‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 99 sur 428 · CHAPITRE LVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVn

le iDj BfiDTZ iT Angleterre defoendit ea France et ■a h élft devant Thérouenoe , d'une bataille dicte la ém Etpermtê, oà le ben cbe^allar fit merreflles i tf erot ■errice» «n FraiM.

Ealao mil cinq cens et treize, vers le com-

iiMTifiBimt, le roy de France renvoya une ar-

BKT m Ttalie soubs la diarge de la Trimoille.

Ja anit fsié fait l'appoinctement entre le roy

detonoaet les Vé&iciens qui y portoient £a-

^tv^lMaribis le pas alla assez mal pour les

FBmfok^at ils perdirent une journée contre

kf9ntf$; et y furent les fils de messire Ro-

iMipIl Marche, qui avoient charge de lans-

VMi^ ^pasi laissés pour mors, et les alla

fék leur père dedans ung fossé. Si convint

.Rrançoishabandonnerlalombardie

imée, A leur retour fut adverti le roy

^liWtt comment Henry, roy d'Angleterre,

^h lanp^^ur, estoit descendu à Calais

s^lMK puissance pour entrer en son pays

dani^, jLe roy de France fist ;son].Ueute*

nantgénéralle seigneur de Pyennes,gouvemeur audit pays, avec grosse puissance pour, à ed Henri r^ister. Le^Ànglois, arrivés qu'ils feus*sent en la campaigne, allèrent planter le siège devant Therouenne, qui estoit bonne et forte, où pour ycelle garder estoient commis deux gailr lards et hardis gentilshommes, l'ung le seigneur de Théligny, séneschal de Rouergue, cappitaine saige et asseuré, et ung autre du pays mesme, appelle le seigneur de Pont-de-Remy, avecques leurs compaignies, et quelques adventuriers firançois, avecques aucuns lansquenets soubs la charge d'ung cappitaine Brandec. Ils estoient tous gens de guerre et pour bien garder la ville longuement s'ils eussent eu vivres; mais ordinairement en France ne se fontpas voulentiers les provisions de saison ne de raison. Le siège assis par les Anglois devant ladicte ville de Therouai^ne, commencèrent à la canonner; encore n'y estoit pas la personne du roy d'Angleterre; ains, pour ses Ueutenans y estoient le duc de Suffoc, messire Charles Brandon et le ^cappitaine Talbot, Mais peu de jours après y arriva, qui ne feust pas sans avoir une grande frayeur, entre Calaiset son siège de Therouame, auprès d'ung village dit Toumdian, car bi«ii cuyda estre là combattu par les Françcris, qui estoient &ï nombre de douze cens hommes d'arr mes, tous bien délibérés ; mais avecques euh n'avoient p<Hir l'heure nuls de leurs g^as dl pied, qui leur fut gros malheur^ et luy par la contraire n'avoit nuls gens de cheval, mais en* viron douze mille hommes de pied, duquel noai^ bre estoient quatre mille lansquen^. Si appro^ chèrent les deux armées à une portée de canon l'tme de l'autre. Quoy, voyant le roy d' Angleterre eut paour d'estre trahy. Si descendit i pied et se mit au milieu des lansquenets. Les François vouloient donn^ dedans, et mesme le bon dievaUer, quidist au seigneur de Pyennes plusieurs fois : « Monseigneur, ebaigeen84es ; U ne nous en peult arriver dommaige sinon bien peu, car si à la première charge les ovh vrons, ils sont rompus ; s'ils nous repmmeat^ mAu nous retirercms toujours ; ils ami à pied et nous à dieval. » Q«psi tous les François fii* rent de ceste opinion*, mais ledit seigneur de Py<mnes disoit ; <• Hessei^Murs, j'ay charge sur ma vie du roy nostre maistre de ne riens hasarder, mais garder son pays; âdctes ee qu'il V0U5 i^aira, mais de ma part je ne m'y

CHRONIQUE DE B\YART,

consentiray pokit. » Ainsi demoora ceste chose, et passa le roy d'Angleterre et sa bende au nez des François. Le bon chevalier, qui envis enst délaisser despartir la chose en ceste manière, va donner sur la queue avec sa compaigniêi el les fist serrer si bien qu'il leur convint habandonner une pièce d'artillerie dicte Sainct-Jehan; et en avoit encore le roy d'Angleterre unze autres de ceste façon, et les appdloit ses douze apostres; ceste pièce fut gaignée et amenée au camp des François. Quand le roy d'Angleterre fut arrivé au siège de Therouenne avecques ses gens, ne fault pas demander s'il y eust joye démenée, car il estoit gaillart prince et assez libéral. Trois ou quatre jours après arriva Fempereur Maximilian avecques quelque nombre de Bourguignons et de Hennuyers. Furent lors fietictes les approuches devant la ville et icelle canonnée furieusement. Ceulx de dedans respondoientdemesmeetfaisoientleursrempars au mieulx qu'ils povoient, mais sans doubte ils avoient nécessité de vivres. Le roy de France estoit marché jusques à Amiens, lequel man-* doit tous les jours à son lieutenant général de Pyennes que, à quelque péril que ce fut, on advitaillast Tbérouenne; et cela ne se povoit &ire sans grant hazart, car elle estoit toute endose d'ennemys; toutesfois, pour complaire au maistre, fut conclud qu'on yroit avec toute la gendarmerie dresser ung alarme au camp. Le roy d'Angleterre en fut adverty ; et dès le point du jour avoit fait mettre au hault d'ung tertre dix ou douze mille archiers anglois et quatre ou cinq mille lansquenets avecques l^uy t ou dix pièces d'artillerie, afin que, quand les François seroient passés oultre, ils descendissent et leur coupassent le chemin ; et par le devant avoit ordonné tous les gens de cheval, tant Anglois que Bourguigncms et H^muyers, pour les assaillir. U fault entendre une chose, que peu de gens ont sceue et qui ont donné Uasme de ceste journée aux gentilshommes de France à grant tort ; c'est que tous les cappitaines françois déchirèrent à leurs gens d'armes que ceste course qu'ils faisoient estoit seulement pour refreschir ceulx de Therouenne et qu'ils ne vouloient aucunement combattre, de sorte que s'ils rencontroient les ennemys en grosse troppe, ils vouloient qu'ils retournassent au pas, et s'ils estoient pressés, du pas au trot, ^tdu trot nu galop, car ils ne vouloient riens

bazarder. Or, commencèrent à marcher les François et approchèrent ia ville de Therouenne d'une lieue près et plus, ou commencea l'escarmouche forte et rude. Et très bien fit son debvoir la gendarmerie françoise jusques à ce qu'ils vont veoir sur le costeau ceste grosse troppe de gens de pied en deux bendes, qui estoient marchés plus avant qu'ils n'estoient et vouloientdescendre pour les clorre;quoy voyant fut la retraicte sonnée par les trompettes des François. Les gendarmes, qui avoient leur leceon de leurs cappitaines, se misrent le grant pas au retour; Us furent pressés et allèroit le trot, puis au grant galop, et se vindrent gecter sur le seigneur de la Palisse, qui estoit en bataille avec le duc de Longue ville, en si grande fureur qu'ils misrent tout en désordre. Les chassans, qui très bien poursuyvoient leur pointe, voyant si povre conduite, poussèrent oultre tellement qu'ils firent tourner le dos à tous les François. Le seigneur de la Palisse et plusieurs autres y firent plus que leur debvoîr ; et cryoient à haulte voix : « Tourne, homme d'armes, tourne, ce n'est riens. » Mais cela ne servoit de riens, chascun taschoit de venir gaigner le camp où estoit demeurée Fartillerie et les gens de pied. En ce grant désordre fut prins prisonnier le duc de Longueville et plusieurs autres, comme le seigneur de la Palisse, mais il eschappa des mains de ceulx qui l'avoient pris. Le bon chevaUer s'éloignoit à grant r^ret et toujours se retoumoit sur ses ennemys menu et souvent, avec quatorze ou quinze hommes d'armes qui estoient demeurés auprès de luy. Si vint en se retirant à trouver ung petit pont où il ne povoit passer que deux hommes à cheval de front, et y avoit ung gros fossé plein d'eaue qui venoit de plus de <femye> lieue de loing et aUoit à demy-quart de Ueue plus bas faire mouldre ung moulin. Quand 11 fiit sur ce pont, dit à ses compaignons : « Mes amys, arrestons-nous icy, car d'une heure no« ennemys ne gaigneront ce pont sur nous; » et puis appela ung de ses archiers auquel il dist : « Allez vistement à nostre camp et dictes à monseigneur de la Palisse que j'ay arresté les ennemys sur le cul, du moins d'icy à demyeheure, et que cependant il face chascun mettre en bataille et qu'on ne s'espouvante point ; ains qu'il me semble qu'il doit tout bellement mardier ença; car si poussoient jusques à là nos

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PAR LE LOYAL SERVITEUR, CHAR LVIt-

gjOis ainsi desroyés , ils se trouveroient (deffêïcts. • L'archer va droit au camp, et laissa le bon chevalier, avec si peu de gens qu'il arort, gardant ce petit pont où il fist d'armes le possible. Les Bourguignons et Hennuyers y vindrent; mais là convint41 combatti'e, car hoonement ils ne povoient j[)asser à leur ayse ; et Farrest qu'ils firent là donna loysir aux François qui estoient retournés en leur camp d'eulx mettre en ordre et en tieffence si besoing en eost esté. Quand les Bourguignons veirent que si pea de gens leur faisoient barbe, commencèrent à cryer qu'on fist venir des archiers en diligence, et aucuns d'eulx les allèrent haster. Cepeodant plus de deux cens chevaulx chevauldirent le long de ce ruisseau et allèrent trouver k moulin où ils passèrent ; ainsi fut enclos le bon chevalier des deux costés, lequel dist à ses gens : • Messeigneurs, rendons-nous à ces gentilshommes, car nostre prouesse ne nous serviroit de riens. Nos chevaulx sont recreus ; ibsoQt dix contre ung ; nos gens sont à trois lieues d'icy ; et si nous attendons encore ung pea, et les archiers anglois arrivent, ils nous mettront en pièces. *» Sur ces paroUes vont arriver ces Bourguignons, cryant : « Bourgongne ! Booigoiigne ! n et firent grosse envahye sur les Fnneois qui, pour n'avoir plus moyen de se defflendre, se rendoient l'ung çà, l'autre là, aux plus apparens. Et ainsi que chaseun taschoit à prendre scm prisonnier, le bon chevaUer va adviser nng geiàtilhomme bien en ordre sous de petitsarbres, lequel, pour la grande et extresme châleor qu'il avoit , a voit osté son armét , et estoi t tellement a£Qi^ et travaillé qu'il ne se daignoit unns^ aux prisonniers. Si picqua son cheval droit à hy , Fespée au poing qu'il luy vient met> tre sor la gorge, en luy disant : « Rends-toi, homme d'armes ou tu es mort. >» Qui fust bien edMfay? ce fut le gentilhomme, car il pensoit Imcq qiie tout estoit prins. Toutesfois il eut fàoar de mourir, et dist : « Je me rends donc, puisque prins suis en ceste sorte. Qui estes- TmB?— Je suis, luy dist-il, le cappitaine Bayart, qui me rends à vous; et tenez mon espée, vous SQppfiant de moy enmiener avec vous; mais une eoortoysie me ferez si nous trouvons des Anglois en chemin qui nous voulsissent tuer, me la rendrez. » Ce que le gentilhomme luy pramist; et le luy tint, car tirant au camp, convint k tous deux jouer des couteaulx contre au- XVP tùcLB, Çhron. et Uém.

cuns Anglois qui vouloient tuer les prisoimiers, où ils ne gaignèrent riens. Or, fut le bon chevalier mené au camp du roy d'Angleterre, en la tente de ce gentilhomme qui luy fist très bonne chère ; et le cinquiesme jour le bon chevalier luy dist : « Mon gentilhomme, je vouldrois bien que vous voulsissiez me faire mener seurement au camp du roy mon maistre, car il m'ennuye desjà icy. — Comment, dit l'autre, encores n'avons4ious point advisé de vostre rançon. — De ma rançon, dist le bon chevalier? mais à moy de la vostre, car vous estes mon prisonnier ; et si depuis que j'eus vostre foy me suis rendu à vous, c'a esté pour me saulver la vie et non aultremént. » Qui f^t bien estonné? ce fust le gentilhonmie, car encore luy dist plus le bon chevalier : « Mon gentilhomme, où ne me tiendrez promesse, je suis asseuré qu'en quelque sorte que ce soit, feschapperay, mais croyez après que j'auray le combat à vous. » Le gentilhomme ne sçavoit que respondre, car il avoit assez ouy parler du cappitaine Bayart, et de combat n'en vouloit pas; toutesfois il estoit assez courtois chevaUer, et enfin dist : <« Monsei* gneur de Bayart, je ne veulx vous faire que la raison; j'en croiray les cappitaines » U fault entendre qu'on ne peust si bien celer le bon chevaUer qu'il ne feust sceu parmy le camp ; et sembloit advis, à ouyr parler les ennemys, qu'ils eussent gaigné une bataille. L'empereur l'envoya quérir, et il fut mené à son logis, qui luy fist merveilleuse chère, en luy disant : « Cappitaine Bayart, mon amy, j'ay trèsgrant joye de vous veoir ; que pleust à Dieu que j'eusse beaucoup de tels hommes que vous; je croy que avant guères de temps je me sçaurois bien venger des bons tours que m'a faicts le roy vostre maistre par le passé. » Et encore lui dist-il en riant: «Il me semble qu'autresfois avons esté à la guerre ensemble, et m'est advis qu'on disoit dans ce temps-là que Bayart ne fuyoit jamais. — Si j'eusse fuy, Sire, respondit-il, je ne serois pas icy. •» En ces entrefaictes arriva le roy d'Angleterre, à qui l'on fit congnoistre le bon chevaUer, qui luy fit bonne chère et en receut une révérence teUe que à tel prince appartenoit. Si commencèrent à parler de ceste retraicte, et disoit le roy d'Angleterre que jamais n'avoit veu gens si bien fuyr et en si grant nombre que les François qui n'estoient

CHRONIQUE DE BAYART,

tuisi

et en parloient en assez povre façon l'empereur et luy. « Sur mon ame! dist le bon chevalier, la gendarmerie de France n'en doist nullement estre blasmée, car ils avoient exprès commandement de leurs cappitaines de ne combattre pas, parce qu'on se doubtoit bien, si veniez au combat, amèneriez toute vostre puissance, comme avez fait, et nous n'avions ni gens de pied ni artillerie. Et jà scavez, haulx et puissans seigneurs, que la noblesse de France est renommée par tout le monde. Je ne dis pas que je doive estre du nombre. — Vrayement, monseigneur de Bayart, dist le roy d'Angleterre, si tous estoient vos semblables, le siège que fay mis devant ceste ville me seroit bientost levé ; mais quoi que ce soit, vous estes prisonnier. — Sire, respondit le bon chevalier, je* ne le confesse pas, et en vouWrois bien croire Fempereur et vous. *» Là estoit le gentilhomme qui l'avoit amené et à qui il ç'estoit rendu après avoir receu sa foy. Si conta tout le &it ainsi que cy-dessus est récité ; à quoy le gentilhomme ne contredit rien, mais dist : « H est vray ainsi que le seigneur Bayart le conte. » L'empereur et le roy se regardèrent i'ung l'autre ; puis commencea à parler l'empereur; et dist que à son opinion Bayart n'estoit pas prisonnier, mais plustostle seroit le gentilhomme de luy. Toutesfois, pour la courtoisie qu'il luy avoit feicte, demoureroient quittes Fung envers l'autre de leur foy, et le bon chevalier s'en pourroit aller quand bon sembleroit au roy d'Angleterre; lequel dist qu'il estoit bien de son opinion, et que s'il vouloit demourer six sepmaines sur sa foy sans porter armes, que après luy donnoit congé de s'en retourner, et que cependant il allast veoir les villes de Flandre. De ceste gracieuseté remercia le bon chevalier très humblement l'empereur et le roy d'Angleterre, puis s'en alla esbattre par le pays jusques au jour qu'il avoit promis. Le roy d'Angleterre durant ce temps le iist praticquer pour estre à son service, en luy faisant présenter beaucoup de biens; mais il perdit sa peine, car son cueur estoit tout firançois. Or, faultentendreunechoseque, combien que le bon chevalier n'eust pas de grans biens, homme son pareil ne s'est trouvé de son temps qui ait tenu une meilleure maison que luy ; et tant qu'il fut es pays de Pempereur, la tint opulemment aux Hennuyers et Bourgongnons, £t néantmoins que le Tin y soit fort

cher, si ne leur failloit-il riens quand ils allolent coucher; et fut tel jour qu'il despendit vingt escus en vin. Plusieurs eussent Uen voulu qu'il n'en feust jamais party, mais il s'en retourna en France quand il eut achevé son terme ; et fut conduict et très bWn accompaigné jusques à trois lieues du pays de son maistre. Quelques jours demourèrent le roy d'Angleterre et l'empereur devant Thérouenne, qui enfin se rendist faulte de vivres ; et fut la composition : que les cappitaines et gens de guerre sortiroient, vye et bagues sauves, et que mal ne seroit fiaict aux habitans de ceste ville, ni ycdle desmolie. Ce qu'on promist aux gens de guerre fut bien tenu, mais non pas à la ville, car le roy d'Angleterre fit abattre les murailles et mectre le feu en plusieurs lieux, qui fut grosse pitié; toutesfois, depuis, les François la remirent en bon ordre et plus forte que jamais. De là FAnglois alla mectre le siège devant Toumay, qui se feust assez bien deffendue si les habitans eussent voulu accepter le secours des François qu'cm leur vouloit bailler; mais ils dirent qu'ils se deflRendroient bien d'eulx-mesmes, dont mal leur en print, car leur viHe fut prinse et mise aux mains du roy d'Angleterre qui la fortifia à merveilles. L'yver estoit jà avancé, par quoy fut Farméc rompue, et se retira le roy d'Angleterre en son royaulme et Fempereur en Ahnaigne. PareiHement le camp du roy de France se defflst; et se bgea-Fon es gamjsons sur les ftontières de Picardie, n &ult sçavoir une chose qui est digne d'estre mise par escript ; c'est que, pendant le camp du roy d'Angleterre et de Fempereur en Picardie, les Suysses, ennemys pour lors du roy de France, le seigneurdu Ycrgy et plusieurs lansquenets, en nombre de bien trente mille hommes de guerre, descendirent en Bourgongne, où gouverneur estoit le vertueux seigneur de la Trimoflle, qui pour Fheure estoit au pays ; et pour n'avoir puissance à les combattre aux champs, fut contrainct se retirer dedans DyjoDf devant laqueHe ville il espéroit arrester ceste grosse armée , qui peu de tttnps après y vint mectre le siège en deux lieux, et icdhiy assis, la canonnèrent furieusement. Le bon seignear de la Trimoille fietisoit son debvoir tant que possible, et Iuy-me«ne jour et nuyt estoit aux rempars ; mais quand H veitles brèches fidctes, et si mal gamy de gens de guerre quil estoit, congneut que la ville s'en alloit perdue, et pat

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