EPILOGUE
i ouR des tems plus heureux nia' ihûsé' destinée,
Plaida de la vertu la cause abandonnée.
Et devant la raison cita les préjugés. ' '■
Peut-être trop hardis, mais du faux dégagés,
A Vhomrtié qu'égarait la secte doctorale,
Me.-i vers ont rappelé les lois de la morale.
Pour prix de mes travaux , trop peu jaloux d'honneurs,
Puissé-j& être appelé : le Poète des m^urso
Français. 173
ÉFITAPHE DE L'AUtEUR.
J'IEuREux! qui,, nû d'un père exempt de préjugés.
Fut élevé par lui, loin des prêtres gagés
Pour enseigner l'erreur, prêcher l'intolérance !
Heureux i'iionime ignoré, qui vit dans l'ignorance
Des Dieux, de leurs suppôts, plus iiiéchans que les Dieux,
Des tableaux iudécens, des dogmes odieux,
Que.la religion, par le despote armée.
Consacre dans l'esprit de la foule, allarméc !
Heureux! qui, de la mort pressé par l'aiguillonj
Au sein de ses amis, dans un doux; abandon.
Sent couler sur sa main les larmes de ses frères ,
Est sourd aux vains propos, aux pieuses chimèreà
Dont on repaît le cœur du chrétien abattu •
Et meurt, en prononçant le nom de la Vertu.
Amis! lorsque le tems de son pied trop agile, Heurtera de mon corps l'édifice fragile. Que mes débris poudreux par vous soient recueillis! Par vous , sur mon tombeau , que ces vers soient écrits i
« Cy repose un paisible Athée !
■» Il marcha toujours droit, sans regarder les cîeux,
« Que sa tombe soit re.^pectée !
5> L'ami de la Vertu fut l'ennemi des Dieux. »
174 ^ ^ Lucrèce
INVOCATION (i) A DIEU.
« L)iei' du prêtre, oui ! j'ai cru, je crois que sans aadace
» La Vertu seule, en nous, peut occuper ta place :
» La Vertu , plus aisée à comprenrlre que toi,
V N'a point dans un nuage, enveloppé sa loi ;
» Je crois que le bonheur, qu'on n'obtient pas sans elle,
» Pourrait engager l'homme à lui rester fidèle ;
» Je crois que les excès , au nom d'un Dieu commis ,
}> Au nom de la Vertu , ne sauraient être admis. »
( i ) O fragment et les deux qui suivent, devaient être pLicés au commencement.
Français. t~'î