‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 412 sur 428 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

nerpont, qui forent prins, sans y avoir aucun moyen de les recourre. L'alarme estant venue à Boulongne, les Anglois renforcèrent leurs gens jusquçs au nombre de sept cens chevaux, et quatre cens arquebouziers à pied, lesquels, passans la rivière, se vindrent embusquer en un village appelé Danes, entre Estappes et ledit fort, cependant que ledit de Senerpont mit les vivres dedans ledit fort, espérant sur sa retraitte ledefTaire. Mais arrivant ledit de Senerpont sur les gens de cheval , n'estant encorcs joincts les arquebouziers avecques eux, délibéra de tenter la fortune, et les combattre avant qu'ils fussent asseml^iés. Leur cavalerie estoit en trois trouppes, dont les deux se joignirent ensemble, et la tierce se jetta sur les aisles, pour charger nos gens par les flancs. Auquel lieu se trouva, avecques ledit seigneur de Senerpont, le seigneur de Tbays, ayant seulement six ou sept gentilshommes avecques lu y et le comte Rin- Grave avec pareil nombre, lequel comte Rin- Gra vendes la première charge, fut porté par terre et blessé, et le mareschal du Biez menoit la battaille avec le reste de Tarmée. Mais, arrivans cesdits hommes d'armes à la charge, la feirent si fiirieuse que les Anglois n'eurent moyen de les soustenir ; où furent tués des leurs et des nostres^ sur la place, environ deux cens chevaux. £t le mareschal de Calais, chef de l'entreprinse, y mourut, et pareillement de cent à six-vingts Anglois ; et fût prins le nombre de soixante et quinze prisonniers» tous ayans la casaque de veloux pourfillé d'or et d'argent. Un autre temps le mareschal du Biez, adverty que les vivres commençoient à diminuer au fort, délibéra d'y mener envitaillement. Par quoy, partant de son camp au-dessus de Montreul, printt le chemin du mont Sainct-Estienne , auquel lieu il trouva le milort Sorel, accompagné de six mille Anglois, pour empescher ledit envitaiUement. En la compagnie dudit mareschal avoit cinquante hommes d'armes, et le comte Rhi-Grave, avec son régiment de quatre mille lansquenets, et deux cevis arquebouziers conduits par le capitaine Bmeil, Breton, et le capitaine Escarbouillat. Ledit mareschal, se trouvant cA ce hazard, délibéra, par l'advis des capitaines, de passer outre, et les combattre, encore qu'il fust moindre de nombre de deux mille hommes ; car, se retirant, il eust perdu «on diarroy et vivres. Ayant conclud le combat,

marcha droit aux ennemys. Le combat fut long et furieux, mais enfin, les Anglois furent renversés, et se retirèrent en un petit fort, lequel ils ne sceurent garder. Audit combat moururent de septà huit cens Anglois : le milort Sorel, fils du duc de Norfolc, leur général, se sauva avec le reste à lafuitte, et demourèreutdes leurs de sept à huit-vingts prisonniers.

Le roy d'Angleterre, considérant la diminu*tion de ses finances, le grand nombre d'hommes qu'il avoit perdus, et les infinys frais qu'il auroit encores à supporter, eu esgard à robstina^tion en laquelle estoit le roy pour reconquérir sa ville de Boulongne, et ayant cognoissance que Terapereur (quelque ligue qu'ils eussent ensemble) ne taschoit qu'àson prouffit particulier, délibéra de mettre fin à la guerre et aux querelles d'entre le roy et luy ; ce qu'il feît en*tendre au roy, et que, faisant trouver à Ardres ses députés à ceste fin, il ferait trouver les siens à Guines. Le roy, encores qu'ils eust déjà restreint la ville de Boulongne, consentit toutesfoys ceste assemblée, parce qu'il cognoistoit la mauvaise volonté que luy portolt l'empereur, par le peu d'asseurancede paix qu'a voient rapporté ses ambassadeurs à leur retour devers ledit empereur, et qu'il ne vouloit avoir tout en une fois sur ses bras deux tels ennemys que l'empereur et le roy d'Angleterre. A ceste occasion, dépescha monsieur l'amiral d'Annebault, et monsieur Raimond, premier président de Rouen, pour aller à Ardres, et se trouva à Guines l'amiral d'Angleterre^ nommé milort Dudelet, qui depuis a esté duc de Nortumberland. Lesquels estant assemblés en un lieu ordonné entre Guines et Ardres, finaUement, après avoir convenu de plusieurs choses, accordèrent une paix, avecques telles conditions, que le roy, dedans huict ans, devoit payer huict cens miHe escus au roy d'Angleterre, tant pottr les arrérages de sa pension, et pour les frais de la guerre qui estoit provenue à cause du reffus de payement d'icelle pension, que pour plusieurs autres despences faictes par ledit rov d'Angleterre, tant aux fortifications de Boulongne que du Boulonnois. Aussi le roy d'Angleterre dey<»<t, moyennant ladite somme, remettre entre les mains du roy Boulongne et tout le Boulonnols, avecques les places, tant anciennes q«re par hiy nouvellement édîfiées,comme leMont-Land)ert, la tour d'Ordre^ AmMetuell, Blaequenay et a«-

très, en leur entier, et toute rartillerie, vivres et :;iunitions qui estoient dedans lesdites places. Ces choses estans accordées et signées respectivement par le roy et le roy d'Angleterre, alla Tamiral d* Annebault devers iceluy roy d'Angleterre, pour luy veoir jurer ladite paix : et le milort Dudelet, de la part du roy d'Angleterre, vint devers le roy luy veoir faire le semblable; ce qui fut faict, tant d'une part que d'autre, par lesdites Majestés,

Le. . .jour de. . . 1546, estant le roy à la Roche Guy on, les neiges estoient fort grandes , se dressa une partie entre les jeunes gens estans près la personne^ de monseigneur le dauphin: les uns gardoient une maison, et les autres l'assailloient à pelottcs de neige ^ mais, durant ledit combat , le seigneur d'Enguien , François de Bourbon^ sortant de fortune hors d'icelle maison, quelque maladvisé jetta un coffre plein de linge parla fenestre, lequel tomba sur la teste dudit seigneur d'Enguien, et le blessa, de sorte que, peu de jours après, il mourut, au grand regret du roy et de toute la cour, pour la jeunesse florissante de luy, et le peu d'occasion de révénement de sa mort : lequel avoit esté autant bien fortuné en tous les lieux où le roy Tavoit employé, aymé et estimé des gens de guerre (mesmes des estrangers) que jeune homme de son âge qui ayt esté de nostre temps.

Après la paix accordée avec le roy d'Angleterre, le roy, sentant l'empereur en Allemagne, eX n'estant asseuré quelle fin prendroit la guerre encommencée par ledit empereur contre les protestans, voulut luy-mesmes visiter sa frontière, tant de Champagne que de Bourgongne , pour veoir quelle diligence on avoit faict aux fortifications qu'il avoit ordonnées ; et s'achemina par la Bourgongne, pour faire ladite Visitation, commençant à Bourg en Bresse, de là à Challons sur la Saône, puis à Seurre, petite ville sur ladite rivière, laquelle de nouveau il avoit commencé à fortifier. Puis, passant à Beaune et Dijon, print son chemin par la Champagne, et, y estant arrivé, visita sa ville de Langres, et envoya l'amiral d'Annebault pour visiter Coiffi et Montigny-le-Roy, lequel vint retrouver le roy à Chaumont-en-Bassigny. Et, partant de Chaumont, le roy visita Ligny-en-Barrois, Sainct-Dizier et autres places, et vint faire sa feste de Toussaincts à Jenville, après avoir vi- i

site madame la duchesse de Lorraine à Ba^l^ Duc. Puis il passa à Yitry-le-François, qui est une place qu'il avoit commencée sur la ri>ière de Marne, aune lieue de Vitry-€n-Parthois, parce qu'il ne trouvoit qu'on peust fortifier ledit lieude Vitry-en-Parthois, pourTincommoditéde l'assiette commandée de trois ou quatre nmtagnes. De Vitry-le-François alla à Saincte- Menehoult, à Villefranche-sur-Meu&e, à Mouson, à Sedan, à Mésières, à Maubert-Fontaine, passant à Mont-Cornet en Ardennes, et se retira à Nostre- Dame de Liesse, età Folembray, où il solemnisa la feste de Sainct-André.

(1547) Le roy, partant de Folambrav, vintà Compiègne,et j ayant séjourné trois sepmainfs ou un mois, se retiraà Sainct-Germain-en-Laye, auquel lieu il receut les nouvelles dutrespasda roy Henry d'Angleterre, huictiesmedecenont, lequel laissa un filsderâgedebuictans,noinmé Édouart. Duquel trespas le roy porta grand ennuy, tant pour l'espérance qu'il avoit de faire ensemble une alliance plus ferme que celle qu'ils a voient commencée, que parce qu'ik estoient presque d'un âge et de mesme compi^ xion,eteut doute qu'il fust bientost alleraprès. Mesmes ceux qui estoient près sa persoDoe trouvèrent que depuis ce temps il devint plus pensif qu'auparavant. Si est-ce que, considérant que l'événementde la guerre est incertain, et que, advenant que l'empereur vinst à son entente contre les Allemans, il pourroit toaroer ses forces sur luy, dont la Champagne en poorroit souffrir, dépescha le seigneur de Laugey pour faire parachever les fortifications de ladite frontière, et, pour cest effect, ordonna neuP vingts mille livres. Et, pour pourvcoir lesdites places de vivres, dépescha le seigneur de Plancy, son maistre des requestes, et le seigneur de Boran. Mais devant que la chose fust exécutée, sa mort intervint ; car, peu de jours après, luy vint une fièvre lente, pour laquelle passer il s'en alla à la Muette, maison nouvellement par luy édifiée, à deux lieues de Saincl-Gennain, au bout de la forest. Mais, y ayant faict séjoor de sept ou*huit jours, il s'ennuya, et en partit sans repasser par Sainct-Gefmain-en-Laye, et alla coucher à Villepreux, où la nuict il eut (pi^ que accès de fièvre. Le lendemain, allacoochtf à Dampierre, près Chevreuse, duquel lie» ^ print son chemin pour aller faire son quaresmç prenant à Limours ; et de jour en jour ccuiqw

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