LIVRE vm
[ISST]
Pol estoit séaeschal, de par l'empereur, \e geignear de liguereuUes, lequel et autres officiers qui eussent payé grosse rançon, Ajr^t prisonniers du seigneur d' Annebault ; mais le roy les feit tous relascber sans payer finance, voulant garder sa sauve-garde en leur endroict jusques à ce jour, combien que plusieurs luy conseillassent du contraire, alléguans des raisons beaucoup, par lesquelles il apparoisspit qu'iceux séneschal et officiers avoient contirevenu aux articles de la sauve-garde.
JL£sdits ville et chasteau rendus à l'obéissance du roy, ledit seigneur envoya de nouveau la visiter, pour scavoir si et en combien de temps cUe estoit fortifiabie. Les advis en furent divers ; mais un obtint, dont fut chef et principal autbeur un Italien fortificateur, nommé Antoine du Castel, lequel du Castel entreprint et se feit fort de rendre la ville en six sepmaines imprenable à tout le monde, non qu'à l'empereur ; et tellement en asseura le roy, qu'à ceste persuasion, laissant autres entreprinses en arrière, lesquelles il avoit auparavant délibéré d'exécuter, logea son camp à Pemes, pour faire teste à l'ennemy pendant que la susdite fortification se ferpit.
Cependant que le camp se logeoit , monseigneur le grand-maistre et monseigneur le duc de Guise, prenans avecques eux quelque nombre de gendarmerie et de chevaux légers , se meirent aux phamps pour aller visiter le pays, lesquels s'approchans de LUlers, ville distante de deux lieues par-delà Pernes, ayans envoyé quelques avant-coureurs devant, lesquels, venus jusques aux barrières, ne virent personne «'apparoir ny dedans ny dehors, sisejettèrent quelques-uns à pied, et, avecques des escbelles qu'ils trouvèrentaux fauxbourgs, se bazardèrent de monter sur lamuraille,cequ'ils feirentsans résistance; car en toute la ville n'y avoit personne que des religieuses en un monastère, auxquelles s'adressèrent lesdits avant-coureurs, et d'elles entendirent que le seigneur de Liévin, capitaine de la ville, incontinent qu'il eut nouvelles du camp de France qui s'ftpprochoit,s'efiitoit retiré par la porte des marais, avecques toute sa garnison, droict à [Saipct- Venant et ft MarviUe, sur la rivière du Lys, èsquels lieux estoit logé le seigneuy du Reu avecques une partie du camp de l'empereur. Ce rapport feirent lesdits avant-coureurs à mondit seigneur le
grandrmaistra, \^^el in^eontinent vint venir I4 ville, et commanda que, sur peine de 1^ vie» S ne fust&ict mal ny desplaisir aux biens ny personnes desdites religieuses. Et, trouvant la ville à propos d'estre gardée pendant que le camp séjourneroit à Pernes, pour tenir le passage en seureté, à ce que ceux de Sainct-Venant et Marville ne vinssent donner l'alarme en nostre camp, y laissa le capitaine Martin du Bellay avecques ses deux cens chevaux légers, et luy bailla mille hommes de pied, soubs la charge du capitaine la Lande, pour donner ordre que de ce costé là ceux de Sainct-Yenant et de MarviUe ne peus'sent passer pour donner ennuy aux fourrageurs de nostre camp. Les chevaux légers et gens de pied ordinairement faisoient des courses es marais, et en amenoient de gros butin, tant de bestial que de prisonniers des gens du pays d'alentour qui s'estoient retirés auxdits marais, pensans y estre à seureté : mais ceux de Sainct-Venant et de MarviUe avoient d'autres chemins oblicques et traversans à travers les marais ; parquoy ne laissoient de sortir par autre costé, et feisoient de l'ennuy beaucoup aux fourrageurs et vivandiers, et faisoient l^r retraitte au marais , en un lieu merveilleusesèment fort d'assiette, nommé Sainct-Venant , et que l'on jugeoit n'estre forçable; car la rivière du Lys en cest endroict faict une isla, laquelle ils avoient fortifiée de remparts, et avecques des escluses faisoient flotter l'eaue tout à rentour,de sorte qu'on n'y pouvoit venir que par une advenue qui n'avoit point cent pieds de large; et au travers de ladite advenue avoient fsiict un fossé large et profond , bien bastionné par les flancs, et 9ur les bastions avoient assis bon nombre de arquebouzes à croq, es lieu qu'ils jugeoient pouvoir plus offepcer leur ennemy, s'il approchoit.
Monseigneur le grand-ipaist^e, prenant avec soy le comte Guillaume de Fustemberg et quatre mille de ses lansquenets, avec pareil nombre de gens de pied françois, entreprint de fo^c^ ledit passage : si deslogea de Pemes, avec bonne délibération de ce faire , moyemumt l'ayde de pieu, et tellement poursuivit son entreprinse« qu'il le força, mais non san^ grande et meryeilleuse difficulté; car, d'arrivée, les lansquenets furent repoulsés par ceux de dedans en grande furie, où ils perdirent des hommes, sans beaucoup de blessés ; et jà comipencoit le jour
à décfawry ifimid Chiiles Hartel , seigimr de BaequeviHe, Nomun, feustaia ptr le capitaîDe k Lande, Picard, apperceot on endroict du toÊëé plus mal garny de gens qœ n estoient kf aolres; et , cependant qœ rennemy estoit ententîfàse deÂndre aiDeim , et qœ les assailbnsrentretenoient,lesdits?k>nnans8ejeftèrent ancfit fossé sans crainte de oMMt on de hazard, et , depuis qo^ib forent venus jnsqoes an combat de main à main, Fenvie d'acquérir hooneor, et le serrice qo'ik aroient désir de bire à leur prince , les condoisit si avant , qu'avecqœs grande perte de gens, ils forcèrent fossé , rempart et bastion. Les ennemys, se voyans forcés par cest endroict, abandonnèrent les antres deSiences ; par qnoy le snrphis des François et lansquenets entra dedans , et parmy eox ledit seigneur grand-maistre leor donnant coorage ; de sorte que ksdits ennemys de toutes parts furent contraints de se mettre en fuitte, dont fut faicte extresme boucherie par les dessusdits Normans et Picards , pour revencber la mort de ceux qu'ils avoient perdus audit combat. Restoit encores le second fort à gaigner, auquel n'y avoit qu'un pont à garder, lequel estoit entièrement barréàgrandes et grosses pièces de bois joignantes bien près les unes des autres , et les intervalles des barrières garnies de bons arquebouziers ; plus, y avoit auprès du pont un moulin basty de pierre de taille, bioi percé à propos, et garny d'arquebouzes à croq etd'autrearquebouzerie: en sorte que, sans Peffiroy de ceux qui , après le premier pas forcé, s'en estoient fbis et retirés audit second fort , et que les victorieux les poursuivirent si \ivement, qu'ils ne leur donnerait foisirde prendre haleine ny de se recognoistre, la conqueste dndit second fort eust esté beaucoup hazardeuse : mats ik furent si chaudement menés et de François et d'AUemans, que de ceste furie ils furent forcés, et tous entièrement mis à l'espée, et jusques aux femmes s'estendit le courroux des lansquenets. Les morts furent estimés de douze à quinze cens, que d'un costé que d'autre, sans ceux qu'on présume avoir esté brusiés parmy les maisons; car, après avoir fecueilly le butin, qui estoit grand , le feu fut mis partout. La nuict estoit venue quand mondit seigneur le grand-maistre feit sonner la retraitte ; et se retira , menant son armée chargée de butin , au Hm de Pemes, ou il estoit attendu du roy , le-
quel fut très joyeux de cesle emulîua. Lesi< gneor de fhasteari -Briaat — rchni ipi i tm qœs quelques pièea ifartilaie;Bsiiàroecasion des marais qu'il trouva, ne pcnt joïDlt jusques audit Beu de Sainct- Ycnuit
Me tardèrent que de deux joors i|rà,f1 fut apporte nouveBesaoïfitacigneareonttls Bourguignons estoient retflorDésdfdiDs Sutf- Venant , et s'efloreoieDi de le renpm ctir tifier ; chose qui est bien aisée , car e'cst b isie triangulaire et mal accessible. Si déptsà incontinent audit capitaine Martin , fsiai LiOers, comme dist est, à ce qu'A thsts^ gnoistre ce qœ c'estoit, et, s'il trouroitkE fbrçable avecques ce qaÛ avoit de gn^ pied, qu'il s'en meit à son devoir de le ixff sinoa, qu'il envoyast quérir du secoersaotuf
et il luy seroit tout soudam envoyè.SoiTtf i^ quel commandement, partirent de Lftniec seigneur de BeHay, et le capitaine h bBi* avecques sa troupe de gens de pied, io^ jettèrent devant eux vingt-cinq ou t«a»<i^ vaux et quelqœ nombre d'arqud»oimi> dispos , parce qœ le pays est fort de p^ fossés et canaux , et le reste de b o^ feirent marcher quant et les gens defs^^ dits coureurs ne furent si tost dat0^^ ceux qui réparoient le fort, qui posiiB^*^ le nombre de cinq à six cens boinitt^ ^^ n'abandonnassent Toeuvre pour se af^^^ fuitte parmy les marais. Toutcfoy»f ï**"^^ se retirer , ils rompirent le pont, po«ff ** qu'ils ne fussent suivis ; mais les t^nt-* reurs firançois incontinent meircnl pirf » ^ et, à l'aydc des arquebouziers qui ertoieni»'^ suitte, refirent en haste le pont,au bm«o? peurent, de clayes et des portes desn»^ qui avoient esté sauvées du feu lesjooïsr dens , et par-dessus passèrent leurs chf^ les menans par la bride, faisans sçavoirn^ très gens de pied qu'ils eussent à ^*^f^^ venir garder le pas et refaire le poDt pwtf^
sir, afin qu'à leur retraitte 'Isy I*''^^^^^ à cheval. Ce fdct , ib se mirent à b poŒ^^ des ennemys, qui foyoient, les unsdrtjict» ^ ville, où estoit campé noonseigneordoR^ ques quatre mille hommes de pied fj^^ cavalerie, les autres droict à la '^YfLsib où il y a un chasteau fort voisin de bt
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