‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 61 sur 428 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

ÇoDuncBi l'en^percur délibéra doBoer rassault à Padoœ, et Toccasiou pourquoi il demoura.

Vous avez entendu cy-devant comment f artillerie de l'empereur, du duc de Ferrare et marquis de Mantboue, avoit faict trois brèches, qui toutes mises en une contcnoientdemy-mille ou peu s'en falloit ; ce que par ung matin l'empereur, accompaigné de ses princes et seigneurs d'Almaigne, alla veoir, dont il s'esraerveilla; et se donnoit grant honte , au nombre de gens qu'il avoit, que plus tost n'avoit fait donner Tassault^ car jà y avoit (rois jours que les canonier5 ne (iroient que à pierre perdue en la ville.

DE BAYART, [1509]

pour ce que à l'endroit où ils estoient n*y avoiaat plus de murailles ; par quoy luy, revenu à son logis qui estoit distant de celluy du seignear de la Palise d'ung gect de boulle seulem^t, appella ung sien secrétaire franoois auqud il fit escripre une lettre audit seigneur, qui estoît en ceste substance: «MoncousinJ'ayestéà ce matin veoir la brèche de la ville, qui est plus <pie raysonnable qui vouldra faire son debvoir. J'ay advisé, dedans aujourd'huy , y faire donoer l'assault. Si vous prie que, incontinent que mon grant tambourin sonnera, qui sera sur h niîdy, vous faictes texûr prests tous les gentilshommes françois qui sont soubs vostre diarge à mon service par commandement de mon frère le roy de France, pour aller audit assault avec mes piétons, et j'espère, avecques Fayde de Dm, que nous l'emporterons, n Par le mesme secrétaire qui avoit escripte la lettre, l'envoya an seigneur de la Palisse, lequel trouva assez estrange ceste manière de procéder. Toutesfois il dissimula. Bien dit au secrétaire : «Jem'étoone que l'empereur n'ait mandé mes compaignons et moy pour plus assurément délibérer de ceste affaire. Toutesfois vous luy direz qu^ je les vois envoyer quérir, et eulx venus, je leur montreray la lettre. Je croy qu'il n'y aura cdluy qui ne soit obéissant à ce que l'empereur vouldra commander. « Leseorétaire retourna faire son message, et le seigneur de la Palisse manda tous les cappitaines françois, lesquels vindrent à son logis. Desjà estoit bruyt par tout le camp qu'on donneroit l'assault à la ville sur le midy ou peu après. Lors eussiez veu une diose merveilleuse, car tous les prestres estoient rétros à poids d'or à confesser, pour ce que chascua se vouloit mettre en bon estât, et y avoit plusieurs gens d'armes qui leur bailloient leurs bourses à garder ; et pour cela ne fault faire nul doubte que messeigneurs les curés n'eussent bien voulu que ceulx dont ils avoient l'argent feussentdemourés à l'assault. D'une chose veulx bien adviser ceux qui lysent ceste histoire, que cinq cens ans avoit qu'en camp de prince ne fut veu autant d'argent que y en avoit là; et n'estoit jour qu'il ne se desrobast trois ou qua-' tre cens lansquenets qui emmenoient beufs ou vaches en Almaignc, licts, bleds,soye à filer et autres ustensiles , de sorte que audit Padouan fut porté dommage de deux millions d'escus, qu'en meubles, qu'en maisons et palais brusiés

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