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TABLE DES MATIÈRES

Pages

Le loyalisme du Japon

Le Japon et la Grwide-Bretagae • • • ♦ ^

Les Conventions diplomatiques ^

Franco et Japon

Japon et Russie • • • . .

Lu pitié russe et la pitié japonaise '

L,e rôle du Japon dans la guerre

Le siège de Kiao-Tcheou

La police du Pacifique

Les usines, le commerce el l'industrie

Les colonies

La flotte marchande. '

La situation financière.

Le commerce français au Ji^n

Pour faire du commerce, il faut se mioux eoanattre •

La logique d*Eïtrême-Olieiit . . ,

L'effort du Japon " " '

Le Bushido et son rôle actuel

Le rescrit impérial, base de l'éducation morale ' • • • ^

La femme japonaise ^

Le r61e de la mère ^

Appeadiee

QOUS le titre ; UEIort de la Fiance et de tes AlEés, il a été

fondé à Paris, sous la présidence de M. Siéphen Pichon, un Comité de Conférence dont le but est <f expliquer au grand public U penéoéranl effort fourni par les Alliés,

Montrer avec pièces à Tappui que les peuples à qui la guerre fut imposée et qui luttent pour la liberté du monde sont dignes les uns des autres, faire comprendre ce qu'il y a de grand et de beau dans k devoir qu'ils accomplisteat, de noble et Je profond dans tidk qui les nàne, id ed k programme du Comité.

En rendant ainsi justice à Thérohme et à la fidélité de nos vaillants compagnons d'armes^ le Comité est en droit de compter que la France recevra <f eux pareil hommage ; aux manifestations organisées dans notre pops en t honneur des Alliés^ succéderont chez eux des conférences qui diront toute la grandeur de T effort français.

Les premières conférences organisées sous le patronage du Comité ont obtenu, dans les diverses villes oh elles furent faile», un éclatant succès. Les auditeurs ont, à maintes reprises, exprimé k désir den ptuaéder kjexte qui n'offrira pas moins d intérêt aux penotmes rt ayant pu auider à ces réunions.

Nous avons pensé cependant que nos conférences formeraient dans leur ensembk une ctuore plus durable, si on leur enlevait la forme aratoire sous laquelle elles furent d abord présentées. Nous avons donc prié les conférenciers de kur donner Faspect de traités courts et substantiels, avec divisions claires et tabk des matures»

Nous reproduirons dailleurs, en appendice, les documents relatifs â la conférence : programme de k séance. Allocution du ou des présidents, etc.

Ainsi adoptées^ rmus espérons que les études qui, sous le titre général : L'Hommage Français, formeront k série des publications du Comité : L'Etfort de la France et de «es ABi». tnuveroid

auprès de nombreux lecteurs un accueil encourageant ef de rwbtre à engager leurs promoteurs à en poursuivre le développement.

Paul LABBÉ,

S9créUUre ^nirel ét Omâté.

LE LOYAUSME

Le IwaUamm du Japon Dès que TAngleterre, après la violation de la neutralité belge, décida de prendre part à la guerre, le Japon se rangea aux côtés de la Triple Entente. Son loyalisme ne surprit personne : on devait I attendre d'un pays qui fut toujoorw fidèle à l'honneur et à la foi jurée :

Le i5 août 1914, dans tous les journaux du monde parut l'ultimatum adressé à l'Allemagne par le Mikado :

t Le Gouvernement impérial du Japon, considérant qu'il est important et nécessaire, dans la situation présente, de prendre les mesures propres à écarter toute cause de trouble pour la paix de l'Extrême-Orient et à sauvegarder les intérêts généraux prévus dans le traité d'alliance entre le Japon et la Grande-Bretagne, ahn d'assurer la paix durable de l'Asie Orientale, croit de son devoir de donner avis au gouvernement impérial allemand d'avoir à exécuter les deux proposOions suivantes :

c 1° de retirer immédiatement des eaux japonaises et dÛBoises les bâtiments de guerre allemands et les navires armés de tout genre et de désarmer ceux qui ne pourraient être retirés ;

C 2» de livrer et remettre aux autorités impériales japonaises, à une date n*ex©édant pas le i5 septembre 191 4, sans condition et compensation, tout le territoire cédé à bail de Kiao-Tchéou en vue d'une restitution éventuelle dudit territoire à la Ghme.

t 30 Le Gouvernement impérial du Japon déclare, en même temps : qu'au cas où il n'aurait pas reçu du gouvernement impénal allemand, le a3 août à midi, une réponse contenant 1 acceptation sans condition du présent avis, il se verrait obligé de se reser^ er toute la libwté d'acâoB <|oe la situation lui paraîtra comporter » .

Le Japon laissait au gouvememeiit aUeaaad dix Jours pour répondre. Ce délai passé, l'empereur du Japon «dreas» à ses aiii«ls

une fière et émouvante proclamation :

€ Nous, par la grâce du Ciel, empereur du Japon, trône ciccupé par la même dynastie de temps immémorial, a^resBOûs cette proclamation à nos braves et loyaux sujets :

€ Par cette proclamation, nous déclarons la guerre a 1 Allemagne nourcLmandons à notre armée et à notre marme de poursuivre de toutes leurs foires hostilités contre l'ennemi, et Sous donnons l'ordre à toutes autefités compétente de faire, dans rLcompTssement de leur tâche respective tous leurs efiforte pour rLSWpiraUons nationales paV tous les moyens i|ue permet

la loi des nations.

« Depuis le déchaînement de la présente guerre en Europe donî nouî voyons avec une grave émotion les tfrrj^bles effets nous

œ Gr' XeS^Ve alliée d ouvrir les hosùm^^^^^^^^^

l'Empire germanique. L'Allemagne fait a ,*^<>-.^^^f;»"' ^^J" qui lui a été cédé à bail en Chine, des préparatifs de guerre , ses Savires armés croisent dans les mers d« l'Asie omntale^^^^^^ Botre commerce et celui de notre alliée. La pane de 1 Onent ^t ains^ l^nacée. C'est pourquoi notre gouvernement impérud et celuide k Grande-Bretagne, après s'être pleinement concertés, se Mnt îîouv7s d'accord pou'r prendre les mesures qu'exige la protecUon d« intérête généraux prévus par notre traité ^'alliance et no^ avons, en ce qm nous concerne, pour atteindre ce P«r/«« moyeis pacifiques, donné l'ordre à notre gouvernemen d offrir un Sdî^ncère, à*cet effet, au gouvernement impénal allemand. Au d^Sriour'fixé pour l'éch^nce nous n'avons pas reçu la réponse que notre avis ait été aceepté. ^

^ ,< C'est avec un profond regret que, ^^YA^TuTr^Je^ ûonà la cause de la paix, nous sommes forcis de dédarer la gue^ surtout à ce début ie notre règne et lorsque nous portons eneow le deuil de notre vénérée mère.

€ C'est notre vœu sincère que, par le loyalisme et la va eur de nos fidèîes la paix puisi êti!. bientôt rétablie et la gloire de

l'Empire exaltée >.

. Ces nobles paroles trouvèrent en France, en Angleterre, en Russie, en Belgique et en Serbie un écho vibrant.

■» I» La guerre était déclarée. Que le Japon

^^^BrJLLl mi^hâ? avec l'Angletem», . le fait n'était pas Gruide Bretagne ^ndrc. Ceux qui comme moi, se

trouvaient en Extrême-Orient en .902, au »»<>»«°» ^^-^-J^^^^L^T^^ in«Maponaise se souviennent de la oie que »n«»rf«î*'«^„2i^°î^ toSW Japonais : pour la première fois et pour eux seuls la

Grande-Bretagne avait consenti à sortir de son splendide isolement, l'alliance qui venait d'être conclue prouvait que, en Europe, le Japon était considéré désormais et avec raison comme une des grandes nations du monde.

En 1914 le Japon n'était plus seulement l'allié de la Grande- Bretagne, il devint celui de la France et celui de son adversaire de la veille, la Russie. 11 y avait pourtant au Japon un grand nombre d'Allemands dont la propagande avait été des plus actives et 1 m^fluence indéniable. Les ennemis de tous les pays du monde avaient transporté dans l'Empire du Soleil levant, comme partout d aUleurs, leur pacotille, leurs articles de contrefaçon, leur espionnage et leur diplomatie sournoise. Beaucoup de Japonais étudiaient u Berlin, à Leipzig, à Hambourg et la science allemande se vantait de servir de modèle et presque de tutrice à la science japonaise.

L«« CottTenttottn diplomatiques D'heureux accords avaient

cependant peu à peu Préparé l'entrée du Japon dans la Triple Entente et ce sera l'honneur de notre diplomatie d'y avoir contribué puissamment.

L'Entente cordiale date de 1904. La Grande-Bretagne, alliée du Japon, et la France, alliée de la Russie, entreprirent, après la p3x de Portsmouth, de rapprocher les deux empires qui s'étaient mesurés sur les champs de bataille de Mandchourie. Un arrangement, dont la France doit rester profondément reconnaissante à M. Stephen Pichon, fut conclu avec le Japon, et l'œuvre commencée s'acheva le 3o juillet 1907 par l'accord russo-iaponais qui précéda d'un mois les trois conventions entre la Russie et 1 Angleterre réglant les questions de Perse, d'Afghanistan et du Thibet. Rarement arrangements que rendirent plus solides encore les traités russo-japonais de 1910 et en 1 9 1 2 délimitant les sphères d influence, furent conclus avec plus de franchise par des pays désireux avant tout d'assurer la paix du monde. Désormais l'entrée du Japon dans une lutte qu'entreprendrait la barbarie contre la civilisation était assurée, il était certain que, lo^'al avant tout, épris de noblesse et de justice, il se lèverait tout entier pour contribuer de toute sa force à la victoire définitive du bien sur le mal.

Franco ot Jmp9A Les affinités franco-japonaises sont déjà

ancienaes. C'est à la France que le Japon a demandé en 1867 la première mission d'instruction miUteire et plus tard les premiers constructeurs de sa marine moderne;^ cest a Paris qu'il créa sa première légation. Les Japonais nouUient jamais ceux qui leur ont rendu service et vénèrent les noms de Bowsonnade, du général Lebon, de M. Bertin, qui ont su créer entre

les pays des liens si solides qu'un ^wprochement f ««Wait f «se oute naturelle. Il faiUitse faire o<fici<»»oiw»t quand le marqu» Ito, devenu pïince plus tard, vint en Europe pour condure une alliance ;,ui fuï soignée Ivec l'Angleterre. Il n'ayaft pas, dépend» effet Qu'elle ne fût une alliance ru sso-franco japonaise. G est a la FSnc2 que le grand homme d'Etat avait d'abord donné la préférence : nous ne devons pas l'oublier.

Japon et Kusirfe. Il peut sembler quekue peu .^^^ITZnl *^ ceux qui observent mal de vou- dans cette

^erre, la Russie et le Japon mariner eôte à côte. JW frappé. In iqi au cours d'un vîyage en Russ'ie et en Sibérie, de constater qu'on parlait du Japon 'sans animosité et qu'on lui témoignât Siême Sne grande admiration. C'est que ï^g^^f^^ n'avait pas été, à vrai dire, une guerre nationale. EUe ^ avait pas mis aux prises deux peuples luttant pour la vie et la mort; le Japon n'avait pas arraché à la Russie, comme l'Allemagne a la France, une partie de son cœur, faisant une blessure que rien, m le temps, nUa ro^ ne pouvait irriver à cicatriser. Non, il s'était agi d une guerre coloniale et les terres, que le sang très pur des -«J^bes Ivâit fécondées, n'étaient ni russes m japonaises. Le Japon s était ému de voir a^ec quelle continuité l'influence russe faisait tache d huile dans tout pExtrême-Orient : la querelle se régla dans un duel acharné où les deux adversaires se montrèrent égaux par le courage et la pitié.

Au milieu de la bataille, dans les deux pays, on parlait d alliance. On pouvait lire au Japon des déclarations comme celle qui suit, signée de M. Hajakava Tei, député du paru consUtutionnel.

« Lorsque la guerre russo-japonaise sera terminée, il est clair qui inimitié, de%art et d'autrî, disparaîtra nen à !««. A^^^s ne sera-t-il pas bon pour les deux pays de se donner la main et de ::ntracte? ensembl une alliancV .>ffensive etj^^e ? pensons que, dans l'intérêt de la paix en ErtrêiiM^™^ Eee est désirable. Tant que la Russie regardait le Jjf» méoriV c'était une impossibilité. Mais après avoir appns à nous Se; sans doute qu'un jour elle n'hésitera pas à nous accorder teiïSance qu'on dSnne àun allié, sur la force duquel on peut se w^Sw D'u2 autre côté, si la Russie veut renoncer a sa politique ?Ki^ment, si elle Le contente des intérêts commerciaux qui

loi slroroaroyW ea Ai^i^d?»»*»-"-' «^^^.^r'iirde'l^^^^^^^ dans son aUiance une garantie pour la ptm durable de 1 bxtreme Orient n semble qu'il^ encoV* tron tôt pour parier de 1 alliance russo japonaise; et certains, en nonsUat, croiront peut-être que ^us prenons plaisir à soutenir des thèses extravagantes. Mais que

LE LOYALISME BT L»BFFORT JAPONAIS

l'on veuille bien réfiéchir avec calme, et l'on verra que Vié^ que nous émettons n'est pas «ne idée on l'wr. »

Chez les écrivains russes, le toêmo espoir apparaissait. Dès que la oaix fut si-née, dans les deux pays, on parla d une entente. RuLTs et apSnais'se rendirent justiU: di«««» célébrant les hau s faks de l'ennemi de la veiHe. Ge'sont des Japonais qui m'ont pa^ é de ces soldats russes qui, surpris par l^^^^Sf^^^^^ nombreux qu eux et ne voulant pas se rendre, se roulèrent dans du Xole et le précipitèrent, extatiaues les ^^t^^f^f. ^ Milieu des troupes japonaises, semblables a ces divinités temfiantes qu'on voit dans les lamaseries du Thibet et de la Mongolie.

C'est par contre, dans un joufnal russe que j'ai lu pour la premfè;e^ fois l'anecdote suivante : des Mponais, peu nombreux furTt un jour attaqués par un régiment russe; nul ne pouvait échapper à a mort, nul ne voulait à rendre Tout à coup unsoldat Kn capitaine: « Mon capitaine, ai-je te temps de me«^^ chemise?.. >> Le capitaine, un peu étonné, lut f^.^^^ voulait dire et, tranquillement, avec un courage très simple et très émouvant le soldat répondit: <l Ma mère m a remis une chemise feuï le!^^^ et qui doit me servir de linceul : il me semble mon Capitaine, qu'il est temps de m'en servir. G est le moment !... >

pitié nMM et Egaux par le courage, soldats russes et iTpmé JapomOw. soldtts japonais furent égaux par la pitie la pitié japomuiw n y a six ans, j'étais un soir chez des paysans russes qui ont fait de la province de Tomsk le grenier S'abondance de la Sibérie. Parmi nos hôtes, se trouvait un homme qui portait la croix de Saint-Georges. Je lut àemnt^i ou il avait Jagné cette distinction qui ne se donne qu aux soldats. ^ !En Mandchourie, me répondit-il; nous étions d«is «n© tranchée, plus nombreux que d'habitude. Les J^PO"»» Jt»» ''i*^ savaient pas et qui croyaient nous surprendre, ««nt anrr^MiMs un élan fSrmidalJe ; ils étaient magnifiques a voir, ^ «ff^^?* ««««J des diables qui couraient. L'affaire fut chaude, et il n est re^ ^ttt, après kl bataille, que trois hommes : un camarade de moa ^lao-e 7n cosaque, qu fut tué le lendemam, et moi Tous trois rus'' immeTÏÏés 'drcorps en corps pour contrôler les morU et pour soigner les blessés.

f — Même parmi les Japonais, lui dis-je ?

c — Les soldats japonais, me répondit-il, ne sont pas des bêlw féroce», c'étaient des hommes comme nous, nous avons pansé leuw blJîîu^,^» mon camarade leur prenait la tête, la soulevait en leTdSnt : t. Frère, n'aie pas oeur je ne veux pas te faire de mal», et moi je leur donnais à boire. »

Le cœur des Japonais ne fut pas moins pitoyable; on a publié au Japon des lettrcs^e soldats, envoyées sous la forme bien connue de wurtes pièces de vers de trente et une syllabes. Un senttment d'humanité profonde s'en dégage. En voici quelques-unes :

Le jour est tombé

et la lune montre son sonnre

a la crête des collines.

Au bord du ruisseau, où les éclaireurs me reposent un instant.

1 hirondelle chmi^ dans le jour qui aéeroit.

Amis et ennemis nous combattons,

et de nos armes jaillissent des étittcelies. Mais, de part et d'autre,

c'est pour notre pays. .

Si nous mourons, nous nous en urons ensemnie,

compagnons de voyage,

voir les fleurs au {Msys sombre*

Quand ils sont tombés, il n*y a plus parmi eux

ni amis ni ennemis;

rien que des cadavres qui appellent la pilie, Et qu'envahit la décomposition !

Cadavres ennemis tout couverts de sang,

Suand je songe que vous avez es pères et des mères.

Ahîcadavres ennemis, que vous mêtes cruels!

Parfois dans les tranchées, on cessait de tirer; des officiers, des soldats se rapprochaient, s'entretenaient, parlaient d avenir* Enfin, avant telle bataille, des officiers furent designés dans les deux camps pour discuter des choses charitables, de la façon dont on relèverait les morts, dont on soignerait les blessés; chacun d'eux avait apporté des provisions et du Champagne ; les ouestions réglées, on déboucha les bouteilles, on trinqua et, quand rheure du combat sonna, les adversaires se serrèrent la main en se souhaitant bonne chance et rentrèrent dans les rangs où le devoir les appelait. ^ ,

De tels peuples étalent faits pour s'entendre; ils naéntaient de devenir des amis. Gomme tout cela nous change des abominaUons de la guerre actuelle! Il est donc vrai que les nations civilisées ont W se battre sans se départir de leurs sentiments d humanité et conserver de la pitié Tune pour l'autre. Entre l'Allemagne et la France, une telle réconciliation ne serait pas possible, ce serait un défi à la justice et à la conscience humaine ; l'Océan passerait sans

laver la souillure; pour les crimes allemands, il n'y aura jamais de prescription.

Mb du Japon Le rôle qu'a joué le Japon dans la graadç 7^ . 1- Kuerre, la 2art qu il y a prise, le loyalisme qui

dan. la «u«rro. f j^j^'^ ^décisions, toït cela a admirablement décrit par le baron Kato Takaaki ancien «mbassadeur a Londres et ancien ministre des cabinots Ito, baionji Katsura et Okuma. Le discours qu'il a nrononcé et dont on Ta lire q";\q"«« fragments, montre lalaute idée qu'un éminent Japonais se fait du droit des autres.

< L'Europe passe aujourd'hui par la plus grande crise quVn ait vue dans l'histoire de l'humanité et tous les pays cmhsés du monde se ressentent de ses effets. La fin de cette lutte E^ë^^^^ n'est pas encore en vue et ses résultats ne peuvent être P^«- " faut, pendant, que ce soit le désir de tous ceux qui ^"^aiten^^ triomphe du droit\ur la force, que la cause des a lies soit couronnée d un wccès complet et que l'univers soit libéré de la menace d une nation agressive; qui a foulé aux pieds dans ses rapports avec es peuples toutes les lois internationales et qui ne recjUa.t devant àucun scrupule pour accomplir, par la pure force brutale, ses sinistres projets... .

« L'Asie orientale a été touchée par la guerre. Pour extirper l'innuence économique et politique de l>»K™««"*J"V.^îi!? accrue très rapidement, au cours de ces dernières .f ' ceae partie du monde, au détriment des intérêts anglais et japonaM, et sur la demande de son Alliée, le Japon se rangea du cote de la Grande-Bretagne et de ses nations amies. Sur terre 1 armée japonaise s'empara victorieusement de lV«îid«,^V'-"^'''f''t 1»^^ Vcheou, le ceSre de l'activité allemande en Lhme, tant sous le rapport mUitaire qu'au point de vue économique et commerciaL Sur mer, les navires de guerre japonais/secondèrent les bâtiments anglais dans la poursuit! et la destruction des na7,^-«^ sur tout le vaste bcéan Pacifique et également dans l'Océan Indien De cette manière, le Japon a joué un rôle très unportont dans le cours de cette guerre et a été l'instrument pnocipal de la destruction du fof er allemand, du mal dans l'Bxtrême-&rient. Le iff^n e^? fier de Jon œuvre et particulièrement heureux d'a™ acïon^lir toutes ses obligations envers l'Angleterre, qui découlent

de Sf^ tmôtô d'alliance.

. c L'acti^té allemande a été annihilée dans l'Extrême-Onent pour l'heure présente; mais à aucun prix, il ne faut que le Japon Grande-Bretagne et leuré anis la laisse ressusciter. A cet effort, ia Chiee devrait prendre part... 11 ne faut pas oublier, ches nous,

tt

LE LOYAUSME ET L EFFOR ' JAPONAIS

,„e à^, nation a se. imérCs légitim» »^P^%^ «ï^^otî

le profit dune AUiée. i^es "'^'r'b . dehors derallianoe,

entre AlUés ne sont pas des raisons po^ cette alUance

Japou. t

cord sur ce point.

. ^ «ri.^T«.kMiu On peut ilire que depuis le moi» Le «iège de Klao-Tch^m P^^,^^ j^pon a fait tout ce

pour ^ux, de deux ^^^^^'^^^^X^^^^^^^ célèbres :

ÏUemand à ses soldats, lors d« leur dt^^^^^^^^^^ sont ^.^^^^

elles défendaient toute clémence, toute pitic un „^ ^plus d'un jo»r|«''J"^^T:»Srerndaien^^^ k guerre.

a«vint nne forteresse formidable. Le .«t* S^Xp^ de 6 millions en 1899 à 170 milW en 191». TrÏèrrKiao.Tchéo« ne dura pas longtemps. Les Japona» Le siège oe *^*î J. d'escadre, 5 croiseurs cuirasses, 2 1 croiavaient envoyé 3 cuirassé» «nmhrpux torpilleurs. La manne

seurs, 5 contre-torpillettW et "^'^j-^^^^ Le corps

britannique était ^'V^^^'^^^^/^'^^^Z^^ auxexp^ditionnaire japonais comprena t en f»^*^j^^ ^^^^ espéré

quels vinrent se oindre 1 36o À"S^^»^„^„3^f'^^^^^^^ de son anniprendre la ville et l'offrir à l'empereur du JaP<»J^ J«H[

LE LOYALISME BT LWFQRT JAPONAIS

/ .1- « »wMt«M«iMit un butin considérable, firent

T do Padfiaue La flotte qui assiégeait la forteresse

La police du FadHque ^^^^^^^ qui n'avait perdu qa un

réunit* . , , , ^ i ^

tuTf plus tard le Dresckn et le A ur.6er^ subirent lo 1^^^ ^ate tristement célèbre, avait expie déjà ses mm

"^*DeTnX*époque la flotte iaponaise surveilla les ports d où

russes qui combattent sur le front occidental.

Cefut surtout dans les mers d Extrême-Orient q"«jf^"*^«"^^f ée u Srtte fut intense, celle-ci apporta aux dusses des munitoons, 3^8 article» d'aUmenUtion et des produits manufactui es.

m^î^iSc ariiUsur le Penza. Tout à coup sur les trois bateattx, à Xi» ^1^™ japonaises apparurent les couleurs russes pu« ^ Î^Hon ianonaas s'ibaissa lentement et le Soya, le bagamt et le SarswCqTelsTflûttait plus que le drapeau russe reprirent leHon^ de1?îitot«,. Pere^^ ^ Variag qu'ils avaient avant la guerre de MandchounCe

Enfin on attend l'arrivée prochaine de croiseurs, et de torpilleurs japonais dans la Mé<Uterninëe.

Lea usines, le corn- Les canons japonais ont eu l'honneur et « i-.^...««s« la o^loire de participer à la batailte de la «erc. «t imdustrxe /.auvéM'Europe et le monde

entier. Les Japonais, en effet, avaient commandé des canons au Creiisot. ils décidèrent de les mettre à la disposition de la France, etilsont pu se féliciter de l'emploi qne celle-ci sut en fan e. A la Marne, les canons japonais ont été à la fois à l'honneur et à la victoire.

Mais le Japon a fourni d'autres engins: il nous a envoyé de l'artillerie lé-ère, il a fourni aux Anglais de rartîUene de manne, aux Russes un grand nombre de batteries de campagne. U n a pas ét^ permis encore de donner des chiffres précis; on peut dire pourtant que les Russes ont reçu du Japon des canons par centaines, et que le nombre de centaines est déjà respectable; ils ont reçu des fusils par centaines de mille et ces centaines de mille dépassent le million ;. enfin les cartouches, que leur ont tournies les Japonais, se chiffrent par millions.

Le Japon n'était pas outiUé pour une pareiUe production. Il avait sept arsenaux. Celui de Tokyo « 1915-1916, par la

vente des armes et des munitions, un bénéfice de trente millions de yen. Le Gouvernement facilita la fondation d'une grande febnque de fusils et de quarante-cinq usines de munitions. Dos usines très <iiverses apparurent nombreuses, la vie industrielle devint de plus en plus active et les résultats de la guerre assureront au Japon 4'imp(Mtantes victoires économiques.

L'extraction du cuivre qui était peu active au Japon avant la guerre, est montée en 1914 à 72.000 tonnes; celle du zinc a passé de 5.000 tonnes à 26.000 tonnes; une partie du soufre employé dans la guerre est venue du Japon, car l'Italie ne pouvait plus suffire à toutes les demandes ; les besoins en fer et en acier ont passé de 600.000 tonnes en 1914 à 1.200.000 tonnes en 1916. Le pays ne pouvait assurer que i5o.ooo tonnes de fonte, le reste fut fourni par U Mandchourie, la Corée et la Grande-Bretagne.

On n'a pas publié encore de statistique sur la main-d'œuvre. Jamais autant d^hommes et de femmes ont travaillé dans les usines

japonaises. 11 y a là une révolution économique.et sociale. Rien n'est difficile à l'ouvrier japonais : il fabrique des machines de toute espèce, aussi bien des machines agricoles que des machines à coudre et que du matériel de guerre. Enfin l'industrie chimique a pris plaçe en Extrême-Orient et le Japon a porté ainsi un coup droit a 1 Allemagne : on a expérimenté des aci4es et des sels et produit des matières colorantes.

Le même mouvement de progrès se constate partout. Dans les filatures et les tissages, le nombre des métiers qui était do 2.400.000 est passé à 3 millions. On a exporté de la porcelaine, du papier, des farines et tous les produits tirés de la cellulose. Le développement de cette dernière industrie mériterait même un chapitre à part. Uest très remarquable. Les envois en France et en Grandebretagne ont été considérables. Le phosphore qu'on ne produisait pas hfcr est maintenant fourni par trois usines et pendant la période 11913-191 5 le débit des puits de pétrole a augmenté, aux dépens de l'Amérique de a8 millions de gallons.

Les colonie» Le Japon a su profiter aussi pour la guerre des

ressources des territoires qu'on peut appeler ses colonies et exploiter Formose, la Corée, Sakhaline et la Mandchourie. On sait avec quelle sagesse il a organisé à Formose la production du camphre dont le grand marché lui appartient aujourd hui, et celle de la cine à sucre qui a donné déià de" brillants résultats. L'habileté montrée à Sakhaline, aujourd'hui Karafuto, n est pas moindre. Jamais les pêcheries n'ont été plus fionssantes, mais a coté des industries du poisson, celle de la pulpe à papier s est développée très vite.

Il faut également saluer l'œuvre accomplie en Corée par le comte Teraoutchi, président du Conseil Japonais, alors qu il était gouverneur de ce pays. Trois grands projets avaient tout particufièrement attiré son attention et il a su les réaliser par un labeur ininterrompu : voies ferrées, reboisement et établissement d un cheptel. C'est grâce à ce cheptel que la Corée a contribué, eUe aussi, au ravitaillement de la Husne.

La notto marchande La flotte marchande du Japon a

augmenté d'importance en même temps que le commerce et l'industrie. Il y a au Japon 769 ports, mais 87 ont reçu les aménagements nécessaires pour permettre aux navires étrangers d'y entrer et, seuls, ils sont ouverts au commerce exténeur; 90 » o d« tonnage passe par Yokohama, Kobé, Osaka et Moji. Le grande navigation est assurée par trois compagnies : La- « Nippon Yusen Kaisha », qoi possède 169 bateaux, jaugeant 257.000 tonnes.

La « Osaka Sliosen Kaisha >>, qui possède 108 navires, jaugeant

i5o.ooo tonnes.

La « Toyo Kisen Kaisha » dont les bateauxjaugent 78.000 tonnes. La première de ces compagnies a créée deux lignes nouvelles dont celle de Hong-Kong-Manille-Panama-NeNv-\ ork et celle de Sydney. Une troisième est à l'étude entre le Japon et le BrésU.

fô LE LOYALISME ET L^EFFORT 3 APONAIS

ér^nements tragiques que nous trainersw».

,56 millions et demi Je «"ï"!' r^./Ti^Sofs

«4 millions et celle des «P»'»'"" '^?"'i.;;^'4l »1et demi de yens marquant ""^«"«fr*^»",^^^,

v^r.^ T Vvï*p(lpnt des exportations sur le» impwwww»» » «««^ ^r^;, rScmï^P^^^^^^ i9«6 contre 176 miUi<H« en igiS, ^« ^ 1^'4yie"^î^a;ions'-arquaien? au contraire u« e«é4e«t A maiions et Semi de yens sur les exportations. . , , ^ T^e débiteur le Japon devient graduellement créancier. Le récent De «^^^^'^.^f /*iSo m*^^^^ a été couvert en quelques

S"'ce''n!^,™ÛvTl-^Sô« de l'argent disponible et la p,éi°"::io"erJ^^onais po« ta

spéciaux de l Ltot, c est aire ^u LWane de ses hommes

L ïne de^^e ?ibier de sa dltte' naûpnie avant que les coadmons normales d'échange ne soient rétablies.

On voit quelimmense marché le Japon sera demain.

Les échanges avec le Japon avaient augmenté graduellement

i mae, la vim"^, ^ ^ . . Nnns sommes d excelleirts

France, la progression avait été '"^«"^'f/^'^ISr^ beaucoup k41(«Is pour le Japon, nos achats ne «ont pas ^îîTlnQ i ^ Ses Antrlafs, mais ceux-ci apportent qHalPe-v^ iws jlus le'^handifes que nous et les livraisons a«e«a«fes c« ««^ ^taiertt quinze fois plus fortes que les nôtres.

LE LOYALISxME ET L EFFOltT JAPQKAIS

T...^ Nous «tons donc à faire, commerce français au Japo» ^^y^

^ la paix, un grand effort qu'U -|-^^rm^^^^

responsabilité, depuis ceux qm fom les ^o^ i ^^ ^,i^„^jg fab^riquent et qm^t^^ -^^^^ situation pécu-

provoquer leurs b«8WM, j j^^^he, enseigner les

îiiaire qui leur permelte d^^»" *X à vendre, c^éer des dépôts

œ d\rre7rŒ'tJrn:'£^ p>T3 --^^>

programme qui s'impose Extrême-Orient.

Le Japon a su maintenir la paix et i ora Tous les peuples alliés P?"^^^^.""^ J^'J^ïé No'"/ avons rappelé de les Françris .qui en o»t ^^^^^^^^^ P'^^Jît les eLégimentéV.^l fa^^^ l'Extrême-Orient tous nos f^*^^^^J"Xn Js d'u cela dire à leur honneur quils se «^.^^ .P^/^'^^l^^'.r par un sentiment de

nous nous sommes P«?»"fltJ2 ,l^^e r^^^^^^^^^^ "^"^'"^ "^"''^ fausse égalité. La ^^^^^^^^f^t à labfer chaque homnie à

donne tout ce qu'il peut POW^^JJ hLn commun. Les commer-

la place ou il doit être 1%P!"«. «J** drsoW^ rien qu'en restant

çaAts d'Extrême-Orient ^^'^^"^ ^S^nL^^^ concurrence et

cMicurreiit.. Oa l'a cwnpris un peu tard.

. . ^ ^««««*-rca Pour nouer avec un pays des rela- Pour faire du com«.eros ro ^ ^ j

il ù«it.» mieux coimaitre J^ianges, il faut apprendre a le

connaître età le pénétre. Q- savons^noj^^^^^^^^ ^-P;^;^

Ge be«i P«y«' -re'lor'squ^l^'rem^?^ des viciires'; on negrande poweance que lorsqu u a i mu^ „i„rieux par son travail

létait A ^'^^ ^^\^^l^^^JTlef^^^^^^ autres, it

, acharné, par son^seU a ^ assmiuer 1 i^ ^g ^ens ce oui

méritait «fêtre vainqueur. P^^'J^'^^^i^ lui emprunter jespouvait lui être * ^''J'i'' ""^^ ^^JZZiJ^t nécessaires. Nos- Méthodes et des idées qui f '^l^'^ J^e^slnés. Ils n'ont vu. écrivains et nos voyageurs nous ont ^^^ '''^^1%^ „i profon-

nue le superficiel et « Pj^J-J-^Sl ïrïTurtmmune à tou's ceux quï^nt pLTp:; î'E^ïrlel^^^^^^^^ Les Fraa^ ne l'ont pas seuls-

commise. Les Russes de Vladivostok et de Port-Arthur qui

passaient ▼cdotttiers des semaines au Japon ny cherchaient

qu'amusement et ne voulaient rien voir. On sait ce que cette faute

'leur a coûté. Les Anglais, les premiers, ont monm en signant

l alliance qu ils prévoyaient l'avenir. C'est une justice à rendre

à leur sens pratique en même temps qu'à leur intelligence arâée.

La iosique d'Extrême-Orient Je me trouvais, jadis, dans

rîle de Sakhaline (i) dont les Russes ne surent faire qu'un bagne et où les Japonais avaient de si importantes concessions de pêches que la présence d'un consul général était nécessaire à Korsakov. Les Japonais y trouvaient des saumons et des harengs; avec ces derniers était fabriqué l'engrais dont ils fument leurs champs. Ce consul, Kuzé, qui devint un ami très cher, voyageait un jour avec moi chez les sauvages Ainos, peuplades très primitives qui vivent de chasse et de pêcne. J'avais vu dies ces sauvages différentes choses que je voulais rapporter

en France pour nos musées. Il j avait en particulier des chiens que je désirais acheter pour les offrir au Jardin des Plantes.

Je demandais au propriétaire : « Combien le petit chien ? — Un

rouble, — Et la petite chienne? — Un rouble. — Cest bien, je

prends les deux. — Alors, ce sera trois roubles ». Je ne pus m'empêcher de faire remarquer à mon compagnon que,

dans mon pays q^uand on prenait deux articles semblables le prix

pouvait être diminué, mais jamais augmentée M me répondit on

rbmt :

« Vous consialerez dans vos voyages que la logique varie avec la longitude et la latitude. Chez vous, il vous paraîtrait naturel d'obtenir une diminution en prenant les deux chiens; ici il est logique que cet homme se dise : « Je vends un rouble le mâle, un rouble la femelle, et un rouble les petits qui naîtront plus tard ».

« — Songez, ajouta le consul, lorsque vous ariiyeres au Japon, que vous serra dans un pays où il y aura une l<^que qui pourra n'être plus la vôtre, mais qui sera la logique tout de même. En France, quand vous rendez une ^nsite, en entrant, vous ôtez votre chapeau; chez nous, la politesse exige qu]on enlève ses galoches. Vous avouerez que cette politesse est au moins aussi naturelle que la vôtre; votre tête ne salit rien, tandis que vos souliers peuvent tacher quelque chose ».

Ces réflexions étaient judicieuses et sensées. Ce qui nous frappe d'diiord dans un pays nouveau, ce sont les étrangetës, comme si nous n'en offrions pas nous-mêmes aux étrangers. A Tokyo, on

(i) En Japonais Kantfouto.

conduit TEuropcen dans les jardins d'Asakusa, il s'amuse à voir la foule qui grouille, joyeuse; il écoute le bruit des galoches sur les dalles; il contemple les lutteurs, les djoros vêtues de kimonos éclatants. Il ne se dit pas que ce bruit de pas pressés prouve l'activité, que les exercices des jongleurs signifient la force et Tadresse, que la gaîté est la preuve de la santé morale et physique,

3ue le travail se montre partout et que tous les yeux sont pleins 'intelligence. Bien rares sont ceux qui cherchent à comprendre et qui sont séduits comme ils devaient rêtre, non par le caractère extérieur du Japon, mais par sa nature intime; la civilisation de ce pays, plus andenne que la nôtre, mérite pourtant que nous nous en inspirions et quand on Ut des poésies du siècle de Nara ou de l'époque de Héian, on voit que les derivains produisaient des choses définitives quand les nôtres balbutiaient encore.

L'effort du Japon 11 faut glorifier l'efFort incomparable que

le Japon a fait depuis quelques années. Ce pays nous était encore fermé, il n'y a pas si longtemps ; il gardait jalousement ses secrets. Tout d'un coup il a constaté les progrès du mondOj il a voulu en profiter et il s'est décidé à imiter les autres, mais il Ta fait en conservant jalousement son originalité. C'est tout en gardant ses traditions, en restant fidèle à ses croyances et à ses viemes coutume qu'il s'est transformé. Son évolution fut aussi grande que celle qu'ont faite réeemment les Anglais, et il serait à souhaiter pour Favenir de notre pays que nous en accomplissions une semblable au point de vue économique, au moment oîi la France doit , pour s'assurer une expansion victorieuse, se moderniser elle aussi, en abandonnant à jamais des méthodes désuètes et dont son expansion a tant souffert.

Les Japonais, dans cette marche vers le mieux, sont resî^'s les chevaliers qu'ils ont été dans toute leur histoire. La religion chez eux se trouve, dès le principe, immédiatement liée au seniiment de la chevalerie qui puisait dans le culte des ancêtres des traditions de courage et de vertu.

Lre Bushido et Le code de la chevalerie s'appelle le «Bushido»; son rôle actuel ^'^^^ qu'on a peu prononcé en France et

3u'on n'a jamais autant répété dans l'empire du epuis quelques années. Le Bushido est le code de l'honneur, le code du patriotisme, celui qui a permis ou, pour mieux dire, celui dont on s est servi pour faire du Japon d'hier le Japon d'aujourd'hui.

Tiré du bouddbkme, le Buslûdo est renseignement complet de la vraie monde et celui qui observe tes prëceptM sacrés est un vrai

chevalier; il explique la dépendance dans laquelle chacun se troure vb-è-yis des grands facteurs auxquels les hommes doivent d'exister •t ^ sont les bienfaite f©s»s de nos parent», de la société, du prioee et de la religion.

Chaque homme reçoit de ses parents d'inestimables bienfaits. On peut dire en effet que l'homme n'existe pas en tant qu'individu ; il fait partie d'une chaîne dont il n'est qu'un anneau; il est inséparable de tous ceux qui l'ont précédé comme de ceux qui sortiront de lui. Son corps n'est que le corps de ses parente. Il a d'abord reçu le très grand bienfait d'être nourri par le sang de sa mère quv l a port( pendant neuf mois et Éait de lui ce qu'U était au jour de sa naissance. Puis son père Ta protégé et a travaiUé pour lui', sa mère l'a soigné, a veillé près de lui donnant goutte à goutte sa we pour faire la sienne, faisaqt son esprit avec son esprit, son cœur avec son cœur, comme elle avait fait sa chair avec^sa chair. L'homme» lorsqu'il a atteint l'âge de raison ne doit jamais oublier tout cela. Il doit respecter ses parents, car ses actions engagent celles de toute la famille. U doit, s'il le faut, sacrifier sa vie pour eux et si par malheur ceux-ci oubliaient un jour leur devoir, s'ils commettaient quelque faute, les fils par leurs larmes les avertiront et les ramèneront à la vertu et au bien. Et c'est ainsi que par de tels enseignements, l'homme a le sens de k vérité, du devoir, du respect et de la responsabilité.

Mais il y a d'autres bienfaits que chacun de nous reçoit dès sa {dus tendre enfance : la sage-femme qui a assisté à notre naissance^ le médecin qui nous a soignés, les domestiques qui nous ont aidés, lesmaîtresquisesont occupés de nous, tous nous prouvent que tous les hommes ont besoin les uns des autres, que le moindre geste que nous faisons a une répercussion immédiate et que tout ce qui nous entoure en ressent l'effet. Après nos parents, nous recevons donc des services de nos alliés et de nos intimes, puis le cercle de no» bienfaiteurs s'élargit à mesure que nous grandisMtts et âne n^r^ intelli'/ence se développe et c'est ainmque se sont tiNrmés laian^e, puis il village, la province, le pays, la patrie qui est en qMlqitesorte riionneur de tous mis en commun. L'enfant profite du travail detou-.; tous les hommes sont un peu ses pères, toutes les femmra. un peu ses mères, et il comprend alors qu'iLfaut s'entr'aider, qull est nécessaire de se secourir et qu'à la pratique des vertus citées plus haut, il &kut ajouter celles du travail en commun, du respect du droit des auU«8> de la reeenaaissance et de la pitié.

Du Prince, l'homme a reçu des bienfaits plus grands encore. Le- Prince est le fondement de tous les êtres vivants; il est comme la colonne principale qui soutient le temple ; la suprême justice réside en lui, le devoir du sujet est de la vénérer et de lui manifester «a profonde reconnaissance. ^

Enfin la religion est la source de bienfaits j^ui surpassent tout ce qu'on peut en dire. Par elle a été donné la loi qui est le fondement principal du Bushido, c'est elle qui remplit le ciel et la terre, elle est d^s nos paroles et dans notre conduite, elle s'appelle Vérité, Esprit, NaUire même de Bouddha.

Le réécrit impérial. Le Bushido fait, on le voit, appel à tous iMMe de l'édttcatton ^es sentiments résumés dans le patriotisme, •ttorale devoir et l'honneur. Quand l'empereur

, eut donné, le 1 1 février 1887, une constitu-

tion à son pays, il rendit, par un rescrit fameux, plus populaires «neoré les lois qu'enseigne le Bushido.

Les Japonais, par le mot Chokugo, entendent un discours impérial. Cependant quand aujourd'hui onprononce ce mot, il s'anphque avant tout au rescrit impérial du 3o octobre 1890, celui gui recommande à tout le peuple certains principes nationaux, eertuns devoirs moraux et civiques sous une forme majestueuse, paternelle et concise.

Au Japon, dans les écoles, où l'instruction est toujours neutre, et où Ton ne donne pas de leçons de refigion, on enseigne la morale. En toute occasion, séances solennelles, fêtes nationales, distribuUons de diplômes, le directeur ou, à son défaut, le professeur ht ou commente le rescrit impérial. Il prend le rouleau sur lequel le document sacré est écrit, il l'appuie surson front en signe de respect, puis il le déroule et, à bras étendus, à hauteur de sa tête, il lit en déclamant lentement, avec le plus grand respect, pendant que tous les élèves écoutent debout.

Voici ce reswit dont l'empereur a fait la base du progrès, de l'éducation morale et de toute la transformation du Japon :

« Nos ancêtres ont fondé cet empire sur un mîuptiiâque et vaste plan ; ils ont établi leurs vertus sur des bases solides et profonde, et nos nombreux sujets, loyaux envers leur souverain et pleins de respect pour leurs parents, ont montré dans chaque génération le beau spectacle de l'union la plus parfaite. Tels sont les principes essentiels de notre constitution nationale; tel doit être aussi le fondement de notre éducation.

Vous donc. Nos sujets, soyez soumis à vos parents, affectueux pour vos frères, aimeE-vous entre époux et soyez fidèles à vos amis. Que tout en vous respire la dignité et la modestie, et soyez bienveillants les uns à l'égard des autres. Instruisez-vous et apphquezvous au travail afin d^élever votre intelligence et de développer vos facultés morales. Efforcez-vous de promouvoir les intérêts publies, de fonder de nouveaux champs d'action, en observant la Conststulion, et en obéissant aux lois de l'Empire. En cas de nécessité, vous ferez preuve de courage et soutiendrez Notre dynastie qui doit être

2A LE LOYAU^iIE ET L'EFFORT JAPONAIS

éternelle comme le <âel et la terre. Ainsi, non seulement vous serez Nos loyaux et fidèles sujets, mais encore vous ferez briller les nobles vertus que vous ont léguées vos frères» Tels sont les préceptes que. Nous ont transmis Nos ancêtres, et c'est Notre devoir à Nous, leur successeur, de les ébserver avec nos sujets. Ils sont bons aujourd'hui comme autrefois; ils ne contredisent à rien, soit qu'on les pratique dans le pays ou à l'étranger. Notre volonté est que Nous, en union avec Nos sujets, gardions fidèlement ces préceptes dans nos cœurs pour parvenir aux mêmes vertus, i

Des commentaires nombreux ont été publiés et tirés à un nombre très respectable d^'édkions.^ La morde qu'impose le rescrit est enseignée dans les écoles à cinq ou six millions d'enfants et quand on l'explique mot par mot, à la façon dont nos prédicateurs analysent pendant un carême le Credo, on s'aperçoit qu'il contient tout, morale, devoirs et jusqu'à l'histoire du Japon. I! impose ainsi la nécessité du progrès puisqu'il demande que soient fondés de nouveaux champs d'action. Sa morale est celle du Bushido, mais elle ne s'adresse plus seulement à la classe dirigeante, Tidéal n'appartient plus uniquement aux samurai, le Cholai^o est fait pour tout le peuple qui aime et vénère l'empereur en qui s'incarne toute la race et qui personnifie la patrie,

Ir« femme iaponaiae. Il faut noter pour expliquer la transformation du Japon après le Bushido et le rescrit impérial, l'influence de la femme japonaise. U n'^ a pas

de sujets sur lesquels on a écrit plus de sottises. Que de fois nous avons élé blessés, nous Français, en constatant la façon dont on jugeait nos femmes dans les autres pays. On ne les connaissait que par nos romans, l'étranger venant en France et ne pouvant entrer dans nos familles toujours un peu fermées, jugeait d'après la rue, je n'ose pas dire le trottoir* Il connaissait les boulevards, les théâtres, les cafés chantants, Montmartre; il ignorait que la France possédait laplus belle parure qui soit au monde, d'églises, de châteaux, de sites grandioses ou charmants. Il méconnaissait la femme française. Nousavoi^fait de même au Japon. Nos auteurs se sont complu à décrire la femme aux mœurs finetles, ou se sont amusés quand ils ont fmrlé de la famille à montrer — ce a ui n'est nouveau dans aucun pays — qu'il y a des belles-mère^ et des brues qui vivent en désaccord et sont, pour employer une pittoresque expression japonaise, comme deux tasses qui s'entrechoquent- On n'a voulu voir que celles qui portent des kimonos éclatants, oubliant qu'il y a des millions d'autres femmes toujours habillées de couleurs discrètes et de bon goût qui sont des mères vtmérées, des épouses instruites et dévouées. La vraie femme japonaise si jolie, disent les poètes du pays du Soleil Levant^que devant elle le poisson se cache.

l'oiseau s'abat, lalunese voUeet la fleur a honte; ce sont nos blessés nui ront connue, d'abord lors de U dernière expédition de Ghine puis pendant cette guerre. Les infirmières venuM de Tok^o ont 5iriRe< des hôpitaux à Paris, à Londres, à Pëtrograd, eUi» sy sont montrées admirables, toujours discrètes et excellant à donner les soins les plus délicats, à panser les plus cruelles blessures. SiûB soldats savent combien elles sont intelligentes et habiles; quand elles mettent la main sur leur front, la fièvre s'apaise, le sommeil vient.

« Elles ont, m'a dit un soldat, des doigts légers de mamans, i Ce qu'elles sont dans la maison de leur époux, le rôle qu'elles jouent dans la famille, on le comprendra eri lisant les lettr^ qui furent publiées après la guerre de Mandchoune, pleines de tendresse et d'amour. Ces lettres sont courtes, elles ont la forme aussi de ces petits vers dont nous parlions plus haut et qui sont jetés comme un vêtement léger et transparent sur la pensée qu Us précisent en s'y adaptant.

Pour vous mon époux

rai fait faire ce portrait die votre fils

A vous je l'envoie

Déjà son balbutiement s'essaie

Au cbant oational japonais.

Ne savex-votts pas

Que fatfends

Gomme an bonheur

Les jours où quelque précieuse lettre

M'apporta Y08 chères paroles.

Ët le mari répond :

Oh la prédeuse l^tre

Oè ta m*a6 exprimé toat ton eorar..*^

et qui me raïq^le

les instants d'autrefois

alors que j'étais dans la capitale.

En Toici une autre : Ces! une femme qui enwie un vêtement à son mari :

Pardoanei^moi, Dans le col est resté La trace d'une tache Dans le trouble de ma pensée, C*eM une lame qui m'est écbafHpée.

Et le mari qui devait mourir quelques jours plus tard au champ d'hanneur répond :

Le froid qui pénètre la chair, comment pourrait-il m'atteindre sous ce vêtement Tout chaud de ton amour,

Le rôle de la mère La correspondance échangée entre mère

et fiFs est plus émouvante encore. Lesentiment du sacrifice et du devoiraccomplis'y montre à toutes les lignes. On y parle de la fleur du cerisier qui est Temblême du chevalier et dont l'heure de la chute est celle de la plus grande beauté. Les fleurs du camélia jaunissent et pourissent dès qu'elles touchent la terre, celles du cerisier restent fraîches et rosées et si le vent les soulève^ c'est comme un vol de papillons qui s'en va.

La mère au Japon la grande autorité et la force morale de la famille. L'étranger ne s'en aperçoit pas parce que, plus encore que chez nous, il entre difficilement dans les maisons; mais dès qu'il y

est reçu, il constate le respect qu'on a pour celle qui élève et instruit les enfants, qui conduit le ménage et qui, si dignement, tendrement aussi donne l'exemple de l'amour et du devoir. C'est ma mère, me disait un Japonais, qui m'a appris le code de l'honneur et de la chevalerie. Ce n'est pas mon maître, ce n'est pas mon père, c'est elle qui m'a fait l'homme que je suis.

Il y a là quelque diose qui nous rapproche, Français et Japonais, nous qui avons oans le caractère et dans le «lût de curieuses ressemblances. Ce sont peut-être, avant tout, les liens solides et très doux

qui unissent les mères et les fils qui font que nous sommes de grands peuples. Les Japonais ne seraient pas les hommes qu'ils sont s'ils n'avaient pas eu des mères courageuses comme les nôtres, qui donnent chaque jour un peu de leur vie à leurs enfants, qui les offrent à la patrie comme ce qu'elles ont de plus cher et qui savent envoyer leurs fils au front pour combattre et tomber avec la beauté de la fleur du cerisier chantée par le poète. Et si la mort vient frap-

{)er les jeunes héros, leurs mères semblent stoïquea et ûères, les armes n'apparaissent pas en public, c'est le cœur qui sai|^e et qui pleure tout bas..

Et quand on parle de l'effort japonais, on songe à celles qui le dirigent et qui Tinspirent et un vieil adage du pays revient à la mrmoii-e, cri de tendresse éternelle et de reconnaissance infinie des fils japonais pour leurs mères!

« Les bienfaits que j'ai reçus de mon père sont hauts comme la montagne, mais ceux que je d<MS à ma mère sont profonds comme rOcéfim ».

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