‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 370 sur 428 · LIVRE VIIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIIL

rindrent, ensend)Ie gros butin, autour deula othe et de la forest : et s'ils eussent en nom- "e d^hommes pour séjourner audit lieu de tinct-Yenant, ils eussent faict au pays de l'ensmy un dommage inestimable ; mais, craignant ne le seigneur du Ren , partant de Marville , ur vinst coupper chemin, prindrent leur re- «Lille à Lillers , avec leur butin. Le seigneur a Reu , qui avoit eu l'alarme par les fuyans, stoil sorty avec environ quatre ou cinq cens he vaux, et les suivoit toujours de loin, mais e les osa attaquer.

Quelques jours après, qui fut le premier jour le may, ceux de la garnison de Béthune, qui à' est qu'à lieue et demie de Lillers, advertys [u'il estoit party de nostre camp grand nombre le chariots pour venir quérir et am^er en nosre camp une grande quantité de farines, que îeux de Lillers, ayant faict réparer les mouins^ avoient faict moudre pour subvenir au tamp, feirent entreprinse de Jes venir destrous- ;er en chemin ; et, à un quart de lieue de 6éhune, à un passage d'un petit pont, meirent quinze cens hommes de pied en embuscade, et envoyèrent environ trois cens chevaux qui vin- Irent couper chemin auxdits chariots devant Lillers, les enfermans entre eux et les gens de }\ed ; de sorte que tous les chariots et char- *ettes furent prins, et avecqueseuxun commiswiire de vivres, qui avoit sur soy quinze cens ^us pour le payement desdites farines. £t tellement s'escrièrent à la charge qu'ils feirent mr iceox chariots, que l'alarme en vint jusques L Lillers : les capitaines qui estoient dedans, lu commencement qu'ils ouïrent ce bruit et ^and hennissement de chevaux, eureht opilion que ce fussent ceux du camp de Marville, lesquels eussent quelque entreprinse de les ve- Qir surprendre en ladite ville de Lillers ; car à Tendroict des marais tendans audit lieu de Mar- /ille, y avoit une bresche à fleur de terre, d'eniiron cent cinquante pieds de long : et pour ce munirent tous à ladite bresche ; mais après 1^ avoir mis la fleur de leurs gens de pied pour la garde d'icelle, le sieur Martin du Bellay, ivecques les gens de cheval, jusques au nom- ()re de cent, sortit à la campagne pour entendre que c'esteit au vray, et n'ayans guères cheminé, descouvrit les Bourguignons, chassang le butin devant eux. Si les chargèrent incontinent, sans marchander, avecques telle im- XV lE SIÈCLE y ChroD. et Menu

pétuosité, que lesdits Bourguignons, avant qu'avoir recogneu de quel nombre de gens ils estoient chargés, se meirent en roupte ; et furent par ceux de Lillers entièrement rescous tous les chariots, chevaux, prisonniers et argent, sans rien y perdre ; encores d(mnèront-ils la chasse aux fuyans jusques sur l'embuscade où estoient quinze cens hommes de pied, lesquels eurent tel effroy de veoir leur cavalerie rompue, qu'incontinent ils sonnèrent l'alarme : et sans cela lesdits chevaux légers de Lillers s'alloient droictement jetter en ladite embuscade; mais au son du tabourin qu'ils ouïrent, ils s'arrestèrent, et se retirèrent le pas et bien serrés en leur garnison, menant, outre le butin recous, six hommes d'armes et huict archers, qu'ils avoient prins en ceste chasse, estant de la compagnie de monseigneur du Reu, sans un qui fut tué sur le champ d'un arquebouzier à cheval, et quelques autres blessés et mis par terre ; encores, sans la pluye qui survint» et qui empescha les arquebouziers à cheval de jouer leur jeu, il en fuist demeuré davantage, aussi qu'il faisoit si glissant, que les François, poursuivant leur victoire, tomboient par terre.

Le lendemain, qui fut le troisiesme jour, de may, leroy qui, après avoir eu souvent nouvelles du camp des ennemys qui se renforçoit en Piémont, .et de la prochaine descente d'un nombre de lansquenets nouvellement levés pour y vejiir, avoit délibéré d'y envoyer renfort de gens, et se contentoit, pour ceste année, d'avoir prins Hédin et fortiCé Sainct-Pol, ainsi qu'il pensoit, se deslogea de Pemes et s'en alla loger à la Contey, près d'Aubfgny. De là feit sçavoir aux capitaines estans à Lillers, qu'ils eussent à le suivre, et à mettre le feu dedans la ville, réservant seulement l'abbaye des nonnains et les églises, et faire à l'entour des murailles le plus grand nombre de bresches qu'ils pourroient, afin que l'ennemy n'y retoumast loger pour faire ennuy à Thérouenne et à Sainct- Pol ; ce qui fut par iceux capitaines exécuté. Quatre ou cinq jours se tint ledit seigneur à la Contey, tousjours surattendant que ladite fortification de Sainct-Pol se paraçhevast.

Et ce pendant le comte Guillaume de Fustemberg ayant faict secrettement praticquer les Allemans estans dedans Arras, auxquels il estoit deu trois mois, et qui jà estoient quittes de leur serment, feit entreprinse, avecques le sei-

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gneur d'^mdMnlt, et les chevaux légers qui estoient tous soubs U eharge dodit seignear d'Annebâulti d'aller oonrir devant Arras, en intention qn'icenx lansquenets» soobsumbre de sortir à rescarmouche, se viendroient joindre avecques faiy , quoy advenant, la ville feost demenrée dégarnie de gens, par qaoy elle eost esté aisée à surprendre ; mais le seigneur Distain, fih dû comte de Bores, estant en la ville d'Arras, eut crainte on souspeçon qae, sMls sortoient, il en advint ce qae ledit comte Guillaume en attendoit ; et à ceste cause, ne voulut jamais souffrir qu'ils sortissent à l'escarmouche ; et, afin de leur donner plus gracieuse et à eux agréable excuse, leur dit que d'heure en autre il attendoit les commissaires contre-rolleurs, et argent pour faire monstre ; et que, ce ftiict, il leur donneroit congé d'escarmoucher tant qu'ils voudroient. Ainsi fut vaine l'entreprinse dudit comte, et se retirèrent, luy et ledit seigneur d'Annebauh, au camp devers le roy, lequel [Hs trouvèrent délibéré d'aller en personne visiter la fortification de Sainct-Pol. Et, à ceste cause, partant de la Contey, vint loger à Sainct-Martin, qui est un chasteau distant d'un quart de lieue audit Sainct-Pd, de là où part le petit ruisseau qui passe par ladite ville, appanteiMint ledit chasteau au seigneur de Bajlleui. Estant sur le lieu, il visita la viUe dtidtt Sainct-Pol et les remparts encommencés; et voyant que Tempereur n'avoit aucune armée ensemble, ny apparence (aux nouvelles qu'il avoit) que de trois mois il peust mettre suffisantes forces ensemble pour faire aucune entreprinse de conséquence, il se déUbéra de Ken pOurreoir ladite place de gens, de vivres, d'artillerie, munitions et de toutes choses requises et nécessaires à la garde d'une place d'importance, et ce falct, donner congé à une partie de son armée, autre partie envoyer en Piémont, avecques bon nombre de lansquenets qui luy venoient alors soubs la conduittè du duc Chrestofle de Wittemberg.

Audit Sainct-Pol fl meit pour chef et gouverneur messire Jean de Touteville, seigneur de Villebon, prévost de Paris, avecques les cinquante hommes d'armes dont il avoit la charge; le seigneur (^e Moyencourt, nommé de Hangey, avecques cinquante autres hommes dont il avoit la charge ; le capitaine Martin du Bellay, ^avecques ses detix cens chevaux légers;

le capitainel a Salle et le capitaine Sainct-Âobni ,

Normans, aver^aes chacun cinq cens hommet

de pied ; le capitaine Blérancoort et Yvillf ,

Picards, chacun autres cinq cens hommes.

etdedans le chasteau futmisparledit teigneorle

capitaine René de la Palletiere avecques nilk

hommes dont il avoit la charge. Les cIhmr

ainsi ordonnées, et argent laissé tant poor ï

payement des pionniers que powr acheTer li

fortification, ledit seigneur vint loger t h

camp, et le lendemain à Dourlens, où il do»

ordre de rompre son camp, ayans mis pr#

rement audit lieu de Dourlens en garniai'

comte Guillaume de Fustemberg^ avecqni

trouppe de lansquenets, qui pouvoicnt tm

au nombre de huict mille, et de gens decbe^

le sieur d'Estrée, avecques la compagnie è

duc d'Estampes, de cinquante hommes (faf

mes, et le seigneur de la Roche-do-SMi'

avecques la sienne de pareil nombre, pt^

tousjours donner Ç^veur à la fordficatiûo ^f

rachèvement de Stetrfict-PoL

En ce pendant arriva le seigneur de I^ vers le roy, pour luy faire entendre antofç'<> la vérité restât des affaires de Piémont Ar« qu'il apporta fut tenu souvent conseil e<^fc»«'[' choses ordonnées, et, entre autres,fctWft^ gneur de Langey redépesché en ¥k^ ^ cy-après vous pourrez entendre ceq©»^' vint, qui me ftiict retourner à Saificl-Poil/ seigneur de ViDebon, après le partemert* roy, assembla les capitaines qui estoientt mourés avecques luy, et parce q»'*** d'entre eux jamais n'avoient veo h ville4|* le commencement de la fortification, W* visé que tous ensemble la visitcroicntîP* après rapporter chacun son advis au cfl»* pour donner ordre de diligenter les choses? semMeroient estre plus hastives et nécesstf* Après l'avoir visitée, se trouvèrent par ofi^ commune, que, sans toucher au dedatf* ville (laquelle estott plus que nécessaire*^ parer), il estoit impossible que de ^^^ boulleverts fussent ftfîs m deffence, ès<p toutesfoys, consistoît la principale esp^ et force de la ville. A ces causes, pour ^^ diligenter, fat advisé de distribuer les qnarWff aux capitaines qu'ils devroient g^irder, adven^ le siège, afin que chacun en son endroictniff la main à l'oeuvre, et fdt besongoer »» avecques les pionniers.

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