‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 34 sur 428 · CHRONIQUE DÉ BÂYA.RT · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DÉ BÂYA.RT

tisoil

éloqa^t, et en langage italien proféra telles on semblables paroles : « Monseigneur , vos très humbles et très obéissans subjects et serviteurs de ceste povre ville vostre, de tout leur cueur se recommandent très humblement à vostre bonne grâce, vous suppliant par vostre gentillesse leui^ voulofr pardonner roffense qa^ih ont fâieté, tant envers le roy de France leur sotiveîain qoB tous, pour eulu s'eatre révoltés. Et ayez à considérer en vostre eamr que la ville n'est pas pour tenir contre une puissance, et que (pielque chose qu'ils aicacit faicte, leur cueuf t'est jamais mtié iqu'il ne soit demeuré bon francois ; et si par leur povreté d'esprit ils ont lait une lourde faulte, par vostre grande bonté leur vuèillec estre appaisé, voua asseurant, monsei- ^eur, que jamais phisles y retrouverez, ou, edinme de Dieu habandonnés, une autre fois reloufneroient , se mectent eulx mesmes avecques leurs enfans et femmes et biens pour en dtëpos^ ainsi qu'il vous plaira. Et en signe qu'ils veulent demourer envers vous tels que je vous diSj vous font en toute humilité ung petit présent selon leur puissance , qui est de trois cens marcs de vaisselle d'argent, lequel il vous plaira prendre, ai démonstrant que voatre y reeiit cessée sur eulx. » Alors se teut et fist apparoistre sur deux tables, bassins, tasses, gobelets et autres manières de vaisselle d'argent que ledit seigneur de lÂgny ne dai^a regarder ; mais en homme courroucé fièrement respondit ; « Gomment, meschans, lascbes et in&smes, estes-vous si hardys que d'entrer en ma présence, qui comme fkillis de cueur, sans cause ny moyen^ TOUS estes révoltés ! QueUè fby désormais pourray-je avoir en vous? Si on fast venu mettre le siège devant vostre ville, icelle canonner et as^ Mollir, c'eust esté austrie chose ; maisennemy ne s'est jamais monstre ; ce qui fait assez apparoistre que de vostre propre voulenté estes retournés à l'usurpateur de ceste duché. Si je faisois xùoû debvoir, ne vous ferois-je pendre et estrangler eomme traytres et desloyaulx aux croisées de vos fenestres? allez, fuyez dé devant moy; que jamais ne vous voye. » En disant lesquelles paroles, les povres citoyens estoient toiyours à genoux. Alors le vaillant et prudent cappitaine Loys d'Ars mist le bonnet hors de la teste J et ung genoil en terre dist : « Monseigneur, pour l'honneur de Dieu et de sa Passion, faictes-moy oeste grâce que à ma requeste leur vueillez par-

donner^ car je leur ay promis , et ^mais n*a:arolent fiance en moy si tn'aviez reflusé. J'espère^ monseigneur, que toute vostre vie vous les tirotiterez bons et vrais subjects. » Et les porres gens, sans attendre qu'on répliquast, commencèrent tous d'une voix à cryer: a Moifseigneinr, il sera ainsi que le dist le cappitaine, an bon plaisir de monseigneur, n Le bon seigneur de Ligny , ôuye leur clatneiir, meu de pitié et cfaa^ larmoyant, les fist lever et leifr déelaim deux propos: l'ung d'amitié, l'autrede rudesse, pout leur monstrer qu'ils avoieni grandement faiUy. Quant à Fung dist : « Allel I pour l'aioon^ du cappitaine Loys d'Ars, qui tant m'a bit de services que po.ur de plus grosses choses ne veoldrois k refiiser, je vous pardonne ; et n'y retournet plus; mais au regard de vostre présent, je ne k daigneray prendre, car vous ne lé valiez pas. *• Si regarda autour de kry et advisa le bon chevalier auquel il dist: « Picquet, prenez toute ceste vaisselle ; je la vous donne pour YOstre Cuysine. » A quoi soubdainement respondist: «Monseigneur, du bien que me fiaictes très humblement vous remercie, mais à Dieu ne plaise que biens qui viennent de si mesèhtos gens que ceulx-cy entrent en ma maison; tb me porteroient malheur. >» Si prent pièce k pièce toute ceste vaisselle, et à chascun qui âitoit là en fist présent sans que pour luy en retieisist la valeur d'ung denier, qui fist esbahir toute la compaignie. Quant il eut tout donné, partît hors de la chambre ; aussi firent les hàbkans. Si commencea à dire le seigneur de Ligny à cedx qui estoi^t demeurés : « Que voulez-vous dire, messeigneurs; avez-vous veu lé cueuT de Picquet et sa libéralité? ne luy fist pas Dieu grani tort qu'il ne le fist roy dequdquegrantroyauime ? Il eust acquis tout le monde à luy par sa grâce. Croyez-moy que ce sera une fbisuûg des plus parfaicts hommes du monde. » Brief toute la compaignie donna grande louange au boa chevalier. Quant le seigneur de Ligny eut ung peu pensé pour ce jour et considéré qu'il ne luy estoit rien demouré du présent qu'il luy avoit fait, le lendemain, à son lever, luy envoya une belle robe de veloux cramoisy doublée de satin broché, ung fort excellent coursier , et trois cens escus en une bourse qui ne îuy durèrent guères, car ses compaignons y eurent part comme luy. Peu de jours demeura le seigneur de Ligny qu'il ne retourna à Milan , où estoi

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PAR LE LQY^L SfiîlVITeUR, ClfAP. XVÏÏ.

Y^o te ç^JBftl d^Amboyse, UeatepaQtgéfîér^ fi^^le |R^y; §t de 1^ s'ei) vint (en francp.

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