntèrpnt, et coinment )p sejgpeur "^ifli, £?Ï?PÎ * Pyp*sc, avpit esté chargé içc^i^, gui poQn j'avQient repoussé juis-
Conimeiii fe s^igpeur pidovic vouliit y^r le cbevaJUer eaii«
" re son cheval el
paoîn* et saps rcpfouc^, et cpjqfnqiil, a hvecquGs luy, le renvoya, ei ki fil fendrt
armes.
On alla incontinent au logis du seigneur Bernardin cherclier son prisonnier pour Famener au seigneur Ludovic qui le demandoit. n eut paour que eo sa fureur icelluy seigneur Ludovic luy fist faire quelque desplaisir. U estoit courtois etgracieulx gentilhon^me ; si le voulut mener luy-mesme après l'avoir veslu d'une dé ses robes et mis en estât de gentilhomme. Si vint le présenter au seigneur, qui s^esmerveiHa quant il le vist si jeune, et on' luy donnoit si grant los : toutes^ls lui adressa son parler en disant : «Venez ça, mon gentilhomme ! qui vous amène en cette ville ?» Le bon chevalier, qui ne fiit de rien esbahy, lui répondit : « Par msk foy I monseigneur, je ne pensois pas entrer tout seul, . et cuydois bieneslresuyvi de mes compaignons, lesquels ont mieulx entendu la guerre oue moy ; car s'ils eqssent fait ainsi que j^ay, ils seroic^t comme moy prisonniers. Toutesfois, après mon inconvénient Je me loue de fortune d'eslre tombé entre les mains d'ung si bon maistre que celluy qui me tient ; car c'est ung très puissant et advisé chevalier. » Après luy demaïida le seigneur Ludovic, par sa foy, de combien estoit l'armée du roy de France. « Sur mon ame I monseigneur, à ce que je pujs entendre, il y a quatorze ou quinze cents hommes d'iarmes #t seize ou dix-huyt mille hommes de pied ; mais ce sont tous gensd'esUte délibérés à si bien besongner à ceste fois qu'ils assurerqnt l'Estat dq Milan jau roy nostre maistre. Et me semble, monseigneur, que vous seriez bien en aussi grande scureté en Âlmaigne que vous estes icy, ci^^ vos gens ne sont pas pour nous con^battre. » Tant assurément parioit le bon chevalier que le seigneuc
V^ jJjEfj^ ^p^ > pt paroiy pul^, à la pha^se, Ludovic y prenoi| grand plaisir, ce né^ntmbins ^ipU pi^ p^-meslf UQg des4it^ François, ! que son dire fiist assez pour Testonner; fnai^
fL^ to^U ^ piefveilles yaillapt et hafdy gen- TOqmfijê, e} n'esloit riep si jieune ; alor§ com- Mjda gtt'on l'allaçt guérir et qu'il luy ftist ¥^i (^ qui JEut (^ct incpn^nent.
pour mopstrer qu'il ne ^e spucioit pas grandement du retour des François, lui dist comme par risée : <« Sur ma foy I mon gentilhomme, j'ai belle env ie que l'armée du roy de France et la mienne se trouvent ensemble, à celle fin que par la bataille je puisse congnoistre à qui de droit appartient cest héritage, car je n'y voys point d'a\])tres i^oyens. — Par mon senneptl VEm-
CHRONIQUE DE BAYART,
seigneur, dist le bon chevalier, je voudrois qae ce fast dès demain, pourveu que je feosse hors de prison. — Yrayment! à cela ne tiendra pas, respondit le seigneur, car je vous mets dehors présentement ; mais davantage demandez- moy ce que vous vouldrez et je le vous donneray . >» Le chevalier, qui le genoil en terre remercioit le seigneur des offres qu'il luy faisoit, comme estoit bien raison, luy dist : « Monseigneur, je ne vous demande autre chose sinon que, si vostre courtoisie se vouloit tant estendre que de me faire rendre mon cheval et mes armes que j'ay apportées dedans ceste ville, et me renvoyer devers ma garnison, qui est à vingt milles d'icy, me feriez un très grant bien, dont toute ma vie me sentirois obligé à vous, et hors le service du roy mon maistre, et mon honneur saufve, le vouldrois recongnoistre en ce qu'il vous plairoit me commander. — En bonne foy ! dist le seigneur Ludovic, vous aurez présentement ce que demandez. >» Si dist au seigneur Jehan Bernardin : « A coup, capitaine, qu'on lui trouve son cheval, armes et tout son cas. — Monseigneur, dist le capitaine, il est bien aysé à trouver ; tout est à mon logis. » Si y envoya incontinent deux ou trois serviteurs, qui apportèrent ses armes et amenèrent son cheval ; et le fist armer le seigneur Ludovic devant luy. Quant il fùst aecoustré monta sur son cheval sans mettre le pied à Festrier, puis demanda une lance qui lui fust baillée . Et le vant sa veue , dist au seigneur : «Monseigneur, je vous remercie de la courtoysieque m'avez faicte; Dieu levons vueille rendre ! » U estoit en une belle grande court. Sicommencea à donner de Tesperon au cheval, lequel fist quatre ou cinq saulx tant gaillardement que impossible seroit de mieulx, et puis luy donna une petite course en laquelle il rompit sa lance en cinq ou six pièces, dont le seigneur Ludovic ne s'esjouit pas trop, et dist tout bault ces parolles : « Si tous les hommes d'armesde France estoient pareils à cestuy-cy, j'aurois mauvais party . » Ce néantmoins luy fist bailler une trompette pour le conduyre jusques à sa garnison ; mais il ne fut pas si avant, car jà estoit l'armée des François à dix ou douze milles de Milan, qui estoit toute abreuvée de ce que le bon cheyidier estoit pris par sa hardiesse. Quant il fut arrivé au camp, s'en alla incontinent devers son bon maistre le seigneur de Ligny, qui en riant luy dist : « Hé! comment, Picquet, qui
vous amis hors de prison ?avez-vous payé vostre ranç(m? Vrayement je voulois envoyer ung de mes trompettes pour vous chercher et la payer. — Monseigneur, dit le bon chevalier, je vous remercie très humblement de vostre bon vouloir ; le seigneur Ludovic m'a d^ivré par sa grande courtoysie. » Si leur conta de point comme tout estoit allé de sa prinse et de sa délivrance. Tous ses compaignons le vindrent veoir, qui luy firent grant chère. Le |seigneùr Jehan- Jacques luy demanda s'il espéroit, à veoir la contenance du seigneur Ludovic et à l'ouyr parler, s'il donneroit la bataille; à quoy il rcspondit : « Monseigneur, il ne m'a pas tant déclaire de ses affaires ne si avant ; toutesfois, à le veoir, il est homme qui pour peu de chose n'est pas aysé à estonner. Vous verrez que ce pourra estre en peu de jours : de luy ne me saureye plaindre, car il m'a fait très bon et honneste party; la plupart de ses gens sont dedans Novarre : il a délibéré les faire venir à Milan ou aller à eulx. »